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Mercredi, 16e semaine du T.O. — année impaire

Qu’est-ce que c’est ?



La récolte de la manne

Dirk Bouts (Haarlem, c. 1415 - Louvain, 1475)

Huile sur panneau de bois, 88 x 71 cm, entre 1464 et 1467

Collégiale Saint-Pierre, Louvain (Belgique)


Lecture du livre de l’Exode (Ex 16, 1-5.9-15)

Toute la communauté des fils d’Israël partit d’Élim et atteignit le désert de Sine, entre Élim et le Sinaï, le quinzième jour du deuxième mois après sa sortie du pays d’Égypte. Dans le désert, toute la communauté des fils d’Israël récriminait contre Moïse et son frère Aaron. Les fils d’Israël leur dirent : « Ah ! Il aurait mieux valu mourir de la main du Seigneur, au pays d’Égypte, quand nous étions assis près des marmites de viande, quand nous mangions du pain à satiété ! Vous nous avez fait sortir dans ce désert pour faire mourir de faim tout ce peuple assemblé ! » Le Seigneur dit à Moïse : « Voici que, du ciel, je vais faire pleuvoir du pain pour vous. Le peuple sortira pour recueillir chaque jour sa ration quotidienne, et ainsi je vais le mettre à l’épreuve : je verrai s’il marchera, ou non, selon ma loi. Mais, le sixième jour, quand ils feront le compte de leur récolte, ils trouveront le double de la ration quotidienne. » Moïse dit ensuite à Aaron : « Ordonne à toute la communauté des fils d’Israël : “Présentez-vous devant le Seigneur, car il a entendu vos récriminations.” » Aaron parla à toute la communauté des fils d’Israël ; puis ils se tournèrent du côté du désert, et voici que la gloire du Seigneur apparut dans la nuée. Le Seigneur dit alors à Moïse : « J’ai entendu les récriminations des fils d’Israël. Tu leur diras : “Au coucher du soleil, vous mangerez de la viande et, le lendemain matin, vous aurez du pain à satiété. Alors vous saurez que moi, le Seigneur, je suis votre Dieu.” » Le soir même, surgit un vol de cailles qui recouvrirent le camp ; et, le lendemain matin, il y avait une couche de rosée autour du camp. Lorsque la couche de rosée s’évapora, il y avait, à la surface du désert, une fine croûte, quelque chose de fin comme du givre, sur le sol. Quand ils virent cela, les fils d’Israël se dirent l’un à l’autre : « Mann hou ? » (ce qui veut dire : Qu’est-ce que c’est ?), car ils ne savaient pas ce que c’était. Moïse leur dit : « C’est le pain que le Seigneur vous donne à manger. »


Méditation

« Mann hou ? » (ce qui veut dire : Qu’est-ce que c’est ?) nous explique le texte. Et c’est pourquoi nous parlons de la manne. En fait, la manne est une exsudation, un suintement de végétaux. Le voyageur Israel Joseph Benjamin écrit dans Cinq années de voyage en Orient, 1846-1851 qu'à Kirkouk, en Irak, « la manne tombe en été avec la rosée, sous la forme de petits grains, durs au toucher, et d'un jaune blanchâtre. Dès l'aube du jour, les paysans vont la recueillir à la main, la placent dans des vases et l'exposent au soleil ; la chaleur la fait fondre, produit une pâte dure et unie comme du fromage ; on la mange alors avec du pain, et elle sert d'ordinaire au déjeuner »


Mais ce qui semble encore plus intéressant est l’utilisation de ce mot ou plutôt de cette question en hébreu dans l’évangile. Un jour, en Israël, j’eux l’occasion d’acheter les évangiles traduits en hébreu. Et allant lire l’évangile de Matthieu, quelle ne fut pas surprise de lire l’épisode de l’entrée à Jérusalem (Mt 21, 10) : « Comme Jésus entrait à Jérusalem, toute la ville fut en proie à l’agitation, et disait : « Qui est cet homme ? » » Et la question « qui est cet homme » était traduite par les mots « Mann hou » ! Jésus serait donc notre nouvelle manne, ce pain descendu du ciel (Jn 6, 30-35) :

Ils lui dirent alors : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ? Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. » Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif.

Nous avons la chance de participer au repas du Seigneur, pour certains chaque jour. Bien sûr nous ne pouvons avoir pleine conscience de recevoir cette manne céleste, le Corps du Seigneur. Mais peut-être devrions nous tous, fidèles comme prêtres, nous rappelait à chaque messe que, en communiant, nous participons pleinement à ce que disait saint Jean (1 Jn 1, 1) :

CE QUI ETAIT depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons.

Contemplons ce Corps de Jésus dans nos mains, prenons conscience que nous touchons le Verbe de Vie, et laissons-nous toucher en nos âmes.

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