Mercredi, 19ème semaine du T.O. — Année Paire

Je suis là au milieu d’eux



Dernière prière des martyrs chrétiens

Jean-Léon Gérôme (Vesoul, 1824 - Paris, 1904)

Huile sur toile, 87,9 x 150,1 cm

Walters Art Museum, Baltimore (Maryland, U.S.A.)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 18, 15-20)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »


Méditation

On dit souvent de l’Église qu’elle est le dernier royaume de droit divin. Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas juste non plus. En effet, comme nous l’avons lue ans l’évangile de ce jour, Jésus institue aussi un fonctionnement que l’on pourrait presque qualifier de démocratique.


Déjà, nous l’avons souvent dit, il nous appelle à distinguer le péché du pécheur. Mais ce n’est pas pour autant qu’il ne désire corriger le pécheur. Rappelez-vous l’épisode de la femme adultère. Même s’il ne la condamne pas, il reconnaît qu’elle est pécheresse et l’invite à la conversion.


C’est encore ce que fait Jésus aujourd’hui. Il ne s’attaque pas au péché de cet homme, mais à sa conversion. Et il nous donne alors ce moyen qu’on a appelé par la suite la correction fraternelle. Une correction progressive, qui respecte la personne : va d’abord lui dire. Il ne veut pas changer. Emmène un ou deux amis pour appuyer ton témoignage. Toujours buté ? Que les sages aillent lui expliquer. Définitivement bloqué ? Alors, ne laisse pas le vers dans la pomme, et fais-lui quitter la communauté.

Notons deux points. D’abord, qu’il y a une progression. Ce n’est pas un oukase qui tombe du jour au lendemain. On donne la chance aux pécheurs. Puis que cette correction se doit d’être fraternelle. Sinon, on agit comme les scribes et les pharisiens... s’attachant uniquement à la loi et non à la personne.


Il me semble que nous devrions tous méditer cette péricope évangélique. Car tous, nous condamnons un peu vite. Et rarement nous ne donnons la chance de la conversion. Mais aussi pour nous rappeler que l’objectif est d’aider un frère à trouver le bon chemin, pas toujours droit, mais bon, et non pour le condamner du haut de notre superbe. Et surtout croire que si Dieu appelle tous les hommes à la conversion, c’est que Dieu croit que tous les hommes sont capables de conversion !

Ce qui nous prouve, une fois de plus, qu’on ne peut juger qu’à un nom du Christ et à l’aune de son évangile. Même l’Église devrait en prendre de la graine...