Mercredi, 25ème semaine du T.O. — Année Paire

Toute parole est éprouvée au feu



Vieil Homme lisant à la lueur d’une chandelle

Godfried Schalken (Made, 1643 - La Hague, 1706)

Huile sur toile, 58 x 47 cm, 1700

Musée du Prado, Madrid (Espagne)


Lecture du livre des Proverbes (Pr 30, 5-9)

Toute parole de Dieu est éprouvée au feu ; il est un bouclier pour qui s’abrite en lui. N’ajoute rien à ce qu’il dit : il te le reprocherait comme un mensonge. Seigneur, je n’ai que deux choses à te demander, ne me les refuse pas avant que je meure ! Éloigne de moi mensonge et fausseté, ne me donne ni pauvreté ni richesse, accorde-moi seulement ma part de pain. Car, dans l’abondance, je pourrais te renier en disant : « Le Seigneur, qui est-ce ? » Ou alors, la misère ferait de moi un voleur, et je profanerais le nom de mon Dieu !


Méditation

« Toute parole de Dieu est éprouvée au feu ». Curieuse citation ! En lisant ce premier verset, j’ai pensé à ce peintre du feu : Godfried Schalken. Toutes ses oeuvres, quasiment, sont peintes à la lueur d’une chandelle qui met en valeur les regards, les carnations et la simplicité des gestes, comme celui de cet homme qui éprouve au feu de cette lumière la Parole qu’il lit.


Mais reprenons notre texte : Toute parole de Dieu est éprouvée au feu ; il est un bouclier pour qui s’abrite en lui. Quel est donc ce bouclier si ce n’est Lui, notre Dieu, notre Dieu qui s’est fait Parole en Jésus-Christ. Cette Parole qui désire habiter en nous, faire sa demeure en nos coeurs. Et c’est alors qu’elle rencontre le feu. Non pas un feu bénéfique, purificateur, chaleur d’amour. Non, mais un feu destructeur, ravageur. Ce feu est en nos âmes, c’est celui de notre péché. Et c’est bien pour cela qu’il faut nous réfugier derrière ce bouclier qu’est notre Dieu, pour protéger sa Parole, pour protéger nos vies, pour le laisser combattre en nous ce feu qui brûle de passion : le péché.


On comprend mieux la demande de l’homme : deux choses à te demander avant de mourir, deux protections dont j’ai besoin pour garder la Parole en moi. La première : éloigne de moi mensonge et fausseté. En effet, la Parole de Dieu est vérité et droiture. Introduire en nos coeurs le mensonge et la fausseté c’est tuer cette Parole.


La deuxième : ne me donne ni pauvreté ni richesse. La pauvreté risquerait de me faire oublier Dieu ne me tournant que sur moi-même ou devenant aigri face aux autres. La richesse me sécherait le coeur où la Parole ne trouverait plus de place. Simplement, le minimum vital pour ne pas m’encombrer d’inquiétudes pour ma vie et pouvoir être libre de porter mon regard sur mon Sauveur.