Mercredi, 2e semaine de Carême

Tu m’arraches au filet -



Les grands filets,

Mathurin Méheut (Lamballe, 1882 - Paris, 1958,

Taille et date inconnues,

Collection privée


Psaume 30

Tu m’arraches au filet qu’ils m’ont tendu ;

oui, c’est toi mon abri.

En tes mains je remets mon esprit ;

tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.

J’entends les calomnies de la foule :

de tous côtés c’est l’épouvante.

Ils ont tenu conseil contre moi,

ils s’accordent pour m’ôter la vie.

Moi, je suis sûr de toi, Seigneur,

je dis : « Tu es mon Dieu ! »

Mes jours sont dans ta main : délivre-moi

des mains hostiles qui s’acharnent.


Méditation

Les événements peuvent parfois nous donner l'impression d’être pris dans des filets inextricables. Quand nous croyons en être délivré, avoir rompu les mailles les plus serrées, voilà qu’un autre nous enserre. des filets qui étouffent l’homme qui ne rêve que de liberté... Il est vrai que l’ennemi est souvent à nos portes, voire déjà dans la maison. Ennemi, maître du péché, ennemi qui prend la forme d’événements que nous ne maîtrisons pas (il suffit de penser au Covid !), ennemi qui vient exciter notre arrogance ou notre orgueil, ou la méchanceté des autres... bref, ils sont nombreux, et nous sommes usés de combattre continuellement, de nous débattre dans des filets qui ne nous laissent jamais en paix, nous contraignent et ôtent le sel du bonheur dans nos vies. Le psalmiste traduit bien ce sentiment diffus d’une hostilité insidieuse.


Alors, où pourrait-on se réfugier contre l’ennemi (que je devrais écrire avec un E majuscule). Car cet ennemi porte d’autres noms : Diable (celui qui divise) ; Satan (celui qui accuse) ; Belzébuth (le seigneur des mouches qui nous obsèdent en tournant autour de nous) ; Lucifer (le porteur de la lumière de Dieu qui voulut devenir Dieu à la place de Dieu, l’orgueilleux) ou encore le Démon (qui exerce sa puissance contre Dieu)... Quelle légion (c’est aussi un de ses noms) !!!


Alors, je repense à deux auteurs, l’un chrétien, l’autre non. Thérèse d’Avila qui nous parle d’un château intérieur où lorsqu’on possède Dieu, rien ne peut nous épouvanter, nous troubler (j’ai déjà cité cette belle prière retrouvée dans son bréviaire). « Que rien ne te trouble, que rien ne t'effraie, tout passe, Dieu seul demeure, la patience tout obtient ; qui possède Dieu, rien ne lui manque : Dieu seul suffit. Élève ta pensée, monte au ciel, ne t'angoisse de rien, que rien ne te trouble. Suis Jésus-Christ d'un grand cœur, et quoi qu'il arrive, que rien ne t'épouvante. Tu vois la gloire du monde ? C’est une vaine gloire ; il n'a rien de stable, tout passe. Aspire au céleste, qui dure toujours ; fidèle et riche en promesses, Dieu ne change pas. Aime-Le comme Il le mérite, Bonté immense ; mais il n'y a pas d'amour de qualité sans la patience. Que confiance et vive foi maintiennent l'âme, celui qui croit et espère obtient tout. Même s'il se voit assailli par l'enfer, il déjouera ses faveurs, celui qui possède Dieu. Même si lui viennent abandons, croix, malheurs, si Dieu est son trésor, il ne manque de rien. Allez-vous-en donc, biens du monde ; allez-vous-en, vains bonheurs : même si l'on vient à tout perdre, Dieu seul suffit. Amen. » L’autre auteur est l’empereur Marc-Aurèle (Pensées pour moi-même) qui essaye, lui aussi, de construire son château intérieur qui pourra briser tous les assauts du malin. Quel pourrait être notre refuge devant toutes les tempêtes de la vie, si ce n’est Jésus-Christ ? C’est à lui que je me confie : « Tu m’arraches au filet qu’ils m’ont tendu ; oui, c’est toi mon abri. En tes mains je remets mon esprit ; tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité. (...) Moi, je suis sûr de toi, Seigneur, je dis : « Tu es mon Dieu ! » Mes jours sont dans ta main : délivre-moi des mains hostiles qui s’acharnent. »