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Mercredi, 32e semaine du T.O. — Année Paire

Sauvés par miséricorde



L’apparition du Christ au peuple

Alexandre Ivanov (Saint-Pétersbourg, 1806 - Saint-Pétersbourg, 1858)

Huile sur toile, 540 x 740 cm, 1837-1857

Galerie Tretiakov, Moscou (Russie)


Lecture de la lettre de saint Paul apôtre à Tite (Ti 3, 1-7)

Bien-aimé, rappelle à tous qu’ils doivent être soumis aux gouvernants et aux autorités, qu’ils doivent leur obéir et être prêts à faire tout ce qui est bien ; qu’ils n’insultent personne, ne soient pas violents, mais bienveillants, montrant une douceur constante à l’égard de tous les hommes. Car nous aussi, autrefois, nous étions insensés, révoltés, égarés, esclaves de toutes sortes de convoitises et de plaisirs ; nous vivions dans la méchanceté et la jalousie, nous étions odieux et remplis de haine les uns pour les autres. Mais lorsque Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et son amour pour les hommes, il nous a sauvés, non pas à cause de la justice de nos propres actes, mais par sa miséricorde. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous en abondance, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, rendus justes par sa grâce, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle.


Méditation

Cette lettre de Paul est d’une rare beauté et foisonne d’espérance. Nous étions mauvais, vils, haineux, corrompus. Mais un jour, par la grâce du baptême, nous fûmes sauvés. Non pas sauvés à la force du poignet, non pas par nos actes, même pas parce que nous l’aurions voulu de toutes nos forces, mais sauvés par grâce, sauvés par sa miséricorde. Inutile de vous rappeler que le mot en hébreu se traduit par « entrailles maternelles » : si Dieu nous sauve, c’est parce qu’il nous aime d’un amour infini, comme l’amour d’une mère pour son enfant.


Plongés dans les eaux du baptême, nous sommes lavés de toutes nos souillures et nous vivons une vraie renaissance. Pensez à ce curieux dialogue entre Jésus et Nicodème (Jn 3, 3-4) : « Jésus lui répondit : « Amen, amen, je te le dis : à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu. » Nicodème lui répliqua : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître ? » Oui, en entrant dans les eaux du baptême, nous retournons dans le ventre de notre mère, ou plus exactement, nous sommes plongés dans le ventre de notre nouvelle Mère : l’Église. Le bain baptismal est ce liquide amniotique qui va nous permettre de, non pas naître une seconde fois, mais naître à nous-même, à notre véritable être, l’être spirituel.


Cet immense tableau que l’on peut contempler (sans trop de recul malheureusement) à la Galerie Tretiakov illustre cette exhortation paulinienne. Ces jeunes hommes et femmes, mais aussi ces vieillards, qui sortent de l’eau sont nus, débarrassés de l’ancien Adam et vont revêtir le nouvel Adam qui se profile dans le paysage. Regardez leur joie, leurs sourires. Même les corps des anciens, que l’on pourrait croire abimés par les ans, semblent retrouver leur jeunesse.


Retrouvons notre jeunesse, celle de notre nouvelle naissance. Ne vieillissons pas ! « Jamais blasés, jamais désabusés, nous conserverons jusqu’au bout le même émerveillement devant les splendeurs de la nature et de la grâce, le même enthousiasme pour aller aux âmes, la même fraîcheur d’amour pour JESUS et pour MARIE. Mûrir, soit, comme le blé ou la grappe, - pour le sacrifice ; mais vieillir n’est point propos de Prêtre : on ne consacre pas de vieilles hosties ! » Jacques Sevin, sj.


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