Mercredi, 3e semaine du T.O. (Année impaire)

Le marchepied de ton trône



Psaume 109

Anonyme

Psautier d'Aliénor d’Aquitaine, vers 1185, 76 KB F 13 - folio 132v

Bibliothèque Nationale des Pays-Bas, La Haye (Pays-Bas)

Psaume 109

Oracle du Seigneur à mon seigneur :

« Siège à ma droite,

et je ferai de tes ennemis

le marchepied de ton trône. »


De Sion, le Seigneur te présente

le sceptre de ta force :

« Domine jusqu’au cœur de l’ennemi. »


Le jour où paraît ta puissance,

tu es prince, éblouissant de sainteté :

« Comme la rosée qui naît de l’aurore,

je t’ai engendré. »


Le Seigneur l’a juré

dans un serment irrévocable :

« Tu es prêtre à jamais

selon l’ordre du roi Melkisédek. »


Méditation

Sur cette très belle page du psautier d'Aliénor d’Aquitaine, on peut distinguer dans l’enluminure de la lettre deux personnages assis sur un trône, auréolés d’un nimbe crucifère et tenant en main un livre. Un double Christ ? Ou plutôt l’illustration de la double nature du Christ, pleinement homme (à gauche) et pleinement Dieu (à droite). Comme le dit le psaume, Jésus Seigneur accueille à sa droite Jésus Homme sur son trône, et leurs ennemis se retrouvent écrasés sous leurs pieds.


Ce psaume de David est une des bases vétéro-testamentaires de l’épître aux Hébreux. L’auteur anonyme cherche à montrer, pour ne pas dire démontrer, que Jésus est le Messie attendu et promis depuis des siècles. Le Christ mettra sous ses pieds ses ennemis, c’est-à-dire Satan. « L’aiguillon de la mort » comme l’écrira saint Paul (1 Co 15, 56) n’aura plus d’effet car anéanti par la mort et la résurrection du Seigneur.


Cet ennemi qui lui sert de marchepied est aussi le péché, non que le Christ en fut touché, mais parce qu’il l’a porté pour nous (1 P 2, 24), et Paul ira même jusqu’à dire (2 Co 5, 21) : « Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu. » Oui, Jésus peut dominer en nous jusqu’au coeur de notre ennemi : le Malin qui nous donne la mort. Mais par ce Prince de la Vie, Jésus, nous ne sommes plus anéantis par une mort éternelle, mais appelés à le rejoindre dans l’éblouissement de notre sainteté.


Un jour paraîtra de nouveau sa puissance — déjà révélée à sa résurrection —. Lui qui fut engendré naîtra en gloire à l’aurore des fins dernières pour nous faire entrer en son Royaume. Aujourd’hui, il attend de nous cette foi et cette espérance en nos coeurs. Car avec lui qui est notre sceptre de force, nous pouvons dominer en nos âmes l'ennemi qui veut notre mort.