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Mercredi, 5e semaine du T.O. (Année impaire)

Deux arbres



La chute et l'expulsion du Paradis

Frères de Limbourg (Nimègue, c. 1380 - Paris, 1416)

Enluminure sur vélin, 29 x 21 cm, 1415-1416

Musée Condé, Chantilly (France)


Lecture du livre de la Genèse (Gn 2, 4b-9.15-17)

Lorsque le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel, aucun buisson n’était encore sur la terre, aucune herbe n’avait poussé, parce que le Seigneur Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait pas d’homme pour travailler le sol. Mais une source montait de la terre et irriguait toute la surface du sol. Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait modelé. Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde. Le Seigneur Dieu donna à l’homme cet ordre : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin ; mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. »


Méditation

« Il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. » Mais pourquoi donc n’ont-ils pas été plus attentifs ? Au centre du jardin (Paradis en grec - παράδεισος - et Éden en hébreu - גַּן עֵדֶן, gan ‘eden — la meilleure traduction serait « jardin des délices » représenté à plusieurs reprises par Jérôme Bosch), Dieu avait planté deux arbres : l’arbre de la connaissance du bien et du mal (il faut entendre le mot « connaissance" comme la capacité de définir ce qui est bien ou mal, caractère propre de Dieu) et l’arbre de la Vie. Dieu interdit à l’homme de manger du fruit du premier arbre. Comment pourrait-il en être autrement : cet arbre est le sien, il n’a pas d’autre jardin où le planter !


Mais il n’interdit pas à l’homme de toucher à l’arbre de vie, si joliment représenté ci sous forme d’une fontaine. En effet, sur la Croix, le Christ lui-même ne se fera-t-il pas fontaine de vie pour nous, laissant couler de son côté l'eau et le sang, lui qui est attaché à cet arbre de la Croix comme un fruit, afin de nous racheter du péché des origines ? Ah, si nous avions mangé de ce fruit de la vie, nous aurions dépassé notre finitude et serions encore dans ce Paradis, dans le sein de Dieu !


Mais rien n'est perdu… Par la Croix, par la source de vie qui va couler au milieu du jardin du Golgotha puis du jardin de la résurrection, nous pouvons désormais nous abreuver au Coeur du Christ et retrouver notre pureté première afin de retrouver notre image et notre ressemblance de Dieu. Jésus ne l’avait-il pas dit à la Samaritaine (Jn 4, 13b-14) : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »

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