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Mercredi, 8e semaine du T.O. — Année impaire

Prends compassion de ta ville sainte



Le mur des Lamentations

Gustav_Bauernfeind (Sulz am Neckar, 1848 - Jérusalem, 1904)

Huile sur toile, 129,5 x 100,5 cm, 1887

Collection privée


Lecture du livre de Ben Sira le Sage (Si 36, 1-2.5-6.13.16-22)

Prends pitié de nous, Maître et Dieu de tout ; répands la crainte sur toutes les nations. Qu’elles l’apprennent, comme nous l’avons appris : il n’est pas de dieu hors de toi, Seigneur. Renouvelle les prodiges, recommence les merveilles. Rassemble les tribus de Jacob ; comme aux premiers jours, donne-leur ton héritage. Prends pitié du peuple porteur de ton nom, Israël qui est pour toi un premier-né. Prends compassion de ta Ville sainte, Jérusalem, le lieu de ton repos. Remplis Sion de ta louange, et ton sanctuaire, de ta gloire. Rends témoignage à tes créatures des premiers jours ; réveille les prophéties faites en ton nom. Donne la récompense à ceux qui t’attendent ; que tes prophètes soient reconnus dignes de foi. Écoute la prière de tes serviteurs, selon ta bienveillance à l’égard de ton peuple. Et tous, sur la terre, le sauront : tu es « Le Seigneur », le Dieu des siècles !


Méditation

Avons-nous la même dévotion comme catholiques envers la ville de Rome que les Juifs envers Jérusalem ? Je ne crois pas. Pour nous, Rome est un lieu de pèlerinage sur la tombe des apôtres, mais d’abord la ville du Pape, ville d’art et d’histoire. Par contre, pour un juif, Jérusalem est comme une « incarnation » de sa foi : lieu où fut lié Isaac, ville où fut édifié le Temple et où reposa l’Arche d’Alliance et la présence divine, lieu d’unité des tribus où le Messie viendra dans sa Gloire. Pour nous, chrétiens, Jérusalem est bien sûr le lieu de la Passion du Christ, de sa mort et de sa résurrection. Mais la ressentons-nous comme la « ville de Dieu » ? Pourtant, je ne connais personne qui n’aie fait un pèlerinage à Jérusalem et qui n’en revienne intact ! Comme le dit Ben Sira, cette ville respire la présence de Dieu, lieu de son repos, ville où il a établi son sanctuaire, cité où l’on attend sa venue, là où notre prière semble monter plus vite vers le ciel. À tel point que si vous postez une lettre avec comme seule adresse « Dieu », elle sera envoyée à Jérusalem et déposée dans une fosse du Mont des Oliviers dédiée à cet usage : la boîte aux lettres de Dieu... Bien sûr, on peut rencontrer le Seigneur partout, et à n’importe quel moment. Il est toujours à nos côtés, et c’est notre foi qui permet, éventuellement, de sentir sa présence. Mais Jérusalem est peut-être la ville où le voile a été entrouvert. Chaque pèlerin, s’il ouvre son cœur, peut ressentir sa présence, présence historique, présence des religions monothéistes, mais surtout présence de son Esprit qui veut aujourd’hui faire de chacun de nos cœurs sa ville sainte, son Temple, le lieu de son repos. Comme le disent les Juifs : « L’an prochain, Jérusalem ». Et le psaume (Ps 136, 5-6) : « Si je t'oublie, Jérusalem, que ma main droite m'oublie ! Je veux que ma langue s'attache à mon palais si je perds ton souvenir, si je n'élève Jérusalem, au sommet de ma joie. »

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