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Mercredi, 9ème sem. du T.O. — Année Paire

Vous vous égarez !


La Madone Sixtine (détail)

Raffaello Sanzio (Urbino, 1483 - Rome, 1520)

Huile sur toile, 265 x 196 cm, 1513 - 1514

Gemäldegalerie Alte Meister, Dresde (Allemagne)


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 12, 18-27)

En ce temps-là, des sadducéens – ceux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection – vinrent trouver Jésus. Ils l’interrogeaient : « Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une femme, mais aucun enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère. Il y avait sept frères ; le premier se maria, et mourut sans laisser de descendance. Le deuxième épousa la veuve, et mourut sans laisser de descendance. Le troisième pareillement. Et aucun des sept ne laissa de descendance. Et en dernier, après eux tous, la femme mourut aussi. À la résurrection, quand ils ressusciteront, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? » Jésus leur dit : « N’êtes-vous pas en train de vous égarer, en méconnaissant les Écritures et la puissance de Dieu ? Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans les cieux. Et sur le fait que les morts ressuscitent, n’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, au récit du buisson ardent, comment Dieu lui a dit : Moi, je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ? Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous vous égarez complètement. »


Méditation

Pourquoi de tels anges ? Pour deux raisons. D’abord parce que leur moue, atterrée ou moqueuse, semble être la réponse au discours alambiqué des sadducéens. Ils sont devenus des maîtres de casuistique (cette partie de la théologie morale qui s’occupe des « cas de conscience », mais qui, à force, devient un mode d'argumentation spécieux et sophistiqué). Et ici, l’argumentation est vraiment spécieuse ! D’abord, je me méfierai toujours de la soupe d’une femme qui aurait bien pu empoisonner sept maris ! Mais surtout, ce serait croire que le Royaume des Cieux ne serait que la reconstruction de notre monde, simplement délivré de ses contingences, pour ne pas dire de ses problèmes (et ceux qui les provoquent...) Ça, c’est de l’idéalisme.


Le Royaume des cieux ne sera pas un monde idéal dans cette esprit, mais un monde idéal car nous n’y aurons qu’une seule idée : aimer ! Et aimer Dieu. Bien sûr, cet amour ne sera pas différent de celui auquel le Christ nous a invité sur terre (Mt 22, 37-39) : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. ». En portant notre regard d’amour sur Dieu, il se reflétera dans le regard des autres et dans le nôtre. En aimant Dieu, nous découvrirons l’amour absolu, de Dieu, des autres et de nous-mêmes. Donc... les questions de mariage et de contrat n’y auront plus d’intérêt !


C’est bien la seconde raison de mon choix de ses anges. Car, dit Jésus (Mt 22, 30 - texte parallèle à celui de ce jour) : « À la résurrection, en effet, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans le ciel. » Comme des anges qui veillent sur nous et ceux que nous aimons (nos anges gardiens), comme des anges qui protègent (saint Michel), guérissent (saint Raphaël), annoncent la Parole (saint Gabriel), comme les anges que l’on voit danser aux pieds de la Trinité dans tant de tableaux (je pense au Jugement Dernier de Fra Angelico), comme les anges qui chantent : « Saint, Saint, Saint le Seigneur notre Dieu ». Alors, si nous ne comprenons pas ça, la moue des anges de Raphaël est bien justifiée !!!

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