Mercredi de la 1ère semaine de l’Avent

Festin céleste -



Le festin,

Paul Cézanne (Aix-en-Provence, 1839 - Aix-en-Provence, 1906),

Aquarelle, gouache, pastel et crayon sur papier-carton, 130 x 81 cm, vers 1867,

Collection privée


Lecture du livre du prophète Isaïe (Is 25, 6-10a)

En ce jour-là, le Seigneur de l’univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. Sur cette montagne, il fera disparaître le voile de deuil qui enveloppe tous les peuples et le linceul qui couvre toutes les nations. Il fera disparaître la mort pour toujours. Le Seigneur Dieu essuiera les larmes sur tous les visages, et par toute la terre il effacera l’humiliation de son peuple. Le Seigneur a parlé. Et ce jour-là, on dira : « Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; c’est lui le Seigneur, en lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! » Car la main du Seigneur reposera sur cette montagne.


Méditation

J’ai toujours imaginé que, dans le Royaume des Cieux, nous pourrons boire les meilleurs vins du monde, comme celui servi aux noces de Cana, sans ivresse et profitant des mets merveilleux que Dieu a créé. Ce Royaume sera surtout de regarder, de contempler la Trinité dans toute sa splendeur. Mais dans ce regard trinitaire se reflétera le regard de tous ceux que nous aimons. Nous les verrons en Dieu. Tout sera orienté vers ce prisme trinitaire. Mais comme tout prisme, il provoquera une diffraction de la lumière divine, il créera l’arc-en-ciel-ciel, signe de l’alliance avec Dieu.



Et ces lumières multiples, que seraient-elles d’autres que l’épanouissement de tous nos sens : le goût, le toucher, la vue, l’odorat, l’ouïe ?


Tous ces sens qui seront menés au plérôme de notre vie éternelle et nous permettront, par cette lumière trinitaire de participer pleinement au banquet des noces de l’Agneau : voir Dieu et en lui tous nos frères ; entendre sa Parole et par lui entendre les paroles d’amour de tous nos frères ; toucher Dieu et par lui, serrer en nos bras tous nos frères ; sentir l’odeur de Dieu, celle de son encens et par lui retrouver toutes les odeurs qui nous ont fait vibrer ; goûter (comme à l’eucharistie) Dieu et avec tous nos frères goûter au festin capiteux qu’il nous a préparé. Le Royaume des Cieux n’est rien d’autre que notre déification, comme le disent les orthodoxes, notre menée à terme de notre être dans son plein épanouissement, qui ne peut être qu’en Dieu. «  Et ce jour-là, on dira : Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; c’est lui le Seigneur, en lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! »