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Mercredi de Pâques

Ce que j’ai, je te le donne -



Saint Pierre et saint Jean guérissant le boiteux,

Nicolas Poussin (les Andelys, 1594 - Rome, 1665),

Huile sur toile, 126 x 165 cm, 1655,

Metropolitan Museum of Art, New-York (U.S.A.)


Lecture du livre des Actes des Apôtres (Ac 3, 1-10)

En ces jours-là, Pierre et Jean montaient au Temple pour la prière de l’après-midi, à la neuvième heure. On y amenait alors un homme, infirme de naissance, que l’on installait chaque jour à la porte du Temple, appelée la « Belle-Porte », pour qu’il demande l’aumône à ceux qui entraient. Voyant Pierre et Jean qui allaient entrer dans le Temple, il leur demanda l’aumône. Alors Pierre, ainsi que Jean, fixa les yeux sur lui, et il dit : « Regarde-nous ! » L’homme les observait, s’attendant à recevoir quelque chose de leur part. Pierre déclara : « De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. » Alors, le prenant par la main droite, il le releva et, à l’instant même, ses pieds et ses chevilles s’affermirent. D’un bond, il fut debout et il marchait. Entrant avec eux dans le Temple, il marchait, bondissait, et louait Dieu. Et tout le peuple le vit marcher et louer Dieu. On le reconnaissait : c’est bien lui qui était assis à la « Belle-Porte » du Temple pour demander l’aumône. Et les gens étaient frappés de stupeur et désorientés devant ce qui lui était arrivé.


Méditation

Pauvre Pierre, dans tous les sens du terme. Pauvre parce qu’il n’a pas un sou à donner à cet homme. Pauvre parce qu’il ne lui semble pas qu’il ait le pouvoir thaumaturgique qu’avait Jésus. Il n’a rien ! Rien, sauf... sa foi, sa plus grande richesse ! Et cette richesse ne peut se garder : elle ne fructifie que si on la distribue ! Alors, il donne. Il donne à pleine main, ou plutôt à plein cœur.


Tellement à plein cœur que tout se passe par le regard. Les yeux ne sont-ils pas le miroir de l’âme ? N’est-ce pas par le regard qu’il va partager la force de sa foi. C’est peut-être ce qui m’attire le plus dans l’art de l’orthodoxie : l’importance donnée aux regards des saints, du Christ ou de la Mère de Dieu. C’est là qu’on puise la force de Dieu.


Mais au regard s’associe le geste. Il lui prend la main. Comment ne pas penser aux représentations du Christ descendant au Royaume des morts (les enfers et non l’enfer) et en extrayant Adam et Ève en leur saisissant le poignet. Et le texte, précisant qu’en un instant il fut « debout », utilise le même verbe grec que pour la résurrection. Cet homme, par le regard de Pierre, par la foi partagée, et par le geste sauveur, est ressuscité.


Cette force n’est-elle pas aussi en nous ? Notre regard, nos gestes, nos paroles disent-elles suffisamment cette foi en Dieu, une foi qui remet debout ?

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