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Sainte Trinité (A)

Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité.



La Sainte Trinité apparaissant à saint Ignace ou le Mystère de la Sainte Trinité,

Horace Le Blanc (Lyon, 1575 - Lyon, 1637),

Huile sur toile, 335 x 207 cm, 1627,

Chapelle de la Trinité, Lyon (France)


Lecture du livre de l’Exode (Ex 34, 4b-6.8-9)

En ces jours-là, Moïse se leva de bon matin, et il gravit la montagne du Sinaï comme le Seigneur le lui avait ordonné. Il emportait les deux tables de pierre. Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer là, auprès de Moïse. Il proclama son nom qui est : LE SEIGNEUR. Il passa devant Moïse et proclama : « LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité. » Aussitôt Moïse s’inclina jusqu’à terre et se prosterna. Il dit : « S’il est vrai, mon Seigneur, que j’ai trouvé grâce à tes yeux, daigne marcher au milieu de nous. Oui, c’est un peuple à la nuque raide ; mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous ton héritage. »


Cantique (Dn 3, 52, 53, 54, 55, 56)

R/ À toi, louange et gloire éternellement ! (Dn 3, 52)

Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères : R/

Béni soit le nom très saint de ta gloire : R/

Béni sois-tu dans ton saint temple de gloire : R/

Béni sois-tu sur le trône de ton règne : R/

Béni sois-tu, toi qui sondes les abîmes : R/

Toi qui sièges au-dessus des Kéroubim : R/

Béni sois-tu au firmament, dans le ciel, R/


Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (2 Co 13, 11-13)

Frères, soyez dans la joie, cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d’accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous. Saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix. Tous les fidèles vous saluent. Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 3, 16-18)

Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.


Le tableau

Peint pour le premier maître-autel de la chapelle de la Trinité, mis en place en 1627 (Marquis, 1970, p. 33-34) le tableau est installé sur le mur d'abside, au-dessus de la porte menant à la sacristie, lors du réaménagement du chœur réalisé par Ferdinand Delamonce entre 1731 et 1734. Il est alors rogné sur ses bords latéraux (et peut-être supérieur et inférieur) pour l'adapter à son nouveau cadre (CHOMER, 1987, p.23 et FOUCART, 1987, p. 18-19). Restauré en 1985, déposé au Musée des Beaux-arts de Lyon en 1986, il a été remis en place dans la chapelle à la fin des années 1990.


Dans la partie supérieure du tableau, la Trinité (Le Christ à gauche, Dieu le Père à droite, nimbé d'un triangle et tenant un sceptre dans sa main gauche, la colombe du Saint-Esprit au centre) reposent sur des nuées peuplées d'angelots. Dans la partie médiane, la Vierge à gauche, la main droite pointant vers l'extérieur, saint jean-Baptiste à droite, derrière eux, de gauche à droite, David, la tête couronnée, Moïse portant les tables de la Loi, saint Paul et saint Pierre ; sous la Vierge : saint Laurent, assis sur un grill, et saint Étienne, tenant une pierre dans la main gauche. Dans la partie inférieure, au premier plan : saint Charles Borommée et saint François d'Assise, à gauche, les trois Marie, à droite (dont Madeleine tenant un vase à parfum) ; à l'arrière plan à gauche : saint Ignace et un autre saint jésuite (?).


Le tableau est surmonté d'une gloire portant le monogramme IHS, le H étant lui-même surmonté d'une croix. Le monogramme est entouré d'une couronne de nuées en stuc d'où émergent quatre têtes d'angelots.


Le peintre

Sa date de naissance est incertaine. Il séjourne à Rome à partir de 1600 au moins (il est à cette date témoin à l'un des procès engagés contre Michelangelo Merisi, dit Le Caravage), où il est élève de Lanfranco avant d’être nommé membre de l'Accademia di San Luca en 1607. Il se fixa à Lyon vers 1610. Mentionné comme peintre de la ville de Lyon en 1623, il fut nommé peintre du roi en 1625.


Ce que je vois

J’ai choisi ce tableau, peu connu, car il mettait clairement en rapport la première lecture évoquant Moïse et la solennité de la Trinité. Avez-vous vu le prophète qui semble montrer à la Vierge Marie les deux tables de la Loi qu’il tient en main ? Il, fait face à saint Pierre, « responsable » avec saint Paul de la mise en œuvre de la nouvelle Loi donnée par le Christ. Prophètes et saints sont dominés par cette majestueuse Trinité du Père, du Fils et de l’Esprit. Si vous cherchez découvrir les différents types de représentation de ce mystère, je ne peux que vous inviter à lire l’impressionnant livre de François Boespflug, Dieu et ses images (Éditions Bayard).


Une autre façon de regarder la Trinité

Je ne suis pas assez féru de théologie fondamentale et dogmatique pour me lancer dans un discours sur ce mystère. Un autre livre que vous pouvez consulter à ce sujet (mais il faut s’accrocher…) de Boris Bobrinskoy, Le mystère de la Trinité : cours de théologie orthodoxe (Cerf, 1996). Je voudrai simplement porter un autre regard, peut-être moins théologique, mais plus biblique ou spirituel. Je fus en effet surpris en lisant les lectures de la liturgie de ce jour de voir le choix qui fut fait de la première lecture (Ex 34). Il est vrai que nous ne sommes pas vraiment attentifs aux lectures qui précèdent l’évangile, pensant peut-être que le véritable message biblique ne trouve son acmé que dans le Nouveau Testament. C’est vrai, mais n’est-ce pas insuffisant ? En effet, l’Église n’a jamais banni le Premier Testament. Au contraire, elle a combattu l’hérésie de Marcion qui voulait l’écarter de notre foi. Au cours des premiers siècles, les Pères de l’Église se sont attelés à découvrir les racines de l’évangile dans les textes bibliques qui ont précédé la venue du Christ. C’est ce que j’ai essayé de montrer dans les quatre cours sur la typologie biblique et artistique que vous pourrez retrouver sur le site.


Ce qu’Il est…

J’en reviens donc à ma première lecture de l’Exode. Dans ce texte, nulle mention de la Trinité ou de sa préfiguration. La rencontre d’Abraham et des trois anges (Gn 18) est plus explicite, au point que l’icône d’Andrej Roublev représentant cet épisode est appelé l’icône de la Trinité. Pourquoi ce texte de la rencontre de Moïse avec Dieu ? Il est sur le Sinaï et Dieu vient de lui donner les nouvelles Tables de la Loi, les précédentes ayant été brisées dans l’accès de colère du prophète. Avant que Moïse ne redescende vers son peuple au bout de quarante jours, Dieu va se montrer à lui comme il l’a promis au chapitre précédent. Lors de cette rencontre, Dieu lui donne son Nom, le Nom imprononçable, que les traductions bibliques traduisent par ce simple mot : « le SEIGNEUR ». Mais il ne fait pas que se nommer, il donne à Moïse la clef de compréhension divine : non pas uniquement qui Il est, mais ce qu’Il est : « LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité. » De plus, il ne fait pas que le dire, il le proclame. Le verbe a son importance car il signifie « faire connaître ou reconnaître par une déclaration solennelle et publique quelque chose d'officiel ». C’est donc une vérité divine, immuable. Et cette vérité n’est-elle pas la définition de la Trinité ? Chacune des personnes ne peut-elle en « revendiquer » la paternité ?


Dieu le Père : « LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité. »

Notre Père n’est-il pas tendre et miséricordieux ? Ne lui demandons-nous pas cette miséricorde pour chacun d’entre-nous lorsque nous espérons qu’il nous remette nos dettes, nos péchés ? N’est-il pas tendre et miséricordieux lorsque que le prophète Isaïe met ces paroles dans la bouche de Dieu (Is 66, 12-13) : « Vous serez nourris, portés sur la hanche ; vous serez choyés sur ses genoux. Comme un enfant que sa mère console, ainsi, je vous consolerai. Oui, dans Jérusalem, vous serez consolés », ou lorsque le psaume 130 nous invite à « tenir notre âme dans la paix et le silence près de Dieu, comme un petit enfant contre sa mère » ? Oui, Dieu le Père a aussi des « entrailles de mère » pour nous (c’est bien le sens premier du mot miséricorde ; et je ne peux que vous reportez à l’homélie du VIIe Dimanche du Temps Ordinaire (C)). Il nous l’avait pourtant dit (Nb 11, 12) : « Est-ce moi qui ai conçu tout ce peuple, est-ce moi qui l’ai enfanté, pour que tu me dises : “Comme on porte un nourrisson, porte ce peuple dans tes bras jusqu’au pays que j’ai juré de donner à tes pères” ? »


Notre Père n’est-il pas lent à la colère lorsqu’il nous assure (Is 48, 9) : « À cause de mon nom, je suspends ma colère, pour mon honneur, je patiente avec toi, afin de ne pas t’exterminer » ? Les écrits sapientiaux nous l’attestent encore (Sg 15, 1) « Toi, notre Dieu, tu es bon et véridique, tu es patient et tu gouvernes l’univers avec miséricorde », ou dans le Livre de Ben Sira (Sir 18, 11) : « C’est pourquoi le Seigneur est patient avec les humains et répand sur eux sa miséricorde ». Combien de fois ce Père aurait pu être en colère face à notre infidélité, nos mensonges, nos péchés ? Combien de fois ne l’a-t-il pas déjà montré comme avec Noé ? Et pourtant, il est aujourd’hui patient avec chacun d’entre-nous. Il sait qu’il nous faut du temps pour prendre conscience de notre péché et gravir le chemin de la conversion. Il connaît le cœur de l’homme, notre fragilité et notre faiblesse. Et il patiente… Dieu ne fait-il pas preuve d’une plus grande espérance en l’homme que nous en Lui ?


Est-il utile de se demander si Dieu le Père est plein d’amour et de vérité envers nous ? Quand nous lui demandons de faire advenir son Règne, est-ce un règne de puissance et de force, ou un règne d’amour, de vérité et de paix ? A-t-il une autre volonté que celle de nous recevoir en son Royaume ?


Dieu le Fils : « LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité. »

Appliquer le texte de l’Exode au Christ est certainement beaucoup plus aisé. D’autant plus que nous connaissons mieux l’évangile que le Premier Testament. La tendresse de Jésus s’exprime presque physiquement lorsqu’il se surprend à aimer le jeune homme riche (Mc 10, 21) : « Jésus le regarda, se prit à l’aimer ». Il se prend à l’aimer, l’expression est superbe ! L’amour est même plus fort que le Christ ! Car c’est bien pour cet amour qu’il est venu (Jn 3, 16) : « Dieu a en effet tant aimé le monde, qu’il a donné son fils, son Unique, pour que quiconque croit en Lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle ». Une tendresse qui lui arrache parfois des larmes, que ce soit lors de la mort de Lazare, touché par la douleur de ses sœurs (Jn 11, 33-35) : « Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. » Ou lorsqu’il s’apitoie sur les péchés d’une humanité qui refuse le salut (Lc 19, 41-42) : « Lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant : « Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux ». Ou enfin avant sa mort comme le rapporte l’Épitre aux Hébreux (Hé 5, 7) : « Pendant les jours de sa vie dans la chair, il offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect ». Ce sont les larmes de la miséricorde, de la tendresse de Dieu le Fils.


Lui aussi fut lent à la colère devant Pilate ou le Grand Prêtre, même si parfois l’ire l’emporte en chassant les marchands du Temple. Lent à la colère devant la trahison de Judas, ou celle de Pierre. Lent à la colère devant la bien-pensance de ceux qui veulent lapider la femme adultère. Les exemples de la patience de Jésus avec nous sont ô combien nombreux, que ce soit dans l’évangile, ou dans notre vie de tous les jours…


Et ce parce qu’il est plein d’amour et de vérité. Le prologue de Jean nous l’avait expliqué (Jn 1, 16-17) : « Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. » Il est la vérité, et il nous appelle à communier à cette vérité car elle est la clef de notre liberté (Jn 8, 31-32) : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » Cette vérité que Pilate a tant de mal à intégrer (Jn 18, 37-38) : « Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. » Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Comme Jésus l’avait dit de lui-même à Thomas (Jn 14, 6) : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi ». je reviendrai sur cette déclaration. Mais, déjà, nous pourrions dire que l’évangile johannique est l’évangile de la Vérité…


Dieu le Saint-Esprit : « LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité. »

Je complète ici ce que j’écrivais la semaine dernière pour la solennité de la Pentecôte à partir des deux prières : le Veni Creator et le Veni Sancte Spiritus. Deux livres vétérotestamentaires évoquent l’Esprit : le Livre de la Sagesse, et le Livre de Ben Sira le sage. Ainsi, pouvons-nous lire en Siracide (2, 9) : « Vous qui craignez le Seigneur, espérez le bonheur, la joie éternelle et la miséricorde : ce qu’il donne en retour est un don éternel, pour la joie. » Ce don éternel promis n’est-il pas l’Esprit de miséricorde ?


Mais c’est peut-être dans l’évangile de Jean et chez saint Paul où nous pouvons trouver les meilleures descriptions des dons de l’Esprit. Un Esprit qui nous donne la vie (Jn 6, 63) : « C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie ». Un Esprit de Vérité, de la Vérité des paroles de Jésus (Jn 14, 26) : « le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ». Car il est l’Esprit de la vérité divine (Jn 16, 13) : « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière », un Esprit qui nous fera participer dans l’amour à la plénitude de la vérité.


Saint Paul, lui aussi, nous parle des dons de cet Esprit. Il nous en parle particulièrement dans la Lettre aux Romains, mais aussi dans les deux épîtres aux Corinthiens. Arrêtons-nous simplement sur les fruits de l’Esprit qu’il énumère dans la lettre aux Galates (Ga 5, 22-23) : « Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi ». Dieu ne nous l’avait-il pas promis par la bouche d’Isaïe (Is 11, 2-3) : « Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur – qui lui inspirera la crainte du Seigneur. »


« Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6)

Permettez-moi de tenter une ultime interprétation théologique, mais si je reconnais humblement la faiblesse de ma formation ! Mais l’alignement de ces trois mots dans une même citation me pousse à la voir comme trinitaire. Pourrions-nous imaginer que Jésus nous décrit trois aspects de la divinité ?


Lui qui est le chemin qui mène au Père. Il l’a dit, c’est par Lui, en le regardant qu’on rejoint le Père. Ce Père qui est notre Vérité, et même la Vérité unique et ultime. Ce Père qui est le seul à connaître la Vérité sur l’homme, sur le dessein d’avenir pour l’humanité, le seul à connaître la Vérité sur la date des fins dernières. Un Père qui, avec son Fils, nous envoie pour aujourd’hui son esprit de Vie, comme nous le confessons dans le Credo.


Mais nous pourrions presque alterner ces qualificatifs pour chacune des trois Personnes de la Trinité ! Le Père n’est-il pas le chemin qui donne aussi la Vie ? Le Fils n’est-il pas notre Vie qui met en lumière la Vérité sur chacune de nos vies ? L’Esprit n’est-il pas l’Esprit de Vérité qui nous montre le chemin vers le Père ? Bien sûr, ce genre d’exercice a ses limites. Pourtant, il nous montre que chaque Personne de la Trinité vit avec les deux autres cet échange continuel d’amour, et donc de qualités.


En tous les cas, une seule chose est sure, notre Dieu trinitaire est un Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité !




Homélie de saint Jean Chrysostome (+ 407)

Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique: ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle (Jn 3,16).

Vous voyez la cause de l'avènement du Fils de Dieu : il est venu pour que tous ceux qui devaient périr trouvent, par la foi en lui, l'accès au salut. Qui aurait pu imaginer une générosité pareille, au-delà de tout éloge ? Par le don du baptême, Dieu accorde à notre nature le pardon de tous nos péchés ! Non seulement ici la pensée est impuissante, mais la parole est incapable de dénombrer les autres bienfaits de Dieu. Si nombreux qu'ils soient, je suis obligé d'en omettre encore davantage. Que serait-ce donc, si l'on songeait encore à ce chemin de la conversion que Dieu, dans son indicible amour des hommes, a donné au genre humain, ainsi qu'à ses prescriptions merveilleuses grâce auxquelles, si nous le voulons, même après le bienfait du baptême, nous pourrons attirer la grâce d'en haut !


Vous voyez, mes enfants, l'abîme des bienfaits de Dieu ! Vous voyez combien leur énumération est longue, bien que nous n'en ayons encore rappelé qu'une faible partie ! Comment, en effet, le langage humain pourrait-il dénombrer tout ce que Dieu a fait pour nous ? Mais si grands et si nombreux que soient ces bienfaits, ils sont plus ineffables et plus grands encore, ceux qu'il a promis pour la vie future à ceux qui marchent sur le chemin de la vertu. Et, pour nous montrer en peu de mots l'excès de leur grandeur, saint Paul nous dit : Ce que personne n'avait vu de ses yeux ni entendu de ses oreilles, ce que le coeur de l'homme n'avait pas imaginé, ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu (1Co 2,9).


Voyez-vous l'excellence de ces bienfaits ? Voyez-vous comme ils sont au-dessus de toutes les idées de l'homme ? Ce que le coeur de l'homme n'avait pas imaginé, c'est l'expression de saint Paul. Si nous voulons récapituler toutes ces merveilles, si nous voulons en rendre grâce selon nos forces, nous pourrons attirer sur nous encore plus de grâces divines et grandir en vertu. Le souvenir des bienfaits de Dieu nous aide à affronter les labeurs de la vertu, à mépriser les biens terrestres, pour nous ouvrir à l'auteur de tous ces dons et augmenter, de jour en jour, l'amour que nous lui témoignons.



Adoration de la Sainte Trinité – saint Maximilien Kolbe

Je t’adore, ô notre Père céleste, car tu as déposé dans son sein très pur ton Fils Unique. Je t’adore, ô Fils de Dieu, car tu as daigné entrer dans le sein de Marie et tu es véritablement et réellement devenu son Fils. Je t’adore, ô Esprit-Saint, car tu as daigné former dans son sein immaculé le corps du Fils de Dieu.


Je t’adore, ô très sainte Trinité, ô Dieu Un en la sainte Trinité, pour avoir élevé l’Immaculée d’une façon aussi divine. Et je ne cesserai, jamais, chaque jour, à peine éveillé de mon sommeil, de t’adorer très humblement, ô Dieu Trine, la face contre terre, répétant trois fois : Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Amen.



Père, Fils, Esprit – saint Jean-Eudes

Père de Jésus aime ton Fils Jésus pour moi, rends-nous participants de l’amour que tu lui portes. Jésus, Fils de Dieu que mon âme se réjouisse de voir l’amour et la gloire infinie que tu reçois de ton Père et de ton Saint Esprit. Esprit de Jésus, qui est tout amour et toute charité aime le Père et Jésus pour moi, transforme mon cœur en amour vers eux.


Ô Père éternel, ô Fils unique de Dieu, ô Saint-Esprit du Père et du Fils, venez en moi, venez en mon cœur, séparez moi de tout ce qui n’est pas vous, attirez moi à vous, vivez et régnez en moi et faites que tout mon être, toute ma vie soient totalement consacrés à votre pure gloire.



Hymne de louange au Dieu trinitaire – saint Grégoire de Nazianze

Gloire à Dieu le Père et à son Fils, Roi universel ! Gloire à celui qui est digne de toute louange, l’Esprit très saint !


La Trinité est un seul Dieu qui a tout créé et tout peuplé ; Il a peuplé le ciel d’êtres célestes, et la terre d’êtres terrestres ; Il a peuplé la mer, les fleuves, les cours d’eau des multitudes d’êtres qui y foisonnent. Il donne à tous la vie, par la vertu propre de son Esprit, afin que toute la création rende hommage à la sagesse de son Créateur, seule cause de sa vie et de sa persistance dans l’être. Que l’homme surtout, créature raisonnable, te chante en toutes circonstances comme le Grand Roi, comme le bon Père !


Quant à moi, fais que par mon esprit, mon âme, ma langue, ma pensée, je t’offre une pure louange, ô Père !



Prière à la Trinité, Sainte Élisabeth de la Trinité (21 novembre 1904)

Ô mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité ! Que rien ne puisse troubler ma paix ni me faire sortir de Vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos ; que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre action créatrice.

Ô mon Christ aimé crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre coeur ; je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer...jusqu’à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je Vous demande de me revêtir de Vous-même, d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre Âme ; de me submerger, de m’envahir, de Vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu’un rayonnement de votre Vie. Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur.

Ô Verbe éternel, parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à Vous écouter, je veux me faire tout enseignable afin d’apprendre tout de Vous ; puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière. Ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.

Ô Feu consumant, Esprit d’amour, survenez en moi afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe ; que je Lui sois une humanité de surcroît, en laquelle il renouvelle tout son mystère.

Et vous, ô Père, penchez-Vous vers votre pauvre petite créature, ne voyez en elle que le Bien-aimé en lequel Vous avez mis toutes vos complaisances.

Ô mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à Vous comme une proie ; ensevelissez-vous en moi, pour que je m’ensevelisse en Vous, en attendant d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vos grandeurs.

Ainsi soit-il.


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