Samedi, 1ère semaine du T.O. (Année impaire)

Plus tranchante qu’un glaive



Saint Paul trônant

Domenico di Pace Beccafumi (Montaperti, 1486 - Sienne, 1551)

Huile sur toile, 230 x 150 cm, vers 1515

Museo dell'Opera della Metropolitana, Sienne (Italie)


Lecture de la lettre aux Hébreux (He 4, 12-16)

Frères, elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes. En Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi. En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché. Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.


Méditation

C’est que la Parole de Dieu est plus incisive qu’un glaive à deux tranchants (He 4,12). Son premier tranchant est libérateur : il est la communication de la proximité de Dieu. Après les 70 ans de déportation à Babylone, le peuple s’est interrogé sur l’éloignement ou l’absence apparente de Dieu, sur son silence. Et voici que Dieu parle à nouveau par l’Ecriture proclamée. Dieu se fait de nouveau proche de son peuple et le bénit. Il donne une parole qui est le signe de sa présence. Mais ceci n’est qu’un avant-goût. Car dans l’évangile, nous assistons à un sommet de proximité : sa parole a pris la forme d’une humanité, celle de Jésus de Nazareth. Le Christ est le Verbe fait chair que nous avons accueilli à Noël : il incarne lui-même la proximité de Dieu puisqu’il est désormais avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde. En Jésus, Dieu s’est approché et s’est fait notre prochain. La proximité de Dieu n’est plus seulement audible ; elle devient visible. La Parole est une personne. Voilà le cœur de la bonne nouvelle annoncée par le prophète Isaïe et que Jésus vient accomplir. En lui s’accomplit l’Ecriture : il est le Christ qui a reçu l’onction du Père au baptême et qui nous verse la joie de Dieu. Désormais, c’est définitif : la joie de Dieu est notre rempart et rien ne pourra plus nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ. La joie dont parle Néhémie n’est qu’un maigre apéritif devant le festin des noces de l’Agneau. Maintenant cette joie demeure pour toujours. (Couvent des Carmes de Paris)

« Notre Dieu, Père de la lumière, tu as envoyé dans le monde ton Fils, ta Parole faite chair, pour te manifester à nous, les hommes. Envoie maintenant ton Saint-Esprit sur moi, afin que je puisse entendre ta Parole dans ce passage de l’Écriture et rencontrer Jésus Christ dans cette Parole qui vient de toi. Accorde-moi de le connaître plus intensément ; et qu’en le connaissant mieux je l’aime davantage, parvenant ainsi, à sa suite, à la béatitude de ton Royaume, béni pour les siècles des siècles. Amen. »