Samedi, 22ème semaine du T.O. — Année Paire

Maître du sabbat



Le sabbat

Max Weber (Białystok, 1881 - Great Neck, 1961)

Huile sur toile, 31,8 x 25,4 cm, 1919

Jewish Museum, New-York (U.S.A.)


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 6, 1-5)

Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs ; ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains. Quelques pharisiens dirent alors : « Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? » Jésus leur répondit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David un jour qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ? Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l’offrande, en mangea et en donna à ceux qui l’accompagnaient, alors que les prêtres seulement ont le droit d’en manger. » Il leur disait encore : « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »


Méditation

L’évangile tente, page après page, d’affiner notre rapport à la loi. Notre risque serait, en effet, de nous réfugier derrière elle, en faisant une sorte de Dieu. Ainsi, les Romains avaient retiré toute humanité à la loi en proclamant la célèbre locution : « Dura Lex, sed Lex » (La loi est dure mais c’est la loi). Tout au long de ses discours et de ses actes, Jésus veut rendre vie à la loi, lui redonner cœur et corps, ne pas s’arrêter à ses termes dépourvus de nerfs et de chair (rappelez-vous la vision d’Ézékiel de la semaine dernière), mais lui rendre tout son sens. Et quel est-il ? Que la loi est faite pour libérer l’homme et non le rendre esclave, pour lui montrer le chemin de l’épanouissement et non la peur, pour le faire grandir et non l’enfermer. Et c’est bien pour cela qu’il est le Maître de cette loi. Parce qu’il en est l’origine et le terme. L’origine, car dès le début de la Bible, il en donne les règles (Gn 2, 16-17) : « Le Seigneur Dieu donna à l’homme cet ordre : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin ; mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. » Ce n’est pas à nous d’édicter ce qui est bien ou mal, mais à Dieu. Nous, nous devons tout faire pour que l’homme se rapproche de son Dieu. Seul ce cadre justifie la loi. Et elle s’y aussi le terme (Ap 22, 1-5) : « Puis l’ange me montra l’eau de la vie : un fleuve resplendissant comme du cristal, qui jaillit du trône de Dieu et de l’Agneau. Au milieu de la place de la ville, entre les deux bras du fleuve, il y a un arbre de vie qui donne des fruits douze fois : chaque mois il produit son fruit ; et les feuilles de cet arbre sont un remède pour les nations. Toute malédiction aura disparu. Le trône de Dieu et de l’Agneau sera dans la ville, et les serviteurs de Dieu lui rendront un culte ; ils verront sa face, et son nom sera sur leur front. La nuit aura disparu, ils n’auront plus besoin de la lumière d’une lampe ni de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les illuminera ; ils régneront pour les siècles des siècles. » Lui seul est ce fleuve, cet arbre de vie et la lumière. Lui seul est la nouvelle loi qui éclairera tout homme., la loi d’amour, amour de Dieu, amour des autres et amour de moi-même. C’est l’unique commandement de la Loi divine.