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Samedi, 25e semaine du T.O. — année impaire

L’arpenteur



Zacharie tient un bâton de mesure

Anonyme anglais

Enluminure d’une Bible, Angers - BM - ms. 0009, 2e quart du XIIIe siècle

Bibliothèque Municipale, Angers (France)


Lecture du livre du prophète Zacharie (Za 2, 5-9.14-15a)

Moi, Zacharie, je levai les yeux et voici ce que j’ai vu : un homme qui tenait à la main une chaîne d’arpenteur. Je lui demandai : « Où vas-tu ? » Il me répondit : « Je vais mesurer Jérusalem, pour voir quelle est sa largeur et quelle est sa longueur. » L’ange qui me parlait était en train de sortir, lorsqu’un autre ange sortit le rejoindre et lui dit : « Cours, et dis à ce jeune homme : Jérusalem doit rester une ville ouverte, à cause de la quantité d’hommes et de bétail qui la peupleront. Quant à moi, je serai pour elle – oracle du Seigneur – une muraille de feu qui l’entoure, et je serai sa gloire au milieu d’elle. Chante et réjouis-toi, fille de Sion ; voici que je viens, j’habiterai au milieu de toi – oracle du Seigneur. Ce jour-là, des nations nombreuses s’attacheront au Seigneur ; elles seront pour moi un peuple, et j’habiterai au milieu de toi. Alors tu sauras que le Seigneur de l’univers m’a envoyé vers toi. »


Méditation


Commentaire d’un pasteur protestant


Je regardai et je vis un homme qui portait un cordeau d’arpenteur. Je lui demandai : – Où vas-tu ? Il me répondit : – Je vais mesurer Jérusalem pour en déterminer la largeur et la longueur (Zacharie 2.5-6).

« L’homme qui portait un cordeau d’arpenteur » n’est pas identifié mais il est possible que ce soit l’Ange de l’Éternel, la seconde personne de la Trinité, donc Jésus-Christ avant son incarnation.


La ville sainte est en train d’être reconstruite. L’homme au cordeau détermine ses limites actuelles afin de prévoir son extension. Jérémie qui fut chargé d’annoncer la destruction de Jérusalem a également prophétisé qu’elle serait rebâtie et même agrandie. Je lis le passage :

Mais des jours vont venir, l’Éternel le déclare, où cette ville sera de nouveau rebâtie pour l’Éternel, depuis la tour d’Hananéel jusqu’à la Porte de l’Angle. On étendra encore le cordeau d’arpentage en ligne droite jusqu’à la colline de Gareb, puis on tournera vers Goath (Jérémie 31.38-39).

Dans les prophéties de Jérémie et de Zacharie, Jérusalem se confond avec la ville sainte du millénium. Comme c’est très souvent le cas dans leurs visions, les prophètes ne voient pas le temps qui sépare deux scènes semblables, ce qui fait que pour eux elles se télescopent et se confondent en une seule. Ce que voit Zacharie a partiellement été accompli par Hérode Agrippa, mais ne se réalisera pleinement que pendant le millénium.

Comme l’ange qui me parlait s’en allait, un autre ange vint à sa rencontre et lui dit : – Cours dire à ce jeune homme là-bas (Zacharie 2.7-8 a).

Le terme « jeune homme » pourrait indiquer quelqu’un qui n’a pas encore trente ans, mais il sert aussi à désigner un homme de Dieu, un serviteur ou un disciple sans définir son âge. Mais qui est-il ? Les avis divergent. Il semble cependant que ce soit Zacharie lui-même parce que c’est lui le prophète qui pose les questions et qui reçoit les révélations de Dieu afin de les partager avec son peuple.


L’ange-interprète, qui apparemment est visible et se tient à côté de Zacharie, s’en va à la rencontre d’un autre ange qui est d’un rang supérieur. Puis ce dernier dit au premier : « Cours dire à ce jeune homme là-bas ». L’ange-interprète doit courir parce que le message qu’il doit porter à Zacharie est une très bonne nouvelle, alors autant qu’il l’entende le plus rapidement possible. Il est bien vrai que toutes ces mises en scène avec déplacements d’anges sont assez fastidieuses à décrire et qu’il serait bien plus facile de les rendre au cinéma que par écrit.

Il y aura un jour tant d’habitants et de bêtes dans Jérusalem que la ville restera ouverte (Zacharie 2.8 b).

Le mot traduit par « ville ouverte » (perazoth) est rendu par « localités des campagnes » (SEM) ou « villes sans murailles » (LSG) dans le livre d’Esther (9.19) et par « pays ouvert » dans une prophétie d’Ézéchiel (38.11). L’idée est que dans l’avenir Jérusalem sera comme les villages de la plaine, ouverte de tous côtés. Elle sera tellement peuplée qu’elle débordera et que les gens habiteront autour et à l’extérieur des limites de la ville, dans les campagnes. Ces paroles ont pour but d’encourager les colons juifs apeurés de cette époque.


Les historiens antiques nous apprennent qu’après le retour d’exil, la ville de Jérusalem devient beaucoup plus grande qu’elle ne l’était auparavant. Cependant, l’accomplissement littéral de cette prophétie n’aura lieu que pendant le millénium sous le règne de Jésus-Christ le Messie. Ésaïe a déjà dit des paroles semblables quand s’adressant à Jérusalem (Sion) personnifiée, il écrit :

Déjà tes fils accourent […]. Porte les yeux autour de toi, regarde : ils se rassemblent tous, et ils viennent vers toi. […] ton pays en ruines, désert et dévasté, deviendra trop étroit pour tous tes habitants (Ésaïe 49.17-19 ; comparez Ésaïe 54.2, 3).

Cette ouverture de la ville sous-entend non seulement son élargissement mais aussi qu’elle est en parfaite sécurité, ce qui est expliqué dans le verset suivant qui est :

Moi, l’Éternel, je serai pour elle comme une muraille de feu tout autour d’elle – l’Éternel le déclare – et je serai sa gloire au milieu d’elle (Zacharie 2.9).

Ces paroles sont similaires à celle du prophète Ésaïe qui écrit :

L’Éternel va créer sur toute l’étendue de la montagne de Sion et sur tous ceux qui s’y assembleront, une nuée le jour, et la nuit la fumée et l’éclat de flammes de feu. Et au-dessus de toutes choses sa gloire sera comme un dais (Ésaïe 4.5 ; comparez Ésaïe 60.1, 2, 19).

Les colons juifs possèdent très certainement le livre d’Ésaïe, mais cela fait bien 170 ans (en 690) qu’il est mort. Ils ont donc besoin d’entendre de vive voix des paroles d’encouragement, et c’est Zacharie qui est chargé par l’Éternel de leur mettre du baume au cœur.


La future Jérusalem est sans mur d’enceinte et grande ouverte afin qu’une foule nombreuse puisse y affluer (Aggée 2.7). En second lieu, elle n’a besoin d’aucune protection car l’Éternel en personne lui sert de rempart. Troisièmement, Dieu révélera sa gloire par les œuvres majestueuses qu’il accomplira dans la ville sainte et par l’attention bienveillante qu’il lui prodiguera.


Les paroles de tous les prophètes concernant la future gloire de Jérusalem ne s’appliquent que très imparfaitement à la ville qui fut reconstruite après l’exil. Les termes de la vision de Zacharie débordent largement l’éclat que connaît alors la ville sainte. Certes, dans les siècles qui suivent, Jérusalem est d’une manière remarquable, l’objet de la protection divine ; elle échappe comme par miracle aux catastrophes que connaissent les peuples voisins.


La ville sainte parvient à un si haut degré de beauté et de prospérité qu’elle devient de loin la plus célèbre des villes de l’Orient. C’est du moins ce que dit Pline l’Ancien dans sa monumentale encyclopédie intitulée : « Histoire naturelle ». Cependant, c’est bien plus loin dans l’avenir, pendant le règne millénaire de Jésus-Christ, qu’il faut aller pour voir se réaliser pleinement les promesses des prophètes.


Dans l’une de ses visions, Ézéchiel décrit l’arrivée du Messie dans le Temple de Jérusalem par la porte est. Aujourd’hui, cette porte est cloisonnée mais en face d’elle se trouvent des milliers de tombes d’Israélites qui veulent alors être enterrés ici parce qu’ils croient qu’ils seront ressuscités quand la prophétie d’Ézéchiel s’accomplira. Je la lis :

La gloire de l’Éternel entra dans le Temple par la porte orientale. L’Esprit m’enleva et me transporta dans le parvis intérieur : la gloire de l’Éternel remplissait le Temple. […] j’entendis quelqu’un qui me parlait depuis l’intérieur de la maison. Il me dit : – Fils d’homme, c’est ici le lieu de mon trône, le lieu où je poserai mes pieds et où j’habiterai pour toujours au milieu des Israélites (Ézéchiel 43.4-7).
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