Samedi, 26e semaine du T.O. — Année Paire

J’ai vu Satan tomber du ciel



Jésus et Satan

Carl Heinrich Bloch (Copenhague, 1834 - Copenhague, 1890)

Huile sur toile, date et dimensions inconnues

Chapelle du Frederiksborg Palace, Copenhagen


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 10, 17-24)

En ce temps-là, les 72 disciples que Jésus avait envoyés revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. » Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire. Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »


Méditation

Le philosophe René Girard prendra ce verset comme l’un des titres de ses ouvrages. Satan, le Tentateur, peut tomber du ciel et être projeté dans le gouffre de l’Apocalypse. Même en chacune de nos propres vies… Nous pouvons le soumettre, à l’instar des Apôtres. Comment ? L’Évangile nous en donne la clé. Il s’agit d’abord d’accorder nos actes au Nom du Christ : c’est son Nom qui est notre force. Puis, faire preuve de l’humilité d’un enfant et non de l’arrogance du savant, quelle que soit notre âge, ou notre condition (Socrate à la fin de sa vie : « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien. ») Car seule notre humilité, notre prise de conscience de n’être qu’humus, permet au Nom du Sauveur de prendre toute son ampleur en nos vies. Alors, ce n’est plus moi qui agis (et qui pourrait m’en enorgueillir), c’est le Christ qui agit en moi. Nous pouvons ainsi proclamer avec Paul (Ga 2, 20 ) : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. » Ce n’est plus moi qui aie pouvoir sur le Malin, qui le fait tomber de son piédestal, c’est Jésus-Sauveur qui triomphe par moi, je ne suis que son instrument. Et comme le déclarait Bernadette de Lourdes : « Je suis le balai dont la Vierge s'est servie. Qu'est-ce qu'on fait d'un balai quand on a fini de s'en servir ? On le met derrière la porte. C'est ma place, j'y suis bien. J'y reste ». Humblement, laissons-nous être les instruments du Christ et de sa Parole. Comme des balais !