Samedi, 4e semaine du T.O. (Année impaire)

Sur des près d’herbe fraîche, il me fait reposer



Daphnis et Chloé

Konstantin Somov (Saint-Pétersbourg, 1869 - Paris, 1939)

Illustration pour la nouvelle de Longus « Daphnis et Chloé »

Dessin au crayon et aquarelle, 1930


Psaume 22

Le Seigneur est mon berger :

je ne manque de rien.

Sur des prés d’herbe fraîche,

il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles

et me fait revivre ;

il me conduit par le juste chemin

pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,

je ne crains aucun mal,

car tu es avec moi :

ton bâton me guide et me rassure.


Tu prépares la table pour moi

devant mes ennemis ;

tu répands le parfum sur ma tête,

ma coupe est débordante.


Grâce et bonheur m’accompagnent

tous les jours de ma vie ;

j’habiterai la maison du Seigneur

pour la durée de mes jours.


Méditation


Du frère dominicain Nicolas Burle du couvent de Tours


Ce psaume célèbre décrit à merveille ce que nous vivons au cœur de la messe. Il est comme l’autel au cœur d’une église : une semaine sainte en résumé. « Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis. » Autour de cette table du jeudi saint, le Christ partage son dernier repas avec ses amis, qui vont l’abandonner et le renier. Mais lui prend la parole et se livre corps et sang dans l’eucharistie par amour pour nous. Oui, « ma coupe est débordante. » « Si je traverse les ravins de la mort, ton bâton me guide et me rassure. » Ce bâton rassurant sur lequel je peux m’appuyer dans les épreuves, c’est la croix. Sur la croix, Jésus fait de sa vie une offrande pour nous : il prend sur lui le mal dont il nous sauve et nous donne la vie éternelle. L’autel est alors le rocher du Golgotha sur lequel se dresse la croix. « Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. » Nous sommes auprès du Christ et nous participons à son sacrifice en offrant notre vie au Père. L’autel est enfin ce tombeau où Jésus repose après sa mort le samedi saint. Mais aussi le tombeau vide du dimanche de Pâques puisque nous croyons qu’il est ressuscité le troisième jour, comme il nous l’avait promis. Jésus est le bon berger, qui nous a menés vers les eaux tranquilles du baptême pour nous faire revivre. Avec lui, je suis déjà ressuscité. Avec lui, « j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours. » Chaque messe célébrée sur l’autel fait de nous les contemporains de la mort et de la résurrection du Christ. Pour moi, Jésus a vaincu la mort. Maintenant « grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie. »