Samedi, 6ème semaine du temps pascal

Demandez en mon Nom



Saint Bruno priant dans sa chapelle

Eustache Le Sueur (Paris, 1616 - Paris, 1655)

1645-1648, huile sur toile, 193 x 130 cm

Musée du Louvre, Paris (France)


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 16, 23b-28)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite. En disant cela, je vous ai parlé en images. L’heure vient où je vous parlerai sans images, et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père. Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous, car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »


Méditation

Un homme qui prie, seul, à genoux devant l’autel de sa chapelle. C’est saint Bruno, fondateur de l’ordre des Chartreux et de l’une des règles monastiques la plus radicale.


Rester seul avec le Seul, dans le silence le plus complet, pour le rencontrer. Laisser l’eau trouble de nos vies se reposer dans la solitude de la cellule pour distinguer le clair du trouble, pour laisser le Seigneur emplir nos manques. Cette prière silencieuse fait souvent peur, nous aimerions tant la combler de paroles ou de musiques. Peur de se retrouver face à soi-même... Mais est-ce vraiment face à soi-même ? Au bout d’un moment apparaît sur notre visage celui du Christ, car il vient délicatement retirer le masque de laideur, qu’on appelle le péché, pour révéler notre vrai visage, celui de fils adoptif du Père, de frère de Jésus. Mais pour cela, il faut le demander. Être prêt à demander à Dieu cette opération chirurgicale délicate. Et s’adresser au bon chirurgien : Jésus. À la bonne clinique : celle du Père. Au bon réanimateur : l’Esprit-Saint. À la bonne infirmière : Marie. Au bon gardien : Joseph. Et tous les Saints assistants ! Tout ce que nous demandons au Père, au nom de Jésus, il nous l’accorde. Il suffit de demander et nous recevrons. L’avons-nous déjà fait ? Non, dit Jésus. Mais attention, soyez sûrs du résultat, ce sera pour notre bien et notre beauté intérieure.


Mais peut-être pas celui que vous attendez... Et soyez aussi sûrs que le Père ne peut nous exaucer au nom de Jésus que si, nous, nous en prenons les moyens : la véritable prière du cœur. Thérèse d’Avila disait : « Elle n’est, à mon avis, qu’un échange intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé. » Et Thérèse de Lisieux ajoutait : « Je fais comme les enfants qui ne savent pas lire, je dis simplement au Bon Dieu tout ce que je veux lui dire, sans faire de belles phrases et toujours il me comprend… Pour moi la prière, c'est un élan du cœur, c'est un simple regard jeté vers le ciel, c'est un cri de reconnaissance et d'amour au sein de l'épreuve comme au sein de la joie, enfin c'est quelque chose de grand, de surnaturel qui me dilate l'âme et m'unit à Jésus. »