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Samedi, 6e semaine du T.O. — année paire

Une langue pour enseigner -



Le Christ comme enseignant,

Auteur : Hans Thoma (Bernau im Schwarzwald, 1839 - Karlsruhe, 1924),

Dessinateur : Wilhelm Süs (Düsseldorf, 1861 - Mannheim, 1933),

Encre et aquarelle, 21,2 x 10,3 cm, 1907,

Dessin préparatoire à un vitrail,

Musée Städel, Francfort-sur-le-Main (Allemagne)


Lecture de la lettre de saint Jacques (Jc 3, 1-10)

Mes frères, ne soyez pas nombreux à devenir des maîtres : comme vous le savez, nous qui enseignons, nous serons jugés plus sévèrement. Tous, en effet, nous commettons des écarts, et souvent. Si quelqu’un ne commet pas d’écart quand il parle, c’est un homme parfait, capable de maîtriser son corps tout entier. En mettant un frein dans la bouche des chevaux pour qu’ils nous obéissent, nous dirigeons leur corps tout entier. Voyez aussi les navires : quelles que soient leur taille et la force des vents qui les poussent, ils sont dirigés par un tout petit gouvernail au gré de l’impulsion donnée par le pilote. De même, notre langue est une petite partie de notre corps et elle peut se vanter de faire de grandes choses. Voyez encore : un tout petit feu peut embraser une très grande forêt. La langue aussi est un feu ; monde d’injustice, cette langue tient sa place parmi nos membres ; c’est elle qui contamine le corps tout entier, elle enflamme le cours de notre existence, étant elle-même enflammée par la géhenne. Toute espèce de bêtes sauvages et d’oiseaux, de reptiles et d’animaux marins peut être domptée et, de fait, toutes furent domptées par l’espèce humaine ; mais la langue, personne ne peut la dompter : elle est un fléau, toujours en mouvement, remplie d’un venin mortel. Elle nous sert à bénir le Seigneur notre Père, elle nous sert aussi à maudire les hommes, qui sont créés à l’image de Dieu. De la même bouche sortent bénédiction et malédiction. Mes frères, il ne faut pas qu’il en soit ainsi.


Prières


Pascale, religieuse Xavière, 42 ans, professeur des écoles, Côte d’Ivoire


« Jésus, le Bon Pasteur, je viens me poser sous ton regard.


Merci de m'avoir appelée à enseigner comme toi. Toi qui n'as pas eu peur des foules, qui vois large et loin et qui ne te fies pas aux apparences, donne-moi de sentir toujours la visée finale de tout enseignement : adjoindre des êtres à ton Cœur.


Les enfants que tu me confies, donne-moi de ne jamais les retenir à moi mais de savoir te remettre leur vie dans la confiance. Merci de m'accorder la grâce de voir apparaître souvent ton visage en eux, d'exulter de joie devant leur désir de te connaître. Que jamais je ne doute de ta présence en eux, même aux heures les plus sombres.


Que cette classe où ils vont passer tant d'heures soit pour eux un lieu de paix, de croissance où l'on peut grandir dans la confiance, la justice et le respect mutuels, dans la curiosité et le goût de la vie.


Lorsque je me trouve au milieu d'eux, que je sache prendre soin du plus faible tout en ne méprisant pas le plus fort, le plus ambitieux. Que mes exigences ne soient pas pour satisfaire mes plaisirs, mais qu'elles soient la preuve que je crois en eux, en leur capacité de réussite.


Toi Pasteur du troupeau, pardonne mes erreurs, mes ignorances. Que Ta miséricorde dont je bénéficie m'aide à ne jamais désespérer comme tu le fais pour moi devant les erreurs et les bêtises, mais à croire qu'elles peuvent être un tremplin vers une plus grande maturité et des joies nouvelles.


Donne-moi aussi de savoir compter sur les autres, sur mes collègues, sur les parents d'élèves pour construire ensemble, dans nos diversités Ton Royaume. »


La prière du maître (Pie XII)


O Verbe Incarné, Maître des maîtres, notre très aimable Jésus, qui avez daigné venir en ce monde pour montrer aux hommes, dans votre infinie sagesse et votre inépuisable bonté, le chemin du ciel, écoutez avec bienveillance les humbles supplications de ceux qui, suivant vos traces, veulent être des maîtres catholiques dignes de ce nom, en montrant aux âmes les sentiers assurés qui conduisent à vous et, par vous, à l’éternelle félicité.


Accordez-nous la lumière, non seulement pour éviter les pièges et les embûches de l’erreur, mais encore pour pénétrer la vérité jusqu’à obtenir cette lumineuse clarté, par laquelle ce qui est le plus essentiel devient le plus simple, et donc le plus adapté aux intelligences des petits eux-mêmes, en qui spécialement se reflète votre divine simplicité ; visitez-nous par le secours de votre Esprit créateur, afin que nous puissions enseigner comme il convient, lorsque nous en recevons le mandant, la doctrine de la foi.


Donnez-nous la vertu pour nous adapter à l’esprit non encore parvenu à maturité de nos disciples, pour aider leurs belles et fraîches énergies, pour comprendre leurs défauts, pour supporter leur agitation ; pour nous faire nous-mêmes petits sans pour autant quitter la chaire de notre devoir, à votre imitation, ô Seigneur, qui vous êtes fait comme l’un des nôtres, sans quitter le trône élevé de votre divinité.


Mais, par-dessus tout, comblez-nous de votre Esprit d’amour : amour pour vous, Maître unique et bon, afin que nous nous immolions à votre saint service ; amour de notre profession, pour que nous la considérions comme une très noble vocation et non comme un emploi vulgaire ; amour de notre sanctification, comme source principale de notre travail et de notre apostolat ; amour de la vérité, afin de ne jamais nous éloigner d’elle délibérément ; amour des âmes que nous devons modeler et façonner au vrai et au bien ; amour de nos élèves pour en faire des citoyens exemplaires et des fils fidèles de l’Eglise, de nos très chers enfants et jeunes gens, dans le sentiment vrai d’une paternité plus élevée, plus consciente et plus pure que celle qui est purement naturelle.


Et vous, Mère très sainte, ô Marie, sous le regard amoureux de qui Jésus adolescent croissait en sagesse et en grâce, intercédez pour nous auprès de votre divin Fils, et obtenez-nous l’abondance des grâces célestes, afin que notre action tourne à l’honneur et à la gloire de Celui qui, avec le Père et le Saint-Esprit, vit et règne durant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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