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Samedi de la 3e semaine de l’Avent

Manoah et son fils Samson



La prédiction de la naissance de Samson

Louis Gauffier (Poitiers, 1762 - Livourne, 1801)

Huile sur toile, 105 x 127 cm, 1786

Musée Sainte-Croix, Poitiers (France)


Lecture du livre des Juges (Jg 13, 2-7.24-25a)

En ces jours-là, il y avait un homme de Soréa, du clan de Dane, nommé Manoah. Sa femme était stérile et n’avait pas eu d’enfant. L’ange du Seigneur apparut à cette femme et lui dit : « Tu es stérile et tu n’as pas eu d’enfant. Mais tu vas concevoir et enfanter un fils. Désormais, fais bien attention : ne bois ni vin ni boisson forte, et ne mange aucun aliment impur, car tu vas concevoir et enfanter un fils. Le rasoir ne passera pas sur sa tête, car il sera voué à Dieu dès le sein de sa mère. C’est lui qui entreprendra de sauver Israël de la main des Philistins. » La femme s’en alla dire à son mari : « Un homme de Dieu est venu me trouver ; il avait l’apparence d’un ange de Dieu tant il était imposant. Je ne lui ai pas demandé d’où il venait, et il ne m’a pas fait connaître son nom. Mais il m’a dit : “Tu vas devenir enceinte et enfanter un fils. Désormais ne bois ni vin ni boisson forte, et ne mange aucun aliment impur, car l’enfant sera voué à Dieu dès le sein de sa mère et jusqu’au jour de sa mort !” » La femme enfanta un fils, et elle lui donna le nom de Samson. L’enfant grandit, le Seigneur le bénit, et l’Esprit du Seigneur commença à s’emparer de lui.


Méditation

Une impressionnante scène biblique illustre de façon très suggestive ce qui se passe dans la prière chrétienne. Manoah et sa femme (Jg 13, 19-20), ayant reçu la visite de l'ange de Yahvé, offrent en sa présence, sur un autel au milieu des champs, un sacrifice au Seigneur. Ils entassent le bois, placent le chevreau, allument le feu. Et voici que tout à coup l'Ange est comme aspiré par la flamme et remonte de la terre au ciel.


Un être mystérieux soulève la prière du chrétien, l'oriente, l'emporte jusqu'au Père Tout-Puissant : l'Esprit Saint. L'apôtre Paul nous expose cet admirable enseignement dans les termes les plus explicites : « L'Esprit vient en aide à notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il convient ; mais l'Esprit lui-même prie pour nous en un murmure que nos mots sont impuissants à traduire » (Rm 8, 26). Cette prière de l'Esprit en nous, voilà ce qui fait l'étonnante grandeur de notre oraison. Nous y arrivons fatigués de cœur et d'esprit, balbutiant de pauvres choses : qu'importe ! de ce bois mort l'Esprit fait jaillir une flamme vive.


Cette prière de l'Esprit est impossible à saisir ; un mot pourtant s'y discerne : Abba, Père. « Parce que vous êtes fils, écrit saint Paul, Dieu a envoyé en vos cœurs l'Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père » (Rom. 8, 15). Ainsi, la substance de notre prière est cet élan de tendresse filiale du Fils pour son Père, que l'Esprit Saint fait surgir en notre âme. Faut-il s'étonner dès lors que notre prière d'homme soit agréable à Dieu ?

Je ne saurais trop vous recommander, quand vous commencez votre oraison, de poser un acte de foi, précis et vigoureux, en l'Esprit du Christ qui veut prier en vous. Et, comme on signe un chèque en blanc, de lui donner votre accord anticipé et sans réserve.


Père Henri Caffarel (1903-1996), fondateur des Équipes Notre-Dame

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