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Ve Dimanche de Pâques (C)

Ce Cœur qui a tant aimé le monde… -



Christ en gloire,

Luc-Olivier MERSON (Paris, 1846 - Paris, 1920), Henri-Marcel MAGNE (Paris, 1877 - Paris, 1944),

Mosaïque de l’abside, 475 m2, réalisée de 1900 à 1922 (Ateliers Guilbert-Martin), inaugurée en 1923,

Basilique du Sacré-Cœur, Paris (France)


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 13, 31-33a.34-35)

Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. » Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »


L’œuvre (extrait du site de la Basilique)

La représentation qui trône sur la voûte du chœur, Christ en gloire, inaugurée en 1923, œuvre d’Olivier Merson, H. M. Magne et R. Martin, avec ses 475 m2, est une des plus grandes mosaïques du monde. Elle représente le Christ ressuscité, vêtu de blanc, les bras grands ouverts, laissant voir un cœur d’or.


Autour de lui, à des échelles différentes, tout un monde d’adorateurs est représenté, dont les Saints protecteurs de la France : en grand, la Vierge Marie et Saint Michel, Sainte Jeanne d’Arc, ainsi que la France personnifiée offrant sa couronne et le Pape Léon XIII offrant le monde.

De chaque côté, sur deux rangs sous des architectures dorées, l’hommage de l’Eglise (à gauche) et de la France (à droite) au Sacré-Cœur.


L’hommage de l’Eglise catholique :

Partant de la gauche, on aperçoit le Pape Clément XIII qui institue la fête du Sacré-Cœur, puis le Pape Pie IX qui l’étend à l’Eglise universelle, enfin, le Pape Léon XIII (qui tend le globe) consacrant le genre humain au Sacré-Cœur. Il est suivi par des personnages symbolisant les cinq continents.


L’hommage de la France :

Partant de la droite, différents événements historiques liant la France au Sacré-Cœur sont évoqués : le vœu de Marseille lors de la peste de 1720 ; le vœu du Temple avec Louis XVI et la famille royale (1792) ; le Vœu national avec les généraux de Sonis et de Charrette portant la bannière du Sacré-Cœur (1870) ; les initiateurs du Vœu, M. Legentil et M. Rohault de Fleury (1871) ; le rapporteur du projet de loi devant l’Assemblée nationale (1873) ; les cardinaux de Paris (Card. Guibert, Richard, et Amette) qui ont collaboré à la construction et à l’embellissement de la Basilique.


L’Eglise du Ciel est placée au « deuxième étage » de la mosaïque, entourant le plafond du chœur sur lequel est représentée de manière figurée la Sainte Trinité (au-dessus du Christ, colombe de l’Esprit Saint et visage du Père qui tient et bénit le monde), sur deux rangs : les Saints qui sont particulièrement liés au Sacré-Cœur de Jésus (à gauche) et les Saints de France (à droite).

  • L’Eglise du Ciel : Saint Pierre, Saint Jean, Saint Paul, Saint Ignace d’Antioche, Sainte Agnès, Saint Augustin, Saint Dominique, Saint François d’Assise, Saint Ignace de Loyola, Sainte Gertrude, Sainte Catherine de Sienne, Sainte Rose de Lima, Sainte Thérèse d’Avila.

  • La France du Ciel : Saint Lazare de Marseille, Sainte Marie-Madeleine et Sainte Marthe, Saint Denis, Saint Martin, Sainte Geneviève, Saint Bernard, Saint Louis, Saint François de Sales, Saint Vincent de Paul, Sainte Marguerite-Marie, Saint Jean-Eudes, Sainte Madeleine-Sophie Barrat.

À la base de cette mosaïque court en latin la formule qui illustre la construction de la Basilique comme un don de toute la France au Cœur du Christ : « Au Cœur Sacré de Jésus, la France fervente, pénitente et reconnaissante ».


Le mot « pénitente », souvent mal interprété, n’a ici aucune connotation politique. Il s’agit d’une reconnaissance du péché des hommes comme source des malheurs et souffrances de l’humanité, et de l’expression du désir de retourner à Dieu. Le mot « reconnaissante » a été ajouté après la Première guerre mondiale.


Une dévotion surannée ?

Voilà une dévotion qui, pour beaucoup, paraît surannée, sentir le vieil encens et la sacristie poussiéreuse, voire le traditionalisme... Bien sûr, des images sulpiciennes nous viennent immédiatement à l’esprit. Bien sûr, cette image d’un cœur qui sort d’une poitrine ne correspond plus ni à nos dévotions actuelles (si tant est que le terme dévotion soit encore respecté), ni aux représentations de la foi (en image ou en esprit) que l’on nous expose aujourd’hui. Je peux comprendre que l’on trouve souvent kitsch la représentation du Sacré-Cœur, mais faut-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain ? Faut-il renier cette dévotion qui a marqué toute une époque sous couvert qu’elle ne nous semble plus d’actualité ? Avec un tel tamis, nous risquons d’effacer quelques pages de la Bible !


De même, comme il paraît difficile en ce temps de laïcité (pour ne pas dire de laïcisme) d’accepter une telle dévotion religieuse associée à un vœu national. Je suis même étonné que certains (d’Église ou du monde) n’aient pas demandé de retirer ou masquer la citation nommant la France comme pénitente, fervente et reconnaissante ! Mais là encore, que de monuments aux morts et de cénotaphes seraient à démonter dans nos églises de France !


Des bras



Et pourtant, lorsque l’on regarde cette mosaïque, on peut être impressionné par cet immense Christ, hiératique, au visage sévère, qui nous regarde et nous interpelle. D’abord, il ouvre ses bras, pour nous accueillir, pour nous enserrer. Peut-être avez-vous vu ce film de Claude Lelouch : Un + une. Les deux personnages centraux partent faire un pèlerinage, pour des motifs personnels bien différents, afin de rencontrer la célèbre Amma (maman en hindi). Cette femme de 62 ans déclare que sa religion est l’amour. Des centaines de personnes viennent la voir pour simplement être étreintes dans ses bras, profiter de son doux sourire, et sentir la consolation en leur cœur. Les deux acteurs en sont bouleversés et repartent comme transfigurés, rassérénés dans leur choix d’aimer.


Ce sont ces mêmes bras qui veulent nous étreindre. Ces bras qui déjà embrassaient le monde lorsque Jésus était sur la Croix. Ce sont les mêmes bras que ceux de la Vierge qui ont porté l’enfant Jésus, qui ont tenu le corps mort de son Fils. Ce sont les bras de nos mères qui nous ont consolés tout au long de notre vie. Ce sont les bras de l’enfant qui, en s’endormant, enserre son nounours.


Corps, âme et esprit

Comme il est curieux de découvrir que notre foi est corporelle ! Dans un autre texte, je vous avais parlé des mains. Aujourd’hui des bras et du cœur. Mais ne pourrions-nous pas parler des pieds qui permettent la mission ? De la bouche qui annonce la Parole de Dieu. Des oreilles qui permettent d’écouter le Fils. De nos yeux qui apprennent à voir l’essentiel. J’arrête ici la liste, mais nous pourrions l’allonger sans difficulté. Toute notre foi, tout notre être spirituel passe aussi par le corps.


Peut-être avons-nous trop scindé notre corps, de notre âme et de notre esprit… Comment prier sans réfléchir ? Comment ne pas laisser vibrer notre âme quand notre corps exulte ? Comment pouvons-nous séparer notre propre humanité en trois unités distinctes de nous-mêmes ? Et même dans nos liturgies occidentales, comment se vivent-elles ? Souvent sans expression corporelle : simplement assis ou debout. Souvent sans intelligence, certains ayant retiré tout sens et symbolisme aux gestes liturgiques, préférant une homélie sirupeuse ou larmoyante plutôt qu’un vrai appel à l’esprit. Souvent sans âme, les paroles tuant la Parole, tuant le silence. Rassurez-vous, ces reproches je me les fais à moi-même !


Le Sacré-Cœur

C’est peut-être là où la dévotion au Sacré-Cœur reprend tout son sens. Cet impressionnant Cœur doré qui semble illuminer toute la mosaïque. Ce n’est pas tant ce muscle qui nous intéresse que ce qu’il signifie. Dans notre culture occidentale, on a depuis plusieurs siècles situé le siège de l’âme et de l’amour dans le cœur. Notons que Thérèse d’Avila pensait aux reins. Mais que ce soient les reins ou les cœurs, Dieu les sonde tous !

  • « Moi, le Seigneur, qui pénètre les cœurs et qui scrute les reins, afin de rendre à chacun selon sa conduite, selon le fruit de ses actes. » (Jérémie 17, 10)

  • « Toutes les Églises reconnaîtront que moi, je suis celui qui scrute les reins et les cœurs, et je donnerai à chacun de vous selon ses œuvres. » (Apocalypse 2, 23)

  • « Scrute-moi, mon Dieu, tu sauras ma pensée, éprouve-moi, tu connaîtras mon coeur. » (Psaume 138, 23)

Ce Cœur enflammé n’y est que pour nous dire que le Christ brûle d’amour pour tous les hommes. Pas un cœur, pas une âme n’est oubliée. C’est de ce Cœur que sont aussi sortis l’eau du baptême et le sang de l’eucharistie.

« Abreuve-toi auprès du Christ, car il est le rocher d’où coulent les eaux ;
Abreuve-toi auprès du Christ, car il est la source de vie ;
Abreuve-toi auprès du Christ, car Il est le fleuve dont le torrent réjouit la cité de Dieu ;
Abreuve-toi auprès du Christ, car Il est la Paix ;
Abreuve-toi auprès du Christ, car des fleuves d’eau vive jaillissent de son sein ! »
Saint Ambroise

Et aujourd’hui, Jésus veut nous partager ce Cœur. Et même, il veut que notre cœur soit le sien. « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé ».


Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.

Pas un instant je ne doute de l’amour que le Christ me porte. Pas un instant je ne doute de sa patience et de sa tendresse à mon égard. Mais cet amour me ferait presque peur… J’ai peur de m’y noyer, de m’y perdre. Il m’est incommensurable. Je le redoute presque… Car, suis-je capable d’un tel amour pour mon Dieu ? Suis-je capable de Lui rendre cet amour ? J’en doute, avec mon poids de péché… Je sais au moins que je voudrais éviter de le faire souffrir. C’est peut-être le seul amour dont je suis capable.


Alors, l’amour pour mes frères ?! Oups… Aimer Jésus, c’est plus facile. Rien ne m’agace en Lui ! Mais mes frères… Quel combat ! Quel combat contre mes agacements, mes fatigues, mes impatiences, mes incompréhensions, bref, nos différences. Quel combat de croire que l’autre est aussi riche que moi, si ce n’est plus, quand je vois surtout ses défauts et ses péchés. Quel combat contre ma propre vision de moi-même me disant que rien n’est aimable en moi. Comment pourrais-je aimer les autres si je ne m’aime pas moi-même ! C’est le double commandement du triple amour, de la triple alliance :

Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? » L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. » (Luc 10, 26-28)

La triple alliance

Permettez-moi un petit dessin :



Si j’aime Dieu, j’aime les autres, car ils sont faits à l’image de Dieu. Et quand on aime les autres, avec leurs qualités et leurs défauts, on s’aime soi-même, car Dieu nous a aussi fait ainsi.


Mais l’autre sens est aussi vrai. Si j’apprends à m’aimer, non de façon narcissique, mais avec mes richesses et mes faiblesses, alors je comprends mieux les autres, je les aime. Et qui aime son frère aime Dieu.


C’est donc un double commandement d’amour pour une triple alliance. Trop souvent, nous oublions la dernière partie : s’aimer soi-même. C’est pourtant en moi que le Christ a fait sa demeure. C’est en Lui que je me réfugie, c’est Lui qui habite au tréfonds de moi-même :

« Tu autem eras interior intimo meo et superior sumno meo (Mais Toi, tu étais plus profond que le tréfonds de moi-même et plus haut que le très-haut de moi-même) » écrira Saint-Augustin dans les Confessions.

Plonger

En fait, écrasé de mes pauvretés, je comprends que c’est en me réfugiant en Lui que je peux sauver l’amour en moi. Plonger en ses plaies, plonger en son Cœur… Ignace de Loyola le pressentait dans sa célèbre prière « Anima Christi » :


Âme du Christ, sanctifie-moi,

Corps du Christ, sauve-moi,

Sang du Christ, enivre-moi,

Eau du côté du Christ, lave-moi,

Passion du Christ, fortifie-moi.

Ô bon Jésus, exauce-moi.

Dans tes blessures, cache-moi.

Ne permets pas que je sois séparé de toi.

De l’ennemi défends-moi.

À ma mort appelle-moi.

Ordonne-moi de venir à toi,

Pour qu’avec tes saints je te loue,

Dans les siècles des siècles, Amen


En plongeant dans le Cœur du Christ, je deviens ce Cœur. Ou plus exactement, son Cœur devient le mien. Alors, je peux aimer comme Lui, alors, je peux vivre son double commandement, son triple apour. Il s’agit pour nous de passer de l’imitation de Jésus-Christ à la substitution, puis à l’identification : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Galates 2, 20).

Ce n’est plus moi qui aime, avec mes difficultés et mes misères, c’est le Christ qui aime en moi, qui aime par moi.



Homélie de saint Cyrille d'Alexandrie (+ 444), Commentaire sur l'évangile de Jean, 9; PG 74, 161-164.

Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres. Mais, demandera-t-on peut-être, comment Jésus peut-il dire que ce commandement est nouveau, lui qui a prescrit aux anciens, par l'intermédiaire de Moïse : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même (Dt 6,5 Mt 22,37) ? <>


Il faut voir ce que Jésus ajoute. Il ne s'est pas contenté de dire: Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Mais pour montrer la nouveauté de cette parole et que son amour a quelque chose de plus fort et de plus remarquable que l'ancienne charité envers le prochain, il ajoute aussitôt : Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. Il faut donc creuser le sens de ces paroles, et rechercher comment le Christ nous a aimés. Alors, en effet, nous pourrons apprécier ce qu'il y a de différent et de nouveau dans le précepte qui nous est donné maintenant. Donc, lui qui était dans la condition de Dieu, il n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu, mais au contraire il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix (Ph 2,6-8). Et saint Paul affirme encore: Lui qui est riche, il s'est fait pauvre (2 Co 8,9).


Voyez-vous la nouveauté de son amour envers nous ? La Loi prescrivait en effet d'aimer son frère comme soi-même. Or notre Seigneur Jésus Christ nous a aimés plus que lui-même, puisque, vivant dans la même condition que Dieu le Père et dans l'égalité avec lui, il ne serait pas descendu jusqu'à notre bassesse, il n'aurait pas subi pour nous une mort physique aussi affreuse, il n'aurait pas subi les gifles, les moqueries et tout ce qu'il a subi, - si je voulais énumérer dans le détail tout ce qu'il a souffert, je n'en finirais pas - et d'abord, il n'aurait pas voulu, étant riche, se faire pauvre, s'il ne nous avait pas aimés plus que lui-même. Une telle mesure d'amour est donc inouïe et nouvelle.


Il nous ordonne d'avoir les mêmes sentiments, de ne faire passer absolument rien avant l'amour de nos frères, ni la gloire ni les richesses. Il ne faut même pas craindre, si c'est nécessaire, d'affronter la mort corporelle pour obtenir le salut du prochain. C'est ce qu'ont fait les bienheureux disciples de notre Sauveur et ceux qui ont suivi leurs traces. Ils ont fait passer le salut des autres avant leur propre vie, ils n'ont refusé aucun labeur. Ils ont accepté de supporter des maux extrêmes pour sauver des âmes qui se perdaient. C'est ainsi que saint Paul dit parfois : Je meurs chaque jour (1 Co 15,31), et aussi : Si quelqu'un faiblit, je partage sa faiblesse; si quelqu'un vient à tomber, cela me brûle (2 Co 11,29).


Le Sauveur nous a ordonné de cultiver la racine de cette piété très parfaite envers Dieu, bien plus grande que l'amour prescrit par la loi ancienne. Il savait que nous n'avons pas d'autre moyen de plaire à Dieu que de suivre la beauté de l'amour, tel qu'il l'a introduit chez nous, et de recevoir ainsi les plus hautes et les plus parfaites bénédictions.


Prière

Dieu qui as envoyé ton Fils pour nous sauver et pour faire de nous tes enfants d'adoption, regarde avec bonté ceux que tu aimes comme un père; puisque nous croyons au Christ, accorde-nous la vraie liberté et la vie éternelle. Par Jésus Christ.


Une prière

Le Père Jacques Sevin, Jésuite et fondateur du Scoutisme catholique en France, écrivit ce chant au Sacré-Cœur comme un commentaire de la Prière scoute :


Cœur de Jésus, notre chef, notre frère,

Apprenez-nous à être généreux

Et dédaigneux d’un labeur mercenaire

A vous servir comme on doit servir Dieu

Cœur de Jésus, notre chef, notre frère

Apprenez-nous à être généreux


Apprenez-nous ce qui fait l’âme grande

La noble horreur de la vulgarité

Quant à l’amour, honte à qui vous marchande

Apprenez-nous à donner sans compter

Apprenez-nous ce qui fait l’âme grande

La noble horreur de la vulgarité.

Apprenez-nous, Maître des heures dures

A travailler sans chercher le repos.

A guerroyer sans souci des blessures

Pour soutenir l’honneur de vos drapeaux

Apprenez-nous, Maître des heures dures

A travailler sans chercher le repos.


Apprenez-nous comment on se dépense.

Comment pour vous on s’use de son mieux.

Sans désirer aucune récompense

Que de savoir qu’on fait ce que Dieu veut

Apprenez-nous comment on se dépense

Comment pour vous on s’use de son mieux.


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