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Ve dimanche du temps ordinaire (A)

L’honnête homme




Psaume 111,

Anonyme,

Psautier d’Utrecht, MS Bibl. Rhenotraiectinae I Nr 32., IXe siècle,

folio 65v, 33 x 25 cm, 108 feuilles en vélin,

Bibliothèque de l’université, Utrecht (Pays-Bas)


Lecture du livre du prophète Isaïe (Is 58, 7-10)

Ainsi parle le Seigneur : Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable. Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi.


PSAUME (Ps 111 (112),.4-5, 6-7, 8a.9)

Lumière des cœurs droits, il s’est levé dans les ténèbres,

homme de justice, de tendresse et de pitié.

L’homme de bien a pitié, il partage ;

il mène ses affaires avec droiture.

Cet homme jamais ne tombera ;

toujours on fera mémoire du juste.

Il ne craint pas l’annonce d’un malheur :

le cœur ferme, il s’appuie sur le Seigneur.

Son cœur est confiant, il ne craint pas.

À pleines mains, il donne au pauvre ;

à jamais se maintiendra sa justice,

sa puissance grandira, et sa gloire !


Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1 Co 2, 1-5)

Frères, quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage ou de la sagesse. Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié. Et c’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant, que je me suis présenté à vous. Mon langage, ma proclamation de l’Évangile, n’avaient rien d’un langage de sagesse qui veut convaincre ; mais c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestaient, pour que votre foi repose, non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 13-16)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »


Le psautier

Le Psautier d’Utrecht est un manuscrit sur vélin réalisé vers 820. Il mesure 33 cm de haut par 25 cm de large et est conservé dans les collections de la bibliothèque universitaire d’Utrecht.


Formée d’une centaine de feuilles assemblées en cahiers de 8 pages, il est écrit en majuscules rustiques et orné de croquis faits à la plume avec une encre bistre.


Dans cet ouvrage, chaque psaume débute par une scène où s’affairent de nombreux personnages. Les images sont facilement identifiables grâce cette façon de rendre le mouvement ou par la manière d’étayer les différents plans par des lignes de sols. L’influence de l’art romain (voir même du style byzantin) est visibles dans les représentations architecturales.


Les dessins n’illustrent pas forcément le psaume en entier mais peuvent décrire un verset en particulier ou ne pas se référer du tout au texte qu’il décorent.


Le Psautier d’Utrecht a sûrement été réalisé à Hautvilliers près de Reims (alors un grand centre de production de manuscrits) pour un commanditaire inconnu même si de nombreux auteurs suggèrent une réalisation pour Louis le Pieux, fils de Charlemagne.


Les livres enluminés comme les peintures murales sont une source primordiale pour la connaissance des arts graphiques et le Psautier d’Utrecht est un bel exemple de dessin de la période carolingienne.


Ce que je vois

Ce psautier est absolument passionnant. De nombreuses études ont été écrites à son sujet, et je ne peux que vous inviter à aller consulter le site de la Bibliothèque d’Utrecht : https://psalter.library.uu.nl/page/1


Tout l'arrière-plan de cette image est occupé par une architecture représentant la demeure d'un homme riche qui « craint le Seigneur » (versets 1 et 3). Au centre, le palais surmonté d'une tête de cerf (« sa corne sera élevée avec honneur », verset 9), et sur les côtés, des bâtiments adjacents. Celui de droite est une chapelle surmontée d'une croix avec des rideaux écartés et une lampe suspendue. Les rayons de la main de Dieu (verset 4) qui sortent du ciel tombent sur l'homme béni assis devant le palais qui, avec sa femme, distribue de la nourriture aux pauvres, aux veuves et aux orphelins (verset 5). Il a un livre de la loi sur ses genoux (verset 1). Dans les bâtiments à gauche se trouvent de petits personnages nus et des hommes armés. Les uns et les autres sont sa « postérité », mais ces derniers sont ceux de sa postérité qui « seront puissants sur la terre » (verset 2). Au centre, un autre homme (ou peut-être le même) distribue ses richesses aux pauvres et aux infirmes. Un assistant verse de l'argent ou des biens de deux grands récipients dans un sac (verset 9). Dans une fosse à gauche se trouve un groupe de méchants et un démon avec un trident (verset 10).


Le texte complet du psaume (traduction liturgique)

01 Alléluia ! Heureux qui craint le Seigneur, qui aime entièrement sa volonté !

02 Sa lignée sera puissante sur la terre ; la race des justes est bénie.

03 Les richesses affluent dans sa maison : à jamais se maintiendra sa justice.

04 Lumière des coeurs droits, il s'est levé dans les ténèbres, homme de justice, de tendresse et de pitié.

05 L'homme de bien a pitié, il partage ; il mène ses affaires avec droiture.

06 Cet homme jamais ne tombera ; toujours on fera mémoire du juste.

07 Il ne craint pas l'annonce d'un malheur : le coeur ferme, il s'appuie sur le Seigneur.

08 Son coeur est confiant, il ne craint pas : il verra ce que valaient ses oppresseurs.

09 A pleines mains, il donne au pauvre ; à jamais se maintiendra sa justice, sa puissance grandira, et sa gloire !

10 L'impie le voit et s'irrite ; il grince des dents et se détruit. L'ambition des impies se perdra.


Craindre le Seigneur

Une nouvelle fois, arrêtons-nous sur le psaume. Et lisons plutôt la version complète, la liturgie en expurgeant les premiers versets, ce qui est dommage, car le ton est donné dès le début : craindre le Seigneur et aimer sa volonté.


Notre appréhension du mot « craindre » est souvent négative, et semble renfermer la notion de peur. Reportons-nous au Dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey qui nous explique que, même si le mot provient d’un verbe latin qui signifie trembler, son sens religieux est un peu différent. Il est alors investi d’une valeur sacrée proche de « respecter humblement ». Celui qui craint le Seigneur n’est pas en premier lieu celui qui tremblerait devant la puissance de Dieu (bien qu’il ne faille pas négliger cette dimension) mais plutôt celui qui, devant la grandeur du Seigneur, le respecte humblement, parce qu’il sait que lui-même vient de l’humus, de la terre. Il est vrai que cette notion de respect humble devant la magnificence de Dieu n’est plus très à la mode. On préfère imaginer un Dieu d’amour, miséricordieux (au point que, comme le chantait Michel Polnareff, on ira tous au Paradis), tellement patient avec nous qu’il nous laisserait une liberté sans commune mesure avec celle de notre monde. Ne risque-t-on pas alors de modeler notre foi en un dieu un peu bisounours, ce qui ne nous obligerait à aucun effort, ne demanderait pas d’exercer ni volonté ni discernement ? Un dieu (et je retire volontairement la majuscule) à qui l’on pourrait même rétorquer : « tu m’as fait comme ça, alors assume ! » Bref, la faute n’est plus la nôtre mais la sienne, au point que j’ai un jour entendu chanter dans une célébration présidée par un évêque ce refrain absolument consternant : « Nous te pardonnons, Seigneur ! » Nous nous sommes faits dieu !


Et c’est bien une dérive dangereuse… Oui, notre Dieu est un Dieu d’amour et de miséricorde. Oui notre Dieu nous laisse libres. Oui, il nous a faits comme nous sommes, si différents les uns des autres, et si différents de ce que nous voudrions être. Mais s’il fait ainsi, c’est parce qu’il a confiance en nous, parce que, comme le dit un autre psaume (Ps 138, 14) : « Je reconnais devant toi le prodige, l'être étonnant que je suis », mais aussi (Ps 8, 5-6) : « Qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui, le fils d'un homme, que tu en prennes souci ? Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur. » Nous ne sommes pas des marionnettes dans les mains de Dieu. Nous sommes des êtres en qui il a aussi mis sa confiance.


Quelle confiance ?

Le psaume de ce jour nous le dit :

  • Que nous aimions entièrement sa volonté,

    • et entièrement ne veut pas dire que nous fassions des choix dans ses volontés : ça je veux bien, comme tenter d’aimer mon prochain. Mais prendre ma croix, pas question !


  • Que nous maintenions la justice,

    • et non pas la simple justice des hommes, même si elle est essentielle, mais surtout la justice de Dieu, celle qui met l’homme au centre de tout, car l’homme de justice est un homme de tendresse et de pitié.


  • Que nous partagions et menions nos affaires avec droiture,

    • Notion de partage souvent restreinte à la simple participation financière. Mais sommes-nous prêts à partager notre culture ? Dans une société où la culture se réduit de jour en jour, oserons-nous écrire, annoncer, publier, étudier, réfléchir ? Si Dieu nous a donné un cerveau ce n’est pas pour en faire de la « sauce blanche » comme disait Serge Reggiani (La java de la bombe atomique) : « À mesure que je deviens vieux, je m'en aperçois mieux, j'ai le cerveau qui flanche. Soyons sérieux, disons le mot, c’est même plus un cerveau, c’est comme de la sauce blanche ! » Sommes-nous prêts à partager notre temps ? Temps d’écoute, temps pour accueillir ? Temps pour comprendre… C’est peut-être notre plus grande richesse, et celle que nous avons le plus de mal à partager ! Et enfin, sommes-nous prêts à partager nos convictions ? Attention, je ne parle pas des convictions toutes faites que nos chaînes d’information diffusent à longueur de journée, je parle de nos convictions les plus profondes. Il n’en reste pas moins que les convictions réelles et réfléchies se font de plus en plus rares. On préfère penser avec la masse…


  • Quant à mener nos affaires avec droiture, c’est la question que chacun doit se poser ! Mais que veut dire « avec droiture » ? D’abord, il n’y a aucune honte à mener ses affaires, à chercher à développer son entreprise, ou son association. Et encore moins à faire du profit et à gagner de l’argent. La question n’est pas là. La question est celle de la droiture, c’est-à-dire de rester dans le bon chemin, celui qui va droit, celui qui évite les petits écarts discrets à gauche ou à droite. Mais pour cela, il faut d’abord bien connaître sa route, et surtout garder les yeux fermement vissés sur l’objectif à atteindre, sans vouloir écraser le passant ou le cycliste qui circule devant moi… C’est ce que l’on appelait autrefois « l’honnête homme ».


  • Et dernier point que je souligne en mettant l’intégralité du verset : « Il ne craint pas l'annonce d'un malheur : le coeur ferme, il s'appuie sur le Seigneur. »

    • N’est-ce pas là la clef ? S’appuyer, avec un coeur ferme et confiant sur le Seigneur. J’ai commencé à lire les derniers entretiens du feu pape Benoît XVI (Dernières conversations avec Peter Seewald, éditions Fayard). Une chose me frappe : malgré toutes les épreuves, les contradictions, les coups bas que dut subir cet homme de Dieu, il est resté ferme, accroché à Dieu, confiant jusqu’au dernier instant. Car il avait, comme il le dit, toujours le Christ devant les yeux. Je vous en lis un extrait :

Le point central de vos réflexions a toujours été la rencontre personnelle avec le Christ. Où en êtes-vous ? Quelle est votre proximité avec Jésus ?
(Il prend une profonde inspiration.) Cela varie évidemment en fonction de la situation, mais dans la liturgie, la prière, les méditations pour le sermon dominical, je Le vois directement devant moi. Il n'en reste pas moins toujours grand et mystérieux. Il y a de nombreuses paroles de l'Évangile dont je ressens la grandeur et le poids avec plus de force qu'autrefois. Cela me fait penser à un épisode du temps où j'étais vicaire. Un jour, Romano Guardini avait été invité chez le pasteur évangélique voisin et il lui a dit : « Quand on vieillit, les choses ne deviennent pas plus légères mais plus lourdes. » Cette phrase avait alors beaucoup ému et touché le pasteur. Il y a du vrai là-dedans. D'une part, on a évidemment plus d'entraînement, si l'on peut dire. La vie a désormais sa forme. Les décisions fondamentales ont été prises. D'autre part, on ressent avec beaucoup plus de force la gravité des questions, et celle de l'impiété actuelle, le poids de l'absence de foi jusque dans les profondeurs de l'Église, mais aussi, en contrepartie, la grandeur des paroles de Jésus-Christ, qui se dérobent plus souvent à l'interprétation qu’auparavant.

Il s’appuie sur le Seigneur

S’appuyer ? Je pense au rêve d’Archimède (même si on ne le trouve dans aucun de ces écrits, il ne nous a été révélé que par Pappus d'Alexandrie) : « Donnez-moi un point d'appui, et avec mon levier, je soulèverai le Monde ». La mission du chrétien n’est-elle pas de soulever le monde, et le soulever jusqu’au ciel ? Ce que fait cet homme, dans le psaume, n’est-ce pas de soulever ses frères jusqu’à Dieu en les servant ? Et par-là même, de s’élever lui-même ? Les chrétiens se doivent d’être des élites, dans le sens étymologique du terme : ceux qui ont été élus, choisis par Dieu (Jn 15, 16 : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. ») pour élever leurs frères, et ce, en toute humilité (2 Co 11, 7 : « Aurais-je commis une faute lorsque, m’abaissant pour vous élever, je vous ai annoncé l’Évangile de Dieu gratuitement ? »)


Dieu nous confie le monde pour que nous le soulevions, avec nos modestes forces, jusqu’à lui (Eph 4, 15) : « Au contraire, en vivant dans la vérité de l’amour, nous grandirons pour nous élever en tout jusqu’à celui qui est la Tête, le Christ. » Ce qui nous manque ? Si nous avons du courage, pas grand-chose hormis un point d’appui et un levier !


Un point d’appui et un levier

Ne cherchons pas là où il n’est pas… comme le rappelle cette prière de saint Augustin : « Tu étais au-dedans de moi et moi j'étais dehors, et c'est là que je T'ai cherché… Tu étais avec moi et je n'étais pas avec Toi. » Ce point d’appui est en nous, en-theos, en Dieu. C’est notre rocher, qui nous suit à tout instant (1 Co 10, 4) : « Tous, ils ont bu la même boisson spirituelle ; car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher, c’était le Christ. » Et ce rocher est inébranlable, solide, tel le diamant de notre vie (ou le chant en annexe). On ne peut rien faire sans le Christ, rien bâtir sans Dieu. Et en plus, on ne peut rien faire si on’y croit pas, s’il nous manque la foi (Mt 17, 20) : « En raison de votre peu de foi. Amen, je vous le dis : si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : “Transporte-toi d’ici jusque là-bas”, et elle se transportera ; rien ne vous sera impossible. »


Le levier, c’est notre foi ! Une foi, elle aussi, inébranlable. Je m’élève contre cette mode qui serait de penser que douter, c’est la foi. Si je doute, je n’ai plus la foi. Si je doute de l’amour que j’aie pour mon épouse, je n’ai plus foi en elle. Trop souvent, nos contemporains ont confondu doute et questionnement. Je ne doute pas que Marie soit vierge, mais je ne comprends pas comment cela s’est fait. Ce n’est pas la même chose. Si nous doutons de tout ce à quoi nous n’avons pas de réponses, nous risquons de sombrer dans la folie. Douteriez-vous que le monde soit en continuelle expansion ? Douteriez-vous que la naissance de la vie est inexplicable et impossible à réaliser ex nihilo en laboratoire ? Douteriez-vous de l’existence de Dieu ? En ce cas, prouvez-moi son inexistence ! Tous ces doutes, ces questions sans réponses, ne sont en fait que des apories, des contradictions insolubles. Mais nous-mêmes, ne sommes-nous pas des apories (1) si nous n’avons pas la foi ? À quoi sert donc notre vie, pourquoi se crever à la tâche, et même, en ce temps de négociations sur les retraites, pourquoi n’aurais-je pas droit à la paresse ? On ne peut avoir une foi solide en Dieu, que si nous avons compris l’homme et sa mission divine.


Combien d’exemples de saints, portés ou non sur les autels, nous montrent que la foi peut déplacer les montagnes ?! Mais comment entretenir ma foi, me direz-vous. Déjà, le mot entretenir vous répond : en la tenant entre les mains, et nous pas en la laissant de côté. Je n’ai jamais retrouvé cette réflexion de Georges Bernanos où il compare l’âme à une feuille blanche qui nous serait donnée à la naissance. Certains la noircisse de leurs expériences, d’autres en font des cocottes en papier, d’autres encore des dessins. Qu’importe, écrit-il. Le drame sont ceux qui la laisse s’empoussiérer dans le tiroir de leur bureau… Tenons notre destin divin entre les mains et écrivons notre vie, notre amour, notre foi sur la page blanche de notre âme ! Et enfin, pourquoi chercher ailleurs, une nouvelle fois, ce qui est à notre portée ? Notre foi tient en douze lignes : le Credo des Apôtres (2) !

  1. Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre.

  2. Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ;

  3. qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie,

  4. a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ;

  5. le troisième jour est ressuscité des morts,

  6. est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,

  7. d’où il viendra juger les vivants et les morts.

  8. Je crois en l’Esprit Saint,

  9. à la sainte Église catholique, à la communion des saints,

  10. à la rémission des péchés,

  11. à la résurrection de la chair,

  12. à la vie éternelle.

Ce n’est pas simplement un texte dogmatique, avant tout, c’est une prière. Mâchons-la cette prière, remâchons-la comme des ruminants et elle délivrera sa substantifique moelle.


Alors…

Alors, le psaume se réalisera !

01 Alléluia ! Heureux qui craint le Seigneur, qui aime entièrement sa volonté !

02 Sa lignée sera puissante sur la terre ; la race des justes est bénie.

03 Les richesses affluent dans sa maison : à jamais se maintiendra sa justice.

04 Lumière des coeurs droits, il s'est levé dans les ténèbres, homme de justice, de tendresse et de pitié.

05 L'homme de bien a pitié, il partage ; il mène ses affaires avec droiture.

06 Cet homme jamais ne tombera ; toujours on fera mémoire du juste.

07 Il ne craint pas l'annonce d'un malheur : le coeur ferme, il s'appuie sur le Seigneur.

08 Son coeur est confiant, il ne craint pas : il verra ce que valaient ses oppresseurs.

09 A pleines mains, il donne au pauvre ; à jamais se maintiendra sa justice, sa puissance grandira, et sa gloire !

10 L'impie le voit et s'irrite ; il grince des dents et se détruit. L'ambition des impies se perdra.

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NOTES

  1. Contradiction insoluble dans un raisonnement : Citons comme exemple d'apories les sophismes du philosophe de la Grèce antique Zénon, qui s'efforçait de démontrer que le mouvement n'existe pas objectivement. Voici quels étaient ses arguments : le rapide Achille ne peut pas rattraper une tortue parce que, tandis qu'il parcourt la distance qui le sépare de la tortue, celle-ci avance et franchit un nouvel intervalle, et ainsi de suite, à l'infini. Étant donné que la distance entre Achille et la tortue peut être divisée en un nombre infini de sections, elle ne sera jamais parcourue par Achille. Autre exemple : une flèche qui vole reste immobile parce que, à tout moment donné, elle se trouve à un point déterminé de l'espace; donc, à chaque instant, elle est au repos. Le mouvement est conçu comme un nombre infini de moments de ce genre. Zénon alléguait d'autres arguments analogues. C'est en considérant à tort le mouvement comme une somme d'immobilités du corps dans l'espace, qu'il en arrive à le nier. (Extrait du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales)

  2. Credo in Deum, Patrem omnipotentem, Creatorem caeli et terrae. Et in Iesum Christum, Filium eius unicum, Dominum nostrum : qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus ex Maria Virgine, passus sub Pontio Pilato, crucifixus, mortuus, et sepultus, descendit ad inferos, tertia die resurrexit a mortuis, ascendit ad caelos, sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis, inde venturus est iudicare vivos et mortuos. Credo in Spiritum Sanctum, sanctam Ecclesiam catholicam, sanctorum communionem, remissionem peccatorum, carnis resurrectionem, vitam aeternam. Amen.

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Tu es mon rocher


Refrain

Tu es mon rocher,

Un abri sûr et solide.

Je veux m'appuyer

Sur toi seul, Jésus, mon guide.

Strophe 1

Dieu est pour moi un refuge,

Mon rocher protecteur,

Mon roc et ma retraite, mon soutien.

Strophe 2

Lui seul est le rocher

Où je peux être sauvé,

C'est de lui que me vient le salut.



Une prière d’Ambroise de Milan

"Dieu créateur de tous les êtres et régent des cieux, qui revêts le jour de lumière éclatante, la nuit des grâces du sommeil pour que le repos nous détende, rende nos membres au travail, soulage nos coeurs fatigués, dénoue nos chagrins anxieux, le chant de notre hymne te rend grâces pour ce jour déjà terminé, te prie au lever de la nuit ; aide-nous à tenir nos voeux. Que le fond des coeurs te célèbre, que la voix qui chante t'acclame, que te chérisse un chaste amour et que l'âme sobre t'adore ! Puissent, lorsque la nuit profonde de sa noirceur clora le jour, la foi ignorer les ténèbres, et la nuit resplendir de foi ! Ne laisse point l'âme dormir ; puisse la faute s'endormir ! la foi, chaste et rafraîchissante, tempérer l'ardeur du sommeil ! Dépouillé des pensées mauvaises, que le fond des coeurs rêve à toi, sans que la ruse de l'Envieux éveille, effarés, ceux qui dorment !"

Ambroise de Milan : Hymnes IV, Cerf 1992, pp. 236-238.



La « prière universelle » de saint Pierre Canisius, :

« Dieu tout-puissant et éternel, Seigneur, Père céleste ! Considère notre détresse, notre misère et notre dénuement avec les yeux de ton infinie miséricorde. Prends pitié de tous les chrétiens, pour qui ton propre Fils, notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, s'est livré volontairement aux mains des pécheurs et a versé son précieux sang sur la Sainte Croix. Par le Seigneur Jésus, détourne, Père très indulgent, les châtiments mérités, les dangers présents et à venir, les révoltes funestes, les préparatifs de guerre, le renchérissement, les maladies, les temps de troubles et de besoin.


Éclaire aussi et renforce dans tout ce qui est bon les maîtres et les souverains spirituels et profanes, afin qu'ils favorisent ce qui peut contribuer à Ton honneur divin, à notre salut, à la paix universelle et à la prospérité de toute la Chrétienté. Accorde-nous, ô Dieu de Paix, une véritable union dans la foi, sans division ni séparation aucune ; convertis nos cœurs à la vraie contrition et à l'amélioration de notre existence; allume en nous le feu de Ton amour; donne-nous la ferveur et la faim de justice afin que nous Te soyons, enfants obéissants dans la vie et dans la mort, agréables et gracieux. Nous prions aussi, comme Tu veux, ô Dieu, que nous priions, pour nos amis et nos ennemis, pour les hommes en bonne santé et pour les malades, pour tous les chrétiens troublés et souffrants, pour les vivants et pour les défunts.


Que de Toi, ô Seigneur, se recommandent tous nos faits et gestes, tous nos agissements, notre vie et notre mort. Laisse-nous jouir ici-bas de Ta grâce et rejoindre dans l'au-delà tous les élus afin que nous puissions, dans une joie et une félicité éternelles, Te louer, T'honorer et Te glorifier ! Accorde-nous cela, ô Seigneur, Père céleste ! Par Jésus-Christ, Ton fils bien-aimé, qui vit et règne avec Toi et avec l'Esprit Saint en Dieu égal dans les siècles des siècles. Amen. »



Traité sur la perfection chrétienne de Grégoire de Nysse

[Paul] nous a révélé ce que signifie le titre de Christ, lorsqu'il nous dit que le Christ est puissance de Dieu et sagesse de Dieu ; en outre, il l'a appelé paix et lumière inaccessible où Dieu habite, sanctification et rédemption, grand prêtre, agneau pascal, pardon pour les âmes, lumière éclatante de la gloire, expression parfaite de la substance, créateur des mondes, nourriture et boisson spirituelle, rocher et eau, fondement de la foi, pierre angulaire, image du Dieu invisible, grand Dieu, tête du corps qui est l'Eglise, premier-né avant toute créature, prémices de ceux qui se sont endormis, premier-né d'entre les morts, premier-né d'une multitude de frères, médiateur entre Dieu et les hommes, Fils unique couronné de gloire et d'honneur, Seigneur de gloire, commencement de ce qui existe, [...] roi de justice et ensuite roi de paix, et roi de tous les hommes, avec une puissance royale sans aucune limite. Il y a encore beaucoup de noms à ajouter à ceux-là, et leur nombre les rend difficiles à compter. Mais si nous rassemblons tous ces noms et si nous rapprochons leurs diverses significations, ils nous montreront tout ce que signifie le nom de Christ, si bien que nous pourrons comprendre toute la grandeur de ce nom inexprimable.

[...] Puisque nous avons reçu communication du plus grand, du plus divin et du premier de tous les noms, au point que nous sommes honorés du titre même de Christ en étant appelés "chrétiens", il est nécessaire que tous les noms qui traduisent ce mot se fassent voir aussi en nous, afin qu'en nous cette appellation ne soit pas mensongère, mais qu'elle reçoive le témoignage de notre vie.

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