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Vendredi, 12e semaine du T.O. — année impaire

Il se mit à rire !



Abraham, Sarah et l’Ange

Jan Provost (Mons, 1462 ou 1465 - Bruges, 1529)

Huile sur panneau, 71 x 58 cm, vers 1520

Musée du Louvre, Paris (France)


Lecture du livre de la Genèse (Gn 17, 1.9-10.15-22)

Lorsque Abraham eut atteint 99 ans, le Seigneur lui apparut et lui dit : « Je suis le Dieu-Puissant ; marche en ma présence et sois parfait. » Dieu dit à Abraham : « Toi, tu observeras mon alliance, toi et ta descendance après toi, de génération en génération. Et voici l’alliance qui sera observée entre moi et vous, c’est-à-dire toi et ta descendance après toi : tous vos enfants mâles seront circoncis. » Dieu dit encore à Abraham : « Saraï, ta femme, tu ne l’appelleras plus du nom de Saraï ; désormais son nom est Sara (c’est-à-dire : Princesse). Je la bénirai : d’elle aussi je te donnerai un fils ; oui, je la bénirai, elle sera à l’origine de nations, d’elle proviendront les rois de plusieurs peuples. » Abraham tomba face contre terre. Il se mit à rire car il se disait : « Un homme de cent ans va-t-il avoir un fils, et Sara va-t-elle enfanter à 90 ans ? » Et il dit à Dieu : « Accorde-moi seulement qu’Ismaël vive sous ton regard ! » Mais Dieu reprit : « Oui, vraiment, ta femme Sara va t’enfanter un fils, tu lui donneras le nom d’Isaac. J’établirai mon alliance avec lui, comme une alliance éternelle avec sa descendance après lui. Au sujet d’Ismaël, je t’ai bien entendu : je le bénis, je le ferai fructifier et se multiplier à l’infini ; il engendrera douze princes, et je ferai de lui une grande nation. Quant à mon alliance, c’est avec Isaac que je l’établirai, avec l’enfant que Sara va te donner l’an prochain à pareille époque. » Lorsque Dieu eut fini de parler avec Abraham, il s’éleva loin de lui.


Méditation

Personnellement, passé l’effroi de rencontrer un ange, je crois que je me serais aussi mis à rire à ses paroles. À 99 ans, je vais avoir un enfant ? Avec ma femme qui est très loin d’être une toute jeune fille à 90 ans ? Non, il ne faut pas se moquer de moi ! Il y a de quoi se marrer !!! À vrai dire, il se tord de rire puisqu’il en tombe face contre terre. Mais enfin, raisonnons-nous. Je veux bien croire que j’aurai une descendance, par Ismaël du moins. Alors, laisse-le à mes côtés et tes paroles se réaliseront.


Mais ce n’est pas du tout le projet de Dieu. Bien sûr, à première vue, ça peut paraître fou mon pauvre Abraham. Mais n’oublie pas le proverbe portugais : « Dieu écrit droit avec des lignes courbes » ! Et il ne va « sacrifier » Ismaël à son projet : Ismaël sera une grande nation (ce n’est pas faux puisque les musulmans le revendiquent comme l’ancêtre de la ligne de Mahomet). Par contre, celui qu’il a choisi, celui qu’il a élu sera cet enfant à venir dont le nom est déjà fixé : Isaac (ce qui se traduit par « elle a ri » en souvenir du rire de Sara).


Ne retenons que deux choses de cet épisode biblique.

  • D’abord, que même si les projets de Dieu nous paraissent fous et plus susceptibles de susciter le rire que l’admiration, Dieu est plus « malin » que nous, comme il le fera comprendre à Job (Jn 38) et ses chemins sont impénétrables (Rm 11, 33) : « Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu ! Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables ! »

  • Et qu’à Dieu, rien d’impossible comme il le dira plus tard à une autre jeune fille qui ne s’attendait pas non plus à avoir d’enfant… Lc 1, 34-37 : « Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. »

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