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Vendredi, 13ème sem. du T. O. — Année Paire

Un temple saint



Ruines d’église avec une figure contemplant une tombe

Thomas Gainsborough (Sudbury, 1727 - Londres, 1788)

Crayon sur papier, 30,3 x 39,4 cm, date inconnue

Yale Center for British Art, New Haven (Connecticut, U.S.A.)


Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens (Ep 2, 19-22)

Frères, vous n'êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes concitoyens des saints, vous êtes membres de la famille de Dieu, car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire, c'est le Christ Jésus lui-même. En lui, toute la construction s'élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous êtes, vous aussi, des éléments d'une même construction pour devenir une demeure de Dieu par l'Esprit Saint .


Méditation



L’image est souvent mise en exergue dans l’Église : nous sommes le Temple de Dieu, les pierres vivantes de l’Église. Et elle est juste puisqu’elle est biblique. Mais elle est parfois présentée de façon réductrice, comme cette photographie des années 80 qui eut un grand succès. Bien sûr, tous les visages des chrétiens laissent entrevoir le visage du Christ. Bien sûr, en chaque chrétien, je devrais voir un reflet du visage de Jésus. Mais la question est : chaque visage en est-il conscient ? Chaque visage a-t-il compris que sa mission est d’être ce reflet, et que chacun a une part à faire pour réaliser cette présence ? Je me rappelle ce que disait Nietzsche : « Et vous, chrétiens, je croirai à votre Dieu ressuscité le jour où vous aurez des gueules de ressuscité ! ».


Oups... Nous pourrions ajouter, en effet, que nous ne sommes pas responsables de la tête que nous avons mais de celle que nous faisons ! Ainsi, ce Temple ne doit pas être mort, figé, poussiéreux. Mais dynamique, souriant, joyeux, mais aussi profond.

Quand vous regardez cette image, c’est un Christ mort qu’on nous propose, non un Christ ressuscité. Quand nous regardons notre Église, ce Temple dont le Christ est la pierre angulaire, qu’El visage montrent-il au monde ? C’est la vraie question. Pas seulement pour le Pape et les évêques, mais pour chacun d’entre-nous : qu’est-ce que je révèle de Jésus ? Est-il aussi la pierre angulaire de ma vie ? Car s’il n’est pas cette pierre angulaire, cette pierre de fondation, rien de ma construction, que ce soit celle de ma vie ou de toute l’Église, rien ne pourra être harmonieux, et encore moins solide.


Si le Christ ne peut faire sa demeure en moi, je ne pourrai jamais refléter son visage. Si le Christ n’est pas la pierre angulaire de toute l’Église, de sa moindre parole, de son moindre acte, elle ne montrera jamais le visage de Jésus. Cette phrase de Paul (Ga 2, 20) devrait être notre devise quotidienne : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi.. »

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