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Vendredi, 13e semaine du T.O. — année impaire

Je veux la miséricorde



L’appel de saint Matthieu

Giovanni Paolo Pannini (Piacenza, 1691 - Rome, 1765)

Huile sur toile, 66 x 43,5 cm, 1752

Musée Poldi Pezzoli, Milan (Italie)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 9, 9-13)

En ce temps-là, Jésus vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de collecteur d’impôt. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »


Méditation

Il y a vraiment des râleurs et des insatisfaits à toutes les époques ! Quoi que vous fassiez, ça ne va pas. D’autant plus que, eux, les bien-pensants, savent ce qu’il faut faire ou dire. Même si c’est contradictoire. Pour exemple : dans une de mes affectations je décide d’aller au monuments aux Morts le 11 novembre avant la messe. Du coup, j’arrive avec quelques minutes de retard. Une « bonne » paroissienne me déclare que ma place est à l’église et pas avec la société civile. Ok ! Le 0! Mai, je me dispense de la cérémonie de commémoration. Le mari de cette « bonne » paroissienne me lance alors : « Vous n’êtes pas capable de rendre hommage aux morts de la dernière guerre ?! Pourquoi ne vous a-t-on pas vu au monument aux Morts ? » Pas facile à gérer !


Jésus s’est trouvé confronté au même genre de bêtise. Il le dira clairement (Lc 7, 31-35) : « À qui donc vais-je comparer les gens de cette génération ? À qui ressemblent-ils ? Ils ressemblent à des gamins assis sur la place, qui s’interpellent en disant : “Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous n’avez pas pleuré.” Jean le Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas de pain, il ne boit pas de vin, et vous dites : “C’est un possédé !” Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et vous dites : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.” Mais, par tous ses enfants, la sagesse de Dieu a été reconnue juste. » Ils sont usants ces donneurs de leçons, ces chevaliers blancs qui regardent toujours la paille, voire le ballot, dans votre oeil sans voir la poutre, voire la charpente, dans le leur !


Avant de vouloir convertir les autres, convertis-toi toi-même ! Commence par balayer devant ta porte avant de prétendre voir la poussière chez les autres ! Et tu te rendras compte, quand tu auras bien nettoyé ta maison et ta devanture, que même si tu vois la poussière chez les autres, tu seras plus indulgent. Et peut-être même que tu les aideras discrètement et sincèrement à nettoyer leurs propres demeures. Ça s’appelle l’humilité. Mais encore l’indulgence. Et en fait… la miséricorde ! C’est-à-dire que tu auras des « entrailles de mère », celle qui connait le péché de son enfant, mais ne s’en offusque pas et cherche plutôt à l’aider à grandir. Alors, de pécheur, tu deviendras juste sans t’en rendre compte. Alors que si tu te crois juste et bien portant, tu n’es qu’aveuglé par ton orgueil et ta santé spirituelle est bien compromise ! Oui, je suis pécheur. Et c’est peut-être une grâce : celle d’être un pécheur pardonné. Car c’est pour moi qu’il est venu, moi, le pauvre, l’estropié, l’humilié, le mauvais, le faible, l’avorton…

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