Vendredi, 14ème sem. du T. O. — Année Paire

Prudents comme des serpents...



Le charmeur de serpents

Henri Rousseau dit le Douanier Rousseau (Laval, 1844 - Paris, 1910)

Huile sur toile, 169 x 189 cm, 1907

Musée d’Orsay, Paris (France)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 10, 16-23)

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes. Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens. Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël quand le Fils de l’homme viendra. »


Méditation

Candide comme des colombes... pas trop difficile, on a si facilement confiance, foi en l’homme, quand on est chrétien. Et du coup, on se fait si facilement abuser, tromper ! C’est pourquoi il nous faut être aussi prudents comme es serpents... On peut se demander quoi mettre derrière ce mot de prudence. Se méfier ? Non. Être continuellement dans la crainte ? Non. Toujours vérifier, contrôler ? Non. En fait, la définition nous est donnée ailleurs dans l’évangile... « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré ; ne jetez pas vos perles aux pourceaux, de peur qu’ils ne les piétinent, puis se retournent pour vous déchirer » (Mt 7, 6). Être prudent, c’est plutôt être réservé, ne pas trop vite se dévoiler, ni s’exposer. Être prudent, c’est accepter (ce qui n’est pas toujours facile pour une âme chrétienne) de comprendre que tous les hommes ne sont pas totalement bons, et que se préserver d’eux, c’est aussi préserver le Christ et notre mission. Être prudent, c’est mesurer avec sagesse les perles que nous distribuons. Non parce que nous serions supérieurs aux autres, mais parce que c’est une simple question de pédagogie que rappelle saint Paul (1 Co 3, 1-3) : « Frères, quand je me suis adressé à vous, je n’ai pas pu vous parler comme à des spirituels, mais comme à des êtres seulement charnels, comme à des petits enfants dans le Christ. C’est du lait que je vous ai donné, et non de la nourriture solide ; vous n’auriez pas pu en manger, et encore maintenant vous ne le pouvez pas, car vous êtes encore des êtres charnels. Puisqu’il y a entre vous des jalousies et des rivalités, n’êtes-vous pas toujours des êtres charnels, et n’avez-vous pas une conduite tout humaine ? »