Vendredi, 17ème semaine du T.O. — Année Paire

Méprisé dans son pays


Jésus rejeté dans la synagogue

William Hole (Salisbury, 1846 - Édimbourg, 1917)

Aquarelle sur papier, 30,3 x 41,3 cm, 1900

Extrait du livre La vie de Jésus-Christ (Eyre & Spottiswoode, 1906)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 13, 54-58)

En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle manière qu’ils étaient frappés d’étonnement et disaient : « D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? N’est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie, et ses frères : Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? Alors, d’où lui vient tout cela ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur dit : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays et dans sa propre maison. » Et il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi.


Méditation

Georges Brassens chantait : « Au village, sans prétention, J'ai mauvaise réputation; Que je me démène ou que je reste coi, Je pass' pour un je-ne-sais-quoi. Je ne fais pourtant de tort à personne, En suivant mon ch'min de petit bonhomme; Mais les brav's gens n'aiment pas que L'on suive une autre route qu'eux... Non, les brav's gens n'aiment pas que L'on suive une autre route qu'eux... Tout le monde médit de moi, Sauf les muets, ça va de soi. » (La mauvaise réputation, 1952). Comme si notre chanteur avait voulu mettre en musique l’évangile de ce jour.


Les braves gens, qui ne sont pas toujours des gens braves, n’aiment pas la différence, n’aiment pas être dérangés dans le petit rythme, la petite vie qu’ils se sont organisée. Au début, ils sont étonnés. Rappelons-nous que l’étonnement est ce qui provoque un coup de tonnerre. Bon, ça va encore. Mais après, en y réfléchissant bien, ce gars vient troubler la vie du village ! Et ils passent de l’étonnement au choc. Mais pourquoi donc, en fait ?


Tout simplement parce que la différence à laquelle ils sont confrontés remet en cause leur statut. Même si celui qui provoque le scandale n’a rien dit ni fait contre eux, ils le prennent comme une attaque personnelle. Une nouvelle fois, c’est l’orgueil qui domine les cœurs, le refus d’entendre la moindre remarque, même positive. Surtout ne jamais être remis en cause, et n’avoir comme contradicteurs que des gens moins intelligents, moins cultivés, moins puissants que moi. Comme ça, pas de soucis !


Pourtant De Gaulle disait que « la force d’un chef est de s’entourer de gens plus compétents que lui »... Ce qui devrait nous choquer, ce n’est pas celui qui volontairement ou non nous remet en cause, mais plutôt que nous puissions être choqués d’être contredits ! Le choc est souvent de découvrir le péché qui a mis une gangue autour de notre propre vie. Au bréviaire, nous chantons : « Remets entre nos mains tendues à te chercher l’Esprit reçu de ta patience : éclaire aussi l’envers du cœur où le péché revêt d’un masque de laideur ta ressemblance »...