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Vendredi, 21e semaine du T.O. — année impaire

Se rejeter soi-même…



Le Jugement dernier (détail)

Rogier Van der Weyden (Tournai, 1400 - Bruxelles, 1464)

Polyptyque, Huile sur bois, 215 x 560 cm, 1446-1452

Hôtel-Dieu, Beaune (France)


Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens (1 Th 4, 1-8)

Frères, vous avez appris de nous comment il faut vous conduire pour plaire à Dieu ; et c’est ainsi que vous vous conduisez déjà. Faites donc de nouveaux progrès, nous vous le demandons, oui, nous vous en prions dans le Seigneur Jésus. Vous savez bien quelles instructions nous vous avons données de la part du Seigneur Jésus. La volonté de Dieu, c’est que vous viviez dans la sainteté, en vous abstenant de la débauche, et en veillant chacun à rester maître de son corps dans un esprit de sainteté et de respect, sans vous laisser entraîner par la convoitise comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu. Dans ce domaine, il ne faut pas agir au détriment de son frère ni lui causer du tort, car de tout cela le Seigneur fait justice, comme nous vous l’avons déjà dit et attesté. En effet, Dieu nous a appelés, non pas pour que nous restions dans l’impureté, mais pour que nous vivions dans la sainteté. Ainsi donc celui qui rejette mes instructions, ce n’est pas un homme qu’il rejette, c’est Dieu lui-même, lui qui vous donne son Esprit Saint.


Méditation

Le polyptyque était installé dans la partie chapelle de la grande salle des malades des Hospices de Beaune. Il était ouvert entièrement les dimanches et fêtes laissant voir aux malades la scène du Jugement Dernier.


Un damné : Ô mon Dieu, ce gouffre qui m’attire avec mes frères et sœurs ! Je m’attendais à y voir des diablotins, mais rien. Seulement des flammes. Et pourtant nous y allons d’un pas décidé même si nos visages expriment l’angoisse et la peur. Serait-ce que ce diable, ce mal, est en nous. Serait-ce lui qui nous y entraîne malgré la volonté de notre âme ? Il faut dire que pendant des années nous avons noyé notre âme sous de fausses vérités, des justifications de nos actes, des pensées tordues et perverties. Comment aurait-elle pu respirer ? Nous nous sommes laissés emporter par notre corps et notre esprit sans écouter notre âme. Elle s’est racornie, pour ne pas dire desséchée…


Un malade : C’est terrifiant de voir tous ces êtres tomber en enfer. Ils s’entraînent d’eux-mêmes comme cette femme qui tire ses cheveux. Ils tombent dans les mains du Diable parce qu’ils ont refusé de se mettre dans les mains de Dieu. Et aujourd’hui, alors que je suis cloué sur mon lit de souffrance, je comprends mieux ce que Jésus disait et que le chapelain vient de rappeler lors de cette messe. Le Paradis nous est promis, et il accessible si nous nous mettons entre les mains de Dieu, si nous faisons sa volonté, si nous l’écoutons. Il nous rappelait que tout était dit dans la prière sacerdotale. Il est même passé au milieu de nous avec un petit dessin pour nous l’expliquer :



Je reconnais ne pas avoir tout compris à son sermon. J’ai même eu un peu « les chocottes » ! En fait, il semblerait que nous soyons à un carrefour : il me faut choisir entre la vie et la mort, entre le monde divin ou le monde du Malin. Et pour rejoindre le Royaume, je dois demander pardon au Seigneur, me confesser. Je dois lui demander de m’épargner les épreuves malignes, les tentations. Car « je résiste à tout sauf à la tentation » (Oscar Wilde) ! Et surtout lui demander de me délivrer du Malin, ce Malin qui vient ronger mon corps (mais même si je souffre, ce n’est que passager). Je crains surtout ce Malin qui pourrait tuer mon âme et m’interdire l’accès aux Cieux, là où le Père m’attend. Car à chaque fois que je résiste à la tentation, je sanctifie le nom de Dieu. Et à chaque fois que je pardonne, et suis pardonné, je fais advenir son Règne. Mais pour cela, je le reconnais, j’ai besoin de force…


Une damnée : C’est cette force que j’ai refusée dans ma vie me croyant assez maligne pour y arriver seule. J’étais bouffie d’orgueil, je m’en rends compte aujourd’hui. Jamais, ou rarement, je n’allais à la messe ou me confesser. Et le diable a subrepticement fait sa demeure en moi sans que je ne m’en rende compte. Et aujourd’hui, bien ancré en mon coeur il me pousse vers son Royaume de ténèbres. Ne fais pas la même erreur que moi…


Le malade : Je t’entends ma pauvre. Et je vais d’abord prier pour toi, pour que ma pauvre et simple prière soit une corde qui t’extrait de l’enfer. Et je retiens la leçon. Au centre de ma vie, de ma prière, de mon union à Dieu, se trouve la volonté de Dieu qui n’est autre que de communier à son divin Corps, à son eucharistie. C’est là où je vais trouver la force. C’est par son Corps reçu que je vais chasser de ma vie le Malin. « En effet, Dieu nous a appelés, non pas pour que nous restions dans l’impureté, mais pour que nous vivions dans la sainteté. Ainsi donc celui qui rejette mes instructions, ce n’est pas un homme qu’il rejette, c’est Dieu lui-même, lui qui vous donne son Esprit Saint. »

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