top of page

Vendredi, 22ème semaine du T.O. — Année Paire

Pas de jugement prématuré



Le jugement de Cambyses

Gérard David (Oudewater, 1460 - Bruges, 1523)

Panneau de gauche, Huile sur bois, 202 x 172,8 cm, 1498

Groeninge Museum, Bruges (Belgique)


Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1 Co 4, 1-5)

Frères, que l’on nous regarde donc comme des auxiliaires du Christ et des intendants des mystères de Dieu. Or, tout ce que l’on demande aux intendants, c’est d’être trouvés dignes de confiance. Pour ma part, je me soucie fort peu d’être soumis à votre jugement, ou à celui d’une autorité humaine ; d’ailleurs, je ne me juge même pas moi-même. Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n’est pas pour cela que je suis juste : celui qui me soumet au jugement, c’est le Seigneur. Ainsi, ne portez pas de jugement prématuré, mais attendez la venue du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et il rendra manifestes les intentions des cœurs. Alors, la louange qui revient à chacun lui sera donnée par Dieu.


Méditation

« Mieulx est de ris que de larmes escripre, pour ce que rire est le propre de l'homme » disait le Gargantua de Rabelais. C’est sûrement vrai, mais il est une autre capacité typiquement humaine, puisque issue de notre raison, le jugement. L’homme est capable de jugement, c’est un don que Dieu nous a fait. Malheureusement, dès le début, l’homme n’a pas su faire preuve d’un jugement juste et adéquat. Au lieu d’un regard critique sur ce qui était bon ou mauvais pour lui, il en a fait une arme pour éliminer ceux (en non ce) qui pourrait lui nuire. De fait, le jugement sur les choses est devenu un jugement sur les autres, alors que l’unique Juge est le Christ, comme le rappellera saint Jacques (Jc 4, 11-12) : « Frères, cessez de dire du mal les uns des autres ; dire du mal de son frère ou juger son frère, c’est dire du mal de la Loi et juger la Loi. Or, si tu juges la Loi, tu ne la pratiques pas, mais tu en es le juge. Un seul est à la fois législateur et juge, celui qui a le pouvoir de sauver et de perdre. Pour qui te prends-tu donc, toi qui juges ton prochain ? » Nous devrions inscrire ce verset sur notre agenda, pour ne pas dire le graver en nos cœurs. Ne pas juger les autres, ni me juger moi-même... Seul le Christ, lorsqu’il viendra dans sa Gloire, pourra exercer ce jugement. Cela ne nous empêche pas d’avoir un esprit critique (et non DE critique) et de vérifier, à l’aune de l’évangile, que nous sommes encore sur le chemin qui mène au Père.


Comme le précise Paul, Dieu nous a aussi fait don de notre conscience. Certains prétendront que les hommes la perdent, ou du moins l’enfouissent sous un mille-feuilles de justifications et de prescriptions. Réveillons chaque soir notre conscience en faisant notre examen de conscience. Personnellement, je relis ma journée au regard de la Loi scoute pour essayer de progresser et de devenir le Chevalier du Christ.

bottom of page