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Vendredi, 34e semaine du T.O. — Année Paire

Je viens faire toutes choses nouvelles



L’ange enchaîne le dragon

Albrecht Dürer (Nuremberg, 1471 - Nuremberg, 1528)

Illustration de l’ « Apocalipsis cu[m] figuris », Nuremburg, 1498,. Typ Inc 2121A, 28,5 x 39,5 cm

Houghton Library, Harvard University, Cambridge (Massachusetts, U.S.A.)


Lecture de l’Apocalypse de saint Jean (Ap 20, 1-4.11 à 21, 2)

Moi, Jean, j’ai vu un ange qui descendait du ciel ; il tenait à la main la clé de l’abîme et une énorme chaîne. Il s’empara du Dragon, le serpent des origines, qui est le Diable, le Satan, et il l’enchaîna pour une durée de mille ans. Il le précipita dans l’abîme, qu’il referma sur lui ; puis il mit les scellés pour que le Dragon n’égare plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans arrivent à leur terme. Après cela, il faut qu’il soit relâché pour un peu de temps. Puis j’ai vu des trônes : à ceux qui vinrent y siéger fut donné le pouvoir de juger. Et j’ai vu les âmes de ceux qui ont été décapités à cause du témoignage pour Jésus, et à cause de la parole de Dieu, eux qui ne se sont pas prosternés devant la Bête et son image, et qui n’ont pas reçu sa marque sur le front ou sur la main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec le Christ pendant mille ans. Puis j’ai vu un grand trône blanc et celui qui siégeait sur ce trône. Devant sa face, le ciel et la terre s’enfuirent : nulle place pour eux ! J’ai vu aussi les morts, les grands et les petits, debout devant le Trône. On ouvrit des livres, puis un autre encore : le livre de la vie. D’après ce qui était écrit dans les livres, les morts furent jugés selon leurs actes. La mer rendit les morts qu’elle retenait ; la Mort et le séjour des morts rendirent aussi ceux qu’ils retenaient, et ils furent jugés, chacun selon ses actes. Puis la Mort et le séjour des morts furent précipités dans l’étang de feu – l’étang de feu, c’est la seconde mort. Et si quelqu’un ne se trouvait pas inscrit dans le livre de la vie, il était précipité dans l’étang de feu. Alors j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés et, de mer, il n’y en a plus. Et la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari.


Méditation

Dans le film controversé de Mel Gibson, La Passion, l’auteur met dans la bouche de Jésus, lors de sa montée au Calvaire ces mots tirés de l’Apocalypse : « Voici que je fais toutes choses nouvelles » (Ap 21, 5) que, malheureusement, la liturgie nous a amputé.


Cette parole est pour moi le résumé de toute l’Apocalypse. Dieu veut et vient faire toutes choses nouvelles de ma vie, il vient me ressusciter, me rendre à ma pureté originelle, me rendre ma blancheur baptismale. Mais, comme dans ce film, il me faut accepter de prendre le chemin du Calvaire, souvent difficile, parfois ingrat, toujours douloureux. Ce chemin est celui des fiançailles au Christ, celui où je me dépouille de moi-même, dans le silence et la confiance (l’hésychasme de la foi orthodoxe), celui où je lui répète en chacun de mes souffles : « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi ». Alors, il m’ouvre le chemin, se montre à mon âme et vient en faire toutes choses nouvelles : sa demeure !

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