Vendredi, 3e semaine du T.O. (Année impaire)

Endurance



La Rédemption

George Desvallières (Paris, 1861 - Paris, 1950)

et Jean Hébert-Stevens (Maisons-Lafitte, 1888 - Paris, 1943)

Vitrail, 230 x 140 cm, 1927

Chapelle de l’Ossuaire, Douaumont (France)


Lecture de la lettre aux Hébreux (He 10, 32-39)

Frères, souvenez-vous de ces premiers jours où vous veniez de recevoir la lumière du Christ : vous avez soutenu alors le dur combat des souffrances, tantôt donnés en spectacle sous les insultes et les brimades, tantôt solidaires de ceux qu’on traitait ainsi. En effet, vous avez montré de la compassion à ceux qui étaient en prison ; vous avez accepté avec joie qu’on vous arrache vos biens, car vous étiez sûrs de posséder un bien encore meilleur, et permanent. Ne perdez pas votre assurance ; grâce à elle, vous serez largement récompensés. Car l’endurance vous est nécessaire pour accomplir la volonté de Dieu et obtenir ainsi la réalisation des promesses. En effet, encore un peu, très peu de temps, et celui qui doit venir arrivera, il ne tardera pas. Celui qui est juste à mes yeux par la foi vivra ; mais s’il abandonne, je ne trouve plus mon bonheur en lui. Or nous ne sommes pas, nous, de ceux qui abandonnent et vont à leur perte, mais de ceux qui ont la foi et sauvegardent leur âme.


Méditation

George Desvallières fut profondément marqué par la Première Guerre Mondiale, à laquelle il participa brillamment, mais aussi pour laquelle il perdit un fils. Dans les tranchées, il dut alors soutenir le dur combat des souffrances avec ses camarades, supportant parfois insultes et brimades, mais restant solidaire de ses frères d’armes. Le peintre sut ensuite transformer cette douleur en un message d’espérance, représentant le Christ souffrant au milieu des soldats, pour leur rendre l'espérance de la paix et d’un monde meilleur.


Le mot « espérance » n’est pas prononcé dans l’épître… En fait, il va prendre un « reflet » terrestre. Pour obtenir cette espérance spirituelle, il faut consentir à passer par son image terrestre : l’endurance ! C’est cette endurance dans nos actes, en nos coeurs, et par notre force de caractère qui nous donnera l’assurance du Royaume, et donc l’espérance. Oh, bien sûr, ce n’est plus une vertu très à la mode. La seule endurance que notre monde promeut est celle de ses biens de consommation. Rarement celle des hommes. Il suffit de voir l’effondrement psychologique de beaucoup en cette période de pandémie. Nous manquons d’endurance parce que nous manquons de force. C’est l’endurance (même si je ne suis pas sportif, je ne pense pas qu’ils me contrediront) qui peu à peu donne la force aux muscles. Alors, entendons le dernier verset de ce jour pour nous rendre courage et détermination : « Celui qui est juste à mes yeux par la foi vivra ; mais s’il abandonne, je ne trouve plus mon bonheur en lui. Or nous ne sommes pas, nous, de ceux qui abandonnent et vont à leur perte, mais de ceux qui ont la foi et sauvegardent leur âme. » Sursum Corda : hauts les coeurs !