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Vendredi, 4e semaine de Pâques

La maison de mon Père -



Les effets du bon gouvernement de la cité,

Ambrogio Lorenzetti (Sienne, 1285 - Sienne, 1348),

Fresque, vers 1338,

Palazzo Pubblico, Sienne (Italie)


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 14, 1-6)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ? Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. Pour aller où je vais, vous savez le chemin. » Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »


Méditation

Que sera donc le Royaume des Cieux ? Une ville à l’image de cette fresque de Sienne ? Une cité où chacun pourra y trouver sa petite demeure, son béguinage ? Je ne sais pas, mais tout ce que je sais, c’est que j’y aurai une place comme Jésus nous l’a attesté.


Chacun de nous essaye d’imaginer ce que pourrait bien être ce lieu qui n’en est pas un (u-topia), ce qui s’y passera (alors que le temps n’existera plus), ce que nous y ferons (alors que Jésus a déjà répondu aux sadducéens : simplement aimer).


Pourtant, si Jésus parle de plusieurs demeures (quel qu’en soit le sens), cela nous laisse entendre que ce ne sera pas « uniforme ». Peut-être plusieurs demeures parce que nous sommes tous tellement différents que nous en sommes uniques.


Je ne donnerai qu’une seule idée, qui est loin d’être théologique je vous préviens ! Il me semble que sur cette terre, les joies que nous vivons sont un reflet, certes pâle, mais un reflet de la joie que nous vivrons en Dieu. Et dans le royaume, ce ne sera plus un reflet mais un état de fait. Ce qui fait que notre joie n’est peut-être pas parfaite sur cette terre, fut-elle jolie comme le disait Jacques Prévert, c’est sûrement qu’elle est entachée de nos manques. Non des manques extérieurs (j’aimerais posséder ceci ou cela), mais des manques intérieurs : ne pas réussir à aimer l’autre tel que nous le voudrions, ne pas nous laisser totalement aimer, buter sur les cailloux du péché, ne jamais arriver à nous satisfaire pleinement, vivre continuellement dans le regret, ou dans la peur, douter de Dieu et de son amour, ou de sa miséricorde... la liste pourrait être longue, et elle nous est bien personnelle.


Maintenant, imaginez que le Royaume sera le comblement de tous nos manques, de toutes nos faiblesses et fera de nous des êtres parfaits parce qu’illuminés par le visage de Dieu. Une éternité de plénitude ! Je repense aussi au diamant qui brille de toutes ses facettes mais que nul ne peut voir toutes briller ensemble. Dieu fera briller à nos yeux la facette qui nous manque : c’est peut-être cela notre demeure personnelle : une fenêtre propre à chacun sur le visage de Dieu que nous n’avons pas réussi à percevoir sur cette terre...

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