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Vendredi après l’Épiphanie

Si tu le veux... -



Jésus guérit un lépreux,

James Tissot (Nantes, 1836 - Chenecey-Buillon, 1902),

Illustration pour « La vie du Christ », Aquarelle et gouache sur papier, 28,6 x 15,7 cm, 1886-1894,

Brooklyn Museum of Art, Brooklyn New-York (U.S.A.).


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 5, 12-16)

Jésus était dans une ville quand survint un homme couvert de lèpre ; voyant Jésus, il tomba face contre terre et le supplia : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main et le toucha en disant : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta. Alors Jésus lui ordonna de ne le dire à personne : « Va plutôt te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit ; ce sera pour tous un témoignage. » De plus en plus, on parlait de Jésus. De grandes foules accouraient pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Mais lui se retirait dans les endroits déserts, et il priait.


Méditation

Comme il est beau, en ce temps d’Épiphanie, de lire les nombreux miracles que Jésus fit pour nous rappeler qu’il continue de les faire en nos vies, que ce n’est pas simplement le récit de choses passées, mais un appel à croire aujourd’hui aux signes du Christ. Cependant, dans cette péricope, j’aime particulièrement la façon dont le lépreux exprime sa demande : si tu le veux, tu peux. D’abord, cet homme croit au pouvoir thaumaturgique de Jésus : tu peux. Il sait au plus profond de son cœur que Jésus peut le guérir. Et il croit d’autant plus que le chemin à parcourir pour le rencontrer ne dut pas être des plus faciles. Les lépreux étaient enfermés dans des lieux confinés (c’est d’actualité) et ne pouvaient se déplacer qu’avec une clochette indiquant leur présence (la distanciation sociale de l’époque ?). Et encore moins aisé quand les membres se réduisent à des moignons enroulés dans du tissus (et voilà le masque !). Bref, quel courage peut donner la foi, même aux plus infirmes. Cependant, malgré les malheurs qui ternissent la vie de cet homme, il ne se croit pas pour autant en droit d’exiger le miracle. Son humilité et sa foi lui font précéder sa demande par ces mots : si tu le veux ! Oui, nous n’avons pas droit au miracle, à une guérison, ou à une grâce particulière au nom de notre situation ou de nos problèmes. Le « si tu le veux » n’est pas une simple marque de déférence envers Jésus. Elle est surtout la parole de foi que nous pourrions traduire en ces mots : « si tu crois que c’est bon pour moi » ou « si c’est le chemin par lequel tu veux me faire passer ». Ce qui veut peut-être dire que si jésus ne veut pas, c’est qu’il m’a réservé, dans sa bienveillance, un autre chemin de sainteté et qu’il me croit capable de le trouver et de le suivre. Rappelons-nous ce qu’il dit à Pierre après la résurrection (Jn 21, 18) : « Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » En tous les cas, c’est toujours pour notre bonheur, le bonheur de la sainteté !

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