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Vigile pascale (A)

Mon âme a soif de Dieu -



La fontaine de vie,

Anonyme,

Évangéliaire de Saint-Médard de Soissons,

Enluminures sur parchemin, 36 x 26, 5 cm, vers 800,

Manuscrit Latin 8850, folio 6 verso,

Bibliothèque nationale de France, Paris (France)


Lecture du livre du prophète Isaïe (Is 55, 1-11)

Ainsi parle le Seigneur : Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent, sans rien payer. Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses, vous vous régalerez de viandes savoureuses ! Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez. Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle : ce sont les bienfaits garantis à David. Lui, j’en ai fait un témoin pour les peuples, pour les peuples, un guide et un chef. Toi, tu appelleras une nation inconnue de toi ; une nation qui ne te connaît pas accourra vers toi, à cause du Seigneur ton Dieu, à cause du Saint d’Israël, car il fait ta splendeur. Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ; invoquez-le tant qu’il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme perfide, ses pensées ! Qu’il revienne vers le Seigneur qui lui montrera sa miséricorde, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins, – oracle du Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission.


Lecture du livre du prophète Ézékiel (Ez 36, 16-17a.18-28)

La parole du Seigneur me fut adressée : « Fils d’homme, lorsque les gens d’Israël habitaient leur pays, ils le rendaient impur par leur conduite et leurs actes. Alors j’ai déversé sur eux ma fureur, à cause du sang qu’ils avaient versé dans le pays, à cause des idoles immondes qui l’avaient rendu impur. Je les ai dispersés parmi les nations, ils ont été disséminés dans les pays étrangers. Selon leur conduite et leurs actes, je les ai jugés. Dans les nations où ils sont allés, ils ont profané mon saint nom, car on disait : ‘C’est le peuple du Seigneur, et ils sont sortis de son pays !’ Mais j’ai voulu épargner mon saint nom, que les gens d’Israël avaient profané dans les nations où ils sont allés. Eh bien ! tu diras à la maison d’Israël : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Ce n’est pas pour vous que je vais agir, maison d’Israël, mais c’est pour mon saint nom que vous avez profané dans les nations où vous êtes allés. Je sanctifierai mon grand nom, profané parmi les nations, mon nom que vous avez profané au milieu d’elles. Alors les nations sauront que Je suis le Seigneur – oracle du Seigneur Dieu – quand par vous je manifesterai ma sainteté à leurs yeux. Je vous prendrai du milieu des nations, je vous rassemblerai de tous les pays, je vous conduirai dans votre terre. Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; de toutes vos souillures, de toutes vos idoles, je vous purifierai. Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon esprit, je ferai que vous marchiez selon mes lois, que vous gardiez mes préceptes et leur soyez fidèles. Vous habiterez le pays que j’ai donné à vos pères : vous, vous serez mon peuple, et moi, je serai votre Dieu.


Psaume 41 (42), 3, 5efgh ; 42 (43), 3, 4

Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant ; quand pourrai-je m’avancer, paraître face à Dieu ?


Je conduisais vers la maison de mon Dieu la multitude en fête, parmi les cris de joie et les actions de grâce.


Envoie ta lumière et ta vérité : qu’elles guident mes pas et me conduisent à ta montagne sainte, jusqu’en ta demeure.


J’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu, vers Dieu qui est toute ma joie ; je te rendrai grâce avec ma harpe, Dieu, mon Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu Mt 28, 1-10

Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre. Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige. Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts. L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : ‘Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.’ Voilà ce que j’avais à vous dire. » Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »


Le manuscrit

L'Évangéliaire de Saint-Médard de Soissons est un manuscrit enluminé contenant les évangiles offert en 827 par Louis le Pieux à l'abbaye Saint-Médard de Soissons. Il est actuellement conservé à la Bibliothèque nationale de France (Lat.8850).


Le manuscrit a sans doute été réalisé à la cour de Charlemagne dans les dernières années du règne de cet empereur. Odilon, moine de l'abbaye Saint-Médard de Soissons et auteur d'une chronique rédigée en 930, raconte que le manuscrit a été donné à son abbaye en 827 par le roi Louis le Pieux et sa femme Judith de Bavière alors que l'abbaye bénéficiait de la translation des reliques de saint Sébastien. Le manuscrit est alors doté d'une reliure luxueuse. Elle est remplacée à la suite d'un vol en 1169 à l'initiative de l'abbé Enguerrand par une nouvelle reliure en argent doré et filigrané et dans laquelle est indiquée l'histoire de la donation. Le manuscrit est encore décrit avec cette couverture en 1663 alors qu'il figure dans le trésor de l'abbaye. Mais elle est sans doute remplacée par la couverture en cuir actuelle au cours du XVIIIe siècle.


Après la fermeture de l'abbaye au cours de la Révolution, le manuscrit est transféré avec deux autres manuscrits vers la bibliothèque nationale où il est encore conservé. Il fait partie des manuscrits présentés dans les salles d'exposition de la bibliothèque à la fin du XIXe siècle.


Ce que je vois

La miniature carolingienne représente la fontaine de la Jérusalem céleste, construction octogonale comme les anciens baptistères, dont les huit colonnes symbolisent la résurrection du Christ. Elle évoque aussi le Saint-Sépulcre dans la basilique de la Résurrection. Au faîte du dôme, la croix en or, autour de la vasque croît la végétation dont parle l'Apocalypse, qui fructifie douze fois par an et dont les feuilles guérissent. Le point important ici est le lien de l'eau vive et les arbres de vie. L'eau vive n'est pas seulement l'eau courante par opposition à l'eau stagnante. Elle est l'eau qui communique la vie. Des animaux apprivoisés convergent vers la source, ou sont perchés sur le bâtiment en hémicycle qui épouse la rotondité de la fontaine. Cerfs et biches, cygne, hérons et cigogne, paons et faisans évoquent le Psaume 42, 41:

Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, Ainsi mon âme te cherche, toi, mon Dieu.

Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant ; Quand pourrai-je m’avancer, paraître face à Dieu ?


L’eau baptismale

Je ne m’arrêterai pas sur l’ensemble des lectures de ce jour : la tâche serait autant fastidieuse qu’ennuyante. Je m’en tiendrai donc aux deux lectures qui font référence à l’eau. Bien sûr, elles ont été choisies par les liturgistes pour évoquer l’eau du baptême. Rappelons qu’aux premiers siècles, le sacrement du baptême n’était dispensé que lors de la Vigile pascale, et uniquement par l’évêque. C’étaient d’abord lui qui avait en charge la catéchèse de catéchumènes durant tout le Carême puis des néophytes après Pâques. Il suffit de lire les nombreuses homélies catéchétiques et mystagogiques des Pères de l’Église, tant occidentale qu’orientale. Cette eau sera d’autant mise en valeur par la longue bénédiction qui retrace sa place dans la longue histoire du Salut, de l’eau qui couvrait la terre dans le récit de la Genèse jusqu’à l’eau qui coula du côté du Christ à la crucifixion.


Mais avant d’être l’eau du baptême, que ce soit celui de Jean le Baptiste ou du baptême ecclésial, elle avait déjà une place essentielle dans le Premier Testament. De fait, toutes les religions s’appuient sur des signes tangibles. Et l’eau est à la fois celle qui abreuve, mais aussi celle qui purifie. Avant d’accéder au sacré, l’homme doit passer par cette étape de purification, et c’est souvent par le geste de l’eau qu’elle s’exprime, tant dans les trois religions monothéismes que dans certains polythéismes. Ainsi, j’ai découvert à l’entrée de plusieurs temples hindous en Inde de surprenantes lignes ondulées gravées sur les marches qui précèdent l’entrée : elles symbolisaient l’eau purificatrice (comme les eaux du Gange). En Égypte, le Pharaon se pliait au bain rituel purificateur dans les eaux du Nil. Quant aux zoroastriens, ils pratiquent une trentaine d’ablution avant de participer au culte. Ainsi, dans l’empire romain, comme en Grèce, elle intervenait pour purifier les humains après un crime, ou une relation sexuelle. Mais elle était aussi un signe de fécondité, que ce soit pour abreuver la terre nourricière ou étancher la soif de l’homme. On a trouvé plusieurs statues de divinité plongées dans les eaux pour leur rendre leur fertilité. Pensez aussi aux nombreuses fontaines miraculeuses, signe qui perdurera dans le christianisme. Enfin, l’eau est souvent à la base des rites d’initiation aux cultes à mystères comme celui d’Eleusis ou de Mithra.


Le baptême reprendra ce signe purificateur, mais en l’élargissant. D’abord parce que Jean va le présenter comme un choix moral plus qu’une purification rituelle et extérieure au coeur de l’homme. Le baptême devient une question de conversion profonde et intérieure du coeur. Et Jésus va y ajouter, de par son propre baptême, l’effusion de l’Esprit. Mais, en plus, à tous ces aspects vivifiants, le baptême va aussi être le passage par les eaux de la mort qui mène à la résurrection. Comme Jésus descendant vers les eaux du torrent du Cédron, avant de remonter vers son Père lors de résurrection à Jérusalem (vous vous souvenez de mon petit dessin !)



Et c’est bien le sens du mot « baptême », βαπτίζειν - baptizein, fréquentatif du verbe βάπτειν baptein (« plonger dans un liquide », « immerger »). Plonger avec Jésus dans les eaux de la mort, nous convertir à sa Parole, pour retrouver le chemin de la vie éternelle.


Mais avant, Intéressons-nous d’abord aux passages concernés des trois textes (Isaïe, Ézékiel et le psaume 41).


L’eau du Premier Testament

De ces textes, je retiendrai trois regards qui éclairent cette solennité de la Résurrection du Christ.

1- Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau !

2- Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; de toutes vos souillures, de toutes vos idoles, je vous purifierai.

3- Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant ; quand pourrai-je m’avancer, paraître face à Dieu ?


Ces trois regards ne sont pas sans rapports avec notre enluminure.


Tous ces animaux s’approchent de la fontaine pour s’abreuver. Regardons-les un peu plus en détail en nous appuyant sur le Bestiaire médiéval de Christian Heck (Citadelles et Mazenod, Paris, 2020)

  • Tout en haut, le paon : symbole de l’immortalité et de la résurrection.

  • À ses côtés, le coq qui rappelle la Passion du Christ et invite à la vigilance.

  • Le coq poursuit la perdrix, symbole de la luxure et du mal.

  • Sur le mur, le héron, qui évoque l’élévation spirituelle du religieux.

  • Sur l’entablement, l’alouette qui, elle aussi, symbolise la notion d’élévation spirituelle pour le laïc.

  • En-dessous, en bleu, l’alcyon (animal plus ou moins mythique) qui représente la fidélité conjugale.

  • À ses côtés, la colombe, symbole de la paix, de l’innocence et de l’Esprit.

  • Près de la fontaine, le cerf, signe de l’animal (comme le rappelle le psaume) qui aspire à trouver Dieu (force d’âme). En face de lui, la biche, allégorie de la prudence. Notez que les quatre quadrupèdes portent autour du cou une cloche, non comme les vaches de nos hauts pâturages, mais pour nous rappeler aux quatre vertus cardinales : Prudence, Tempérance, Force d'âme, Justice.

  • À droite, le cygne qui évoque la pureté de l’amour.

  • En face de lui, la grue, dont la principale valeur attachée à cet oiseau est la vigilance.

  • Quant aux deux derniers animaux, j’ai eu plus de mal à les identifier… il me semble que c’est un couple qui se fait face : à droite le chevreuil et en face la femelle appelée la chèvre qui doivent représenter la tempérance et la justice (cela mériterait une plus longue recherche…)

Tous ces animaux se tournent vers le fontaine, car ils ont soif. Une fontaine hexagonale, comme nos baptistères antiques. Agrémentée de huit colonnes, comme le huitième jour, signe de la résurrection. Une fontaine surmontée de la croix, qui n’est plus ici celle de la souffrance, mais une croix glorieuse et dorée. Cette croix perce les cieux (représentés par les bandes de couleur : les cieux empyrée, ou onzième ciel, séjour des bienheureux) pour aller rejoindre le Royaume. Et en son centre, on y distingue le Christ ressuscité.



L’eau n’est pas stagnante, comme on pourrait le croire. L’image est un peu abimée, mais on distingue la fontaine jaillissante d’où sourdent les eaux :



Pourquoi ?

Pourquoi cette image et cette réflexion sur l’eau en cette nuit de Pâques ? Pas uniquement pour nous rappeler les eaux du baptême dispensé en cette nuit. Ici, nous sommes tous baptisés, et ce n’est pas un sacrement réitérable. Bien que… S’il n’est pas réitérable, on peut malgré tout le renouveler, c’est-à-dire lui rendre sa nouveauté !

La résurrection du Christ nous concerne spirituellement, bien sûr. Mais pas encore physiquement. Cela est réservé aux fins dernières. Mais aujourd’hui, si la résurrection nous concerne spirituellement, c’est pour renouveler notre baptême. La preuve en est que le rituel nous invite tous à ce renouvellement, d’abord par l’aspersion de l’eau :

Frères et soeurs bien-aimés, supplions humblement Dieu notre Seigneur de bénir cette eau qu'il a créée ; nous allons en être aspergés en souvenir de notre baptême ; que Dieu lui-même nous renouvelle afin que nous demeurions fidèles à l'Esprit que nous avons reçu. (…) Que cette eau, maintenant, nous rappelle notre baptême, et nous fasse participer à la joie de nos fières et soeurs, les baptisés de Pâques.

Puis, avant de renoncer au mal et dire notre foi :

Frères et soeurs bien aimés, par le mystère pascal, nous avons été mis au tombeau avec le Christ dans le baptême, afin que nous menions avec lui une vie nouvelle. C'est pourquoi, après avoir terminé l'entraînement du Carême, renouvelons les promesses faites au moment de notre baptême, quand nous avons renoncé à Satan et à ses œuvres, et promis de servir Dieu dans la sainte Église catholique.


Renouvellement

« Afin que nous menions avec lui une vie nouvelle » : c’est bien le sens de la résurrection à laquelle nous sommes invités ce soir. Non pas réitérer notre baptême, dans le sens de « refaire » le sacrement, mais dans le sens étymologique… Réitérer : reprendre le chemin (Emprunté au latin reiterare « renouveler, répéter », dérivé de iterare, prendre un chemin - iter). Reprendre un chemin renouvelé de notre baptême, de notre condition de filles et de fils de Dieu.


Et pour prendre ce chemin, le renouveler, il faut aussi, et même en premier lieu, abreuver notre âme. Une des sept dernières paroles du Christ sur la Croix était « Sitio » (« J’ai soif ! », Jn 19, 28). Avons-nous soif ? Notre âme a-t-elle soif (« Mon âme a soif de Dieu ») ? Voulons-nous nous approcher de la fontaine, source de vie ? Répondrons-nous à l’appel : « Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! » Voulons-nous retrouver notre pureté baptismale, comme Naaman sorti des eaux (2 R 5, 14) : « Il descendit jusqu’au Jourdain et s’y plongea sept fois, pour obéir à la parole de l’homme de Dieu ; alors sa chair redevint semblable à celle d’un petit enfant : il était purifié ! » Voulons-nous laisser sonner les cloches qui nous rappellent de vivre quotidiennement les vertus cardinales ? Bref, voulons-nous ressusciter ? C’est la question qui nous est posée ce soir avant d’être aspergé de l’eau baptismale. C’est la même affirmation que Jésus dit à la Samaritaine (Jn 4, 14) : « Celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »



Jésus, source d'Eau vive

Seigneur Jésus, toi qui as accompagné ta mère pour aller puiser l'eau à la fontaine du village, Tu connais la valeur de l'eau. Tu sais combien elle est précieuse. Combien elle est donneuse de vie. Donne à boire aux pauvres de la terre. Soulage les femmes et les enfants qui se rendent chaque jour au point d'eau. Toi, la Source d'Eau vive donne-moi le respect de l'eau. Donne-moi la soif de ta Parole. Fais que je sois moi-même source d'eau pour les autres. Amen !


Viens, Esprit Saint…

Comme un arbre planté près de l’Eau Vive, viens, Esprit Saint, viens m’apprendre à me taire, à faire du silence une prière, à laisser pousser les racines de mon cœur, à devenir un arbre qui porte des fruits pour tous les hommes qui ont faim et soif d’amour.


Viens, Esprit Saint, donne-moi la force de pouvoir encore m’arrêter, pour écouter le murmure de la Parole de Vie, loin de la drogue du bruit, de la valse des mots ; fais de moi un arbre solidement planté, près d’un cours d’eau et qui porte fruit.


Viens, Esprit Saint, enracine-moi dans l’Amour du Dieu vivant, afin qu’à chacune de mes saisons et jusqu’au soir de ma vie, je reste fécond et florissant.


Viens, Esprit Saint, quand surgissent épreuves et tempêtes, quand se lève le vent du désert ou du malheur, quand surgit la sécheresse du doute et que triomphe le ricanement des rieurs, enracine mon amour aux sources de la foi et rien ne me déracinera.


Viens Esprit Saint, apprends-moi à prier, à prendre racine en profondeur, à rejoindre les nappes souterraines de mon cœur, à écouter Ta chanson secrète qui me poursuit afin que je sache accueillir ton Amour qui gardera vert le feuillage de ma vie.


Viens, Esprit Saint, donne-moi le courage de creuser au-delà des couches d’argile, de dépasser en moi bien des zones stériles, de contourner patiemment les cailloux et les pierres, car la solidité d’un arbre s’enracine dans l’épaisseur de la terre.


Viens, Esprit Saint, fais de moi un arbre solide et de plein vent, un arbre dont la sève jaillit des racines du cœur ; les hommes ont tellement besoin d’arbres vivants et de leur paix et de leur fraîcheur !


Viens, Esprit Saint, fortifie en moi l’homme intérieur, que, par la foi, le Christ habite en mon cœur, enracine-moi en Dieu, jour après jour, afin que les fruits de ma vie aient le goût de Son Amour ! Amen.


Michel Hubaut


Seigneur, toi qui est source d’eau vive

Seigneur, toi qui es source d’eau vive, fais que nous témoignions de ton unité tant par nos paroles que par notre vie. Aide-nous à comprendre que le puits ne nous appartient pas et donne-nous la sagesse de reconnaître réciproquement chez l’autre cette même grâce. Transforme nos cœurs et nos vies afin que nous soyons d’authentiques porteurs de la Bonne Nouvelle. Fais que notre rencontre avec notre prochain soit toujours une rencontre avec toi. Nous te le demandons au nom de ton Fils Jésus Christ, dans l’unité du Saint-Esprit.


Sulpice Sévère

Jésus-Christ ne vient pas détruire, mais éclairer le jour du sabbat : «Je ne suis pas venu détruire la loi, a-t-il dit, mais l’accomplir ». Dieu éclaire ce jour pour lui donner la splendeur qui convient au jour du Seigneur, et le faire briller dans toute l'Eglise, alors que dans la synagogue il était couvert des ténèbres que les Juifs répandaient autour de lui. - Suite. « Marie Magdeleine vint », etc. La femme accourt le soir pour obtenir son pardon, elle qui avait couru le matin vers le crime; elle avait puisé dans le paradis l'esprit d'incrédulité, elle se hâte de venir puiser la foi au sépulcre du Sauveur, elle s'efforce d'arracher la vie du sein même de la mort, après qu'elle avait trouvé la mort au sein même de la vie. Or, l'Évangéliste ne dit point: Elles vinrent, mais : « Elle vint ». Sous le même nom, elles viennent deux, non par hasard, mais par une raison mystérieuse. Marie Magdeleine vient elle-même, mais elle vient toute autre, un bienheureux changement s'est opéré en elle, non pas dans son nom, mais dans sa vie, non pas dans son sexe, mais dans les dispositions de son âme. Ces femmes, appelées toutes deux Marie, précèdent les Apôtres, et portent pour ainsi dire le symbole des Églises au tombeau du Seigneur. Marie est le nom de la mère de Jésus-Christ, ce même nom est porté simultanément par deux femmes comme figure de l'unité de l'Église qui est composée de deux peuples, c'est-à-dire des Gentils et des Juifs. Or, Marie vint au sépulcre comme au sein qui devait enfanter la résurrection, d'où Jésus-Christ devait naître de nouveau à la foi, comme il était né du sein de sa mère à cette vie mortelle; de manière que le sépulcre fermé rendit à la vie éternelle celui que le chaste sein d'une vierge avait enfanté à la vie présente. C'est une preuve éclatante de sa divinité d'avoir laissé intacte et ferme le sein de la Vierge qui lui avait donné le jour, comme aussi d'être sorti avec son corps de ce tombeau qu'il laisse également fermé.


Saint Augustin

L'homme qui apparaissait aux regards endurait toutes les souffrances qui étaient réglées par le Dieu qui demeurait caché. « Après cela, Jésus sachant que toutes choses étaient accomplies, afin que l’Ecriture », c'est-à-dire cette prédiction de l’Ecriture : « Et dans ma soif, ils m'ont abreuvé de vinaigre » (Ps 69,22), reçût aussi son accomplissement, il dit : « J'ai soif ». Il semble dire par là aux Juifs : Vous avez oublié ce dernier trait, donnez-moi ce que vous êtes. Les Juifs étaient en effet un vinaigre dégénéré du vin des patriarches et des prophètes. Or, il y avait là un vase plein de vinaigre, c'est-à-dire que les Juifs, dont le coeur, semblable à une éponge, renfermait mille cavités tortueuses comme autant de repaires de malice, puisèrent à plein vase et remplirent leur coeur de l'iniquité du monde : « Les soldats remplirent une éponge de vinaigre, et, l'environnant d'hysope, la lui présentèrent à la bouche ».


JÉSUS-CHRIST LE PORTEUR D'EAU VIVE - Une réflexion chrétienne sur le “Nouvel Âge” du CONSEIL PONTIFICAL DE LA CULTURE

L'unique fondement de l'Église est Jésus-Christ, son Seigneur. Il est au centre de tout acte et de tout message chrétien. L'Église se tourne constamment vers son Seigneur. Les Évangiles relatent de nombreuses rencontres avec Jésus depuis celle des pasteurs de Bethléem jusqu'à celle des deux larrons crucifiés avec lui, mais aussi celle des anciens sages qui l'écoutèrent parler au Temple et celle des disciples marchant dans l'affliction vers Emmaüs. Toutefois, un épisode qui indique avec une clarté particulière ce qu'Il nous offre est celui de sa rencontre avec la Samaritaine, près du puits de Jacob, rapportée au quatrième chapitre de l'Évangile de Jean. Cette rencontre a même été décrite comme « le paradigme de notre engagement pour la vérité ». L'expérience de la rencontre de l'étranger nous offrant l'eau vive nous indique le chemin que les chrétiens peuvent et doivent parcourir dans le dialogue avec tous ceux qui ne connaissent pas Jésus.


Un élément attachant du récit que nous fait Jean (Jn 4) de cette rencontre est que cette femme met un certain temps à comprendre ce que Jésus veut dire par l'eau « de vie » ou eau « vive » (verset 11). Malgré cela, elle est fascinée par cet étranger et par son message, et reste là, à l'écouter. Après le choc initial où elle réalise tout ce que Jésus sait d'elle (« Tu as bien fait de dire : 'je n'ai pas de mari'; car tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari ; en cela tu dis vrai », versets 17 et 18), elle demeure cependant disponible à recevoir sa parole : « Seigneur, je vois que tu es un prophète » (verset 19). Le dialogue sur l'adoration de Dieu peut alors commencer : « Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs » (verset 22). Touchant son coeur Jésus l'a préparée à accueillir ce qu'Il devait annoncer sur lui-même comme Messie : « C'est moi, celui qui te parle » (verset 26). Il l'a préparée ainsi à ouvrir son coeur à la vraie adoration en Esprit et à l'auto-révélation de Jésus comme Consacré de Dieu.


La femme « laissa là sa cruche, courut à la ville et dit aux gens » tout ce qu'elle savait de cet homme (verset 28). L'effet extraordinaire qu'avait eu sur cette femme sa rencontre avec l'étranger les intrigua à tel point qu'eux aussi « allèrent vers lui » (verset 30). Ils reconnurent vite l'authenticité de son identité : « Ce n'est plus sur tes dires que nous croyons; nous l'avons nous-mêmes entendu et nous savons que c'est vraiment lui le sauveur du monde » (verset 42). Ils étaient passés d'une connaissance de Jésus par ouï-dire à une connaissance personnelle, puis à la reconnaissance de la signification universelle de son identité. Tout cela parce que leur esprit et leur cœur avaient été bien disposés.


Le fait que cette rencontre se soit déroulée près d'un puits est significatif. Jésus offre à la femme « une source... jaillissante en vie éternelle » (verset 14). La douceur avec laquelle Jésus traite cette femme est un modèle d'efficacité pastorale, quand on cherche à aider les autres à être sincères sans difficulté, dans le douloureux processus d'auto-revision. (« Il m'a dit tout ce que j'ai fait »: verset 39). Une telle approche pourrait donner une moisson abondante chez ceux qui sont attirés par le porteur d'eau (le Verseau) tout en étant sincèrement à la recherche de la vérité. Il faudrait les inviter à écouter Jésus, qui ne nous offre pas seulement l'eau qui étanche notre soif aujourd'hui, mais aussi les profondeurs spirituelles de « l'eau vive ». Il est important de reconnaître la sincérité des personnes qui sont à la recherche de la vérité. Il ne s'agit pas de tromperie ou d'aveuglement. Il faut aussi être patient, comme le savent bien tous les bons éducateurs. Une personne qui rencontre la vérité est soudain remplie d'une nouvelle énergie, d'un sentiment entièrement nouveau de libération, notamment des fautes et des peurs du passé, et « celui qui s'efforce de mieux se connaître, comme la femme près du puits, transmettra aux autres le désir de connaître cette vérité qui les rendra, eux aussi, libres ».


L'invitation à rencontrer Jésus-Christ, le porteur de l'eau vive, aura plus de poids si elle vient de quelqu'un qui, à l'évidence, a été profondément touché par sa rencontre de Jésus, quelqu'un qui n'a pas seulement entendu parler de lui, mais qui est convaincu « que c'est vraiment lui le sauveur du monde » (verset 42). Il ne reste plus alors qu'à permettre aux hommes de réagir à leur façon, à leur propre rythme, et laisser Dieu faire le reste.

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