XXIIème Dimanche du temps ordinaire (A)

Compassion...



Compassion !

William Bouguereau (La Rochelle, 1825 — La Rochelle, 1905)

Huile sur toile, 260 x 120 cm, 1897

Musée d’Orsay, Paris (France)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu Mt 16, 21-27

En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »


L’artiste

Peintre français. En 1846, il s’inscrit à l’École des Beaux-Arts de Paris, dans l’atelier de François-Edouard Picot. Ce fut le début de la formation académique standard dont il est devenu un défenseur si ardent plus tard dans sa vie. Il a remporté le Prix de Rome en 1850 pour Zenobia découverte par les bergers sur la rive de la rivière Araxes (1850 - Paris, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts) et a passé quatre ans en Italie. Il peint des nus de type Renaissance, des sujets religieux assez compliqués et des portraits proches de la réalité photographique. Cela explique sans doute pourquoi Renoir, s’étant équipé de nouvelles lunettes pour corriger sa myopie, les jeta par terre, en criant : « Bon Dieu, je vois comme Bouguereau ! »

À son retour en France, il expose le Triomphe du martyr (1853 - musée de Lunéville) au Salon de 1854. Sa finition élevée, sa couleur sobre et ses poses classiques devaient être des caractéristiques constantes de sa peinture par la suite.

Sa réputation a sombré après sa mort et pendant de nombreuses années son travail a été considéré comme irrémédiablement vide et vulgaire. Cependant, il a récemment été redécouvert et réhabilité, son travail devenant le sujet d’études sérieuses. Les œuvres encore détenues par des personnes privées atteignent des sommes importantes en ventes publiques.


L’œuvre

Commentaire du Musée d’Orsay

Compassion ! est un tableau dont Bouguereau était très fier. Il le présente d'ailleurs à deux reprises, au Salon des Artistes français de 1897, d'abord, puis à l'Exposition universelle de 1900.

Détachée de toute commande et destinée au Salon, l'oeuvre témoigne de la maîtrise absolue de Bouguereau. Tout, dans ce chef-d'oeuvre (au sens quasi artisanal du terme), trahit la foi dans les valeurs académiques : choix du sujet conforme à la hiérarchie des genres (selon laquelle la peinture d'histoire et religieuse est placée au premier rang), format monumental qui magnifie la scène, perfection du dessin et du métier.

Le tableau est bien davantage qu'un énième Christ en croix. En effet, Bouguereau l'a intitulé Compassion !, pour souligner la dimension tragique de cet épisode qui ne se réfère directement à aucun passage des Evangiles. Le dramatisme de l'oeuvre permet de revivifier un sujet séculaire, sans tomber dans la souffrance exacerbée d'un Nikolaï Gay (Le calvaire, Paris, musée d'Orsay).

Il n'est pas interdit, enfin, de voir dans ce tableau le reflet d'une obsession douloureuse de la mort. Rappelons en effet que Bouguereau a été durement frappé par le deuil : il a dû enterrer trois enfants (il en perdra un quatrième en 1900) et son épouse Nelly.


Ce que je vois

Le tableau est déjà étonnant de par sa dimension tout en hauteur, qui donne l’impression de voir les personnages en grandeur nature. On est aussi marqué par le contraste entre le ciel noirci par des nuages orageux et le corps blanc du Christ. Il faut un moment pour comprendre l’enchevêtrement des corps et des croix.

Et c’est d’abord le corps de Jésus qui attire le regard.Sur une croix massive, coincé par deux pieux, surmontée du titulus écrit en hébreu, en grec et en latin, le corps de Jésus, mort, s’affaisse. De son côté droit coule un filet de sang qui vient maculer le perizonium blanc. Des autres plaies aux mains et aux pieds, le sang est plus ténu. Jésus est mort. La tête ceinte de la couronne d’épines, il penche la tête à gauche. On distingue à peine les traits de son visage, marqué par la souffrance. Sa tête semble presque reposer sur la seconde croix.

Qui est donc cet homme ? Symon de Cyrène, Nicodème ? Il semble que cet homme nous symbolise, comme le titre de l’œuvre le laisse entendre. Les yeux fermés, cet homme barbu d’âge mûr, porte, tel saint Jean à la dernière Cène, pose sa tête sur le côté du Christ. Sa main gauche tient cette croix qui repose sur son épaule, alors que la main droite embrasse le Christ à la taille. Sa tunique courte est serrée par une ceinture rouge.


Illustration

Car c’est bien nous, ou plutôt, ce devrait être nous, cet homme qui soutient, enserre et embrasse le Christ. Comme le dit l’évangile, il a renoncé à tout, il a pris sa croix et il a suivi le Christ, jusqu’au Calvaire. Ce n’est peut-être pas ce qu’il avait prévu, mais c’est ainsi. Jésus avait prévenu Pierre après la résurrection (Jn 21, 18) :

Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller.

De fait, qui a véritablement envie d’aller là où l’on ne veut pas aller ?! Mais il a accepté. Accepter de porter sa croix. Mais qui n’en a pas ? On peut bien essayer de la cacher aux yeux des autres, et même à nos propres yeux, il est un moment où son poids se fait trop lourd, où l’on est bien obligé de la porter, de la prendre à bras-le-corps. Personne n’y échappe. Et personne ne peut s’en séparer. Elle nous a été donnée. Pourtant, lorsque l’on regarde ce tableau, même si elle est aussi en bois massif, elle n’a pas l’air si lourde. Notre homme peut même libérer une de ses mains pour étreindre Jésus. Ou alors, est-ce parce qu’il étreint le Christ que La Croix s’allège ? (Mt 11, 28-30) :

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Les pensées du Diable seraient de refuser cette croix, de se dire que l’on n’est pas capable de la porter, qu’elle n’est pas faite pour nous. Voire de croire que nous avons droit à un bonheur sans faille, sans difficultés, sans croix.

Eh bien non, semble dire Jésus. Le bonheur, c’est de prendre sa croix, de la porter et de me suivre, quel que soit le chemin qu’il nous fait prendre. Ça, c’est le sens des choses de Dieu. Ce sens que le livre de la Sagesse nous rappelle (Sg 2, 21-22) :

C’est ainsi que raisonnent ces gens-là, mais ils s’égarent ; leur méchanceté les a rendus aveugles. Ils ne connaissent pas les secrets de Dieu, ils n’espèrent pas que la sainteté puisse être récompensée, ils n’estiment pas qu’une âme irréprochable puisse être glorifiée.

Seul celui qui a l’esprit de Dieu peut nous permettre, si ce n’est de comprendre le plan de Dieu, au moins de nous y soumettre, de nous y abandonner. Car, nous ne sommes pas les esclaves de Dieu, nous sommes les amis du Christ (Jn 15, 15) :

Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.

Seul un ami peut accepter de suivre son frère jusqu’au bout. Suis-je l’ami du Christ ? That is the Question !


Ami du Christ

L’évangile semble nous dire que pour être ami du Christ, il faille se renoncer soi-même. Qu’est-ce à dire ? Le terme utilisé est même très fort : se renier. Jésus veut-il que nous disparaissions à nos propres yeux ? Je ne crois pas. Mais au moins que nous détournions le regard de nous-mêmes, que nous arrêtions d’être obsédés par notre petite personne. Renoncer à soi-même, c’est renoncer à se mettre au premier plan. Se renier, c’est croire que les autres ont plus d’importance que moi. C’est non se prendre pour le premier, ni non plus se croire secondaire, c’est accepter d’être le second. En fait, contredire la célèbre maxime de César rapportée par Plutarque :

J'aimerais mieux être le premier dans ce village que le second à Rome.

Être le second n’est pas secondaire ! Être le second, c’est laisser passer devant les autres, et surtout le tout Autre. Être ami de Jésus, c’est le laisser prendre la première place. N’est-ce pas déjà lui qui prend la première place sur le chemin de Croix, lui le Premier-né d’entre les morts (Col 1, 18) ? En fait, être ami de Jésus, c’est venir à sa suite. Ce que saint François d’Assise appellera la Sequela Christi. Saint Augustin l’exprime déjà :

« Que veut dire ‘suivre’ si ce n’est ‘imiter’ le Christ ? »

Mais être ami du Christ veut-il dire l’imiter ?


Identification

Je ne crois pas. Et il me semble que c’est l’erreur de la dévotion moderne (la Devotio Moderna du Moyen-âge , dont l’Imitation de Jésus-Christ est le livre emblématique). Comment pourrais-je, pauvre humain que je suis, imiter le Fils de Dieu ? Alors, si je ne peux l’imiter, peut-être puis-je m’identifier à lu, ou plus exactement me vider de moi-même pour lui laisser toute la place ? N’est-ce pas cela se renier, renoncer à soi-même. N’est-ce pas cela que lui-même, Jésus, a fait, comme le rappelle l’épître aux Philippiens (Ph 2, 5-11) :

Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.

Devenir ami du Christ, ce n’est pas l’imiter mais avoir les mêmes dispositions :

  • Ne pas s’accrocher à notre rang (les premiers seront les derniers...),

  • Prendre la condition de serviteurs (ne l’avait-il pas dit lors du lavement des pieds ?),

  • S’abaisser (qui s’abaisse sera élevé...),

  • Obéir à Dieu (c’est-à-dire l’écouter : Écoute, Israël...),

  • Et ce... jusqu’à La Croix !

Voilà le chemin pour devenir ami du Christ, pour embrasser le Christ et sa Croix, pour porter la nôtre, comme sur le tableau de Bouguereau.


Sauver son âme

Car, dit l’évangile, il s’agit de sauver son âme... Voilà une expression qui n’a plus court, pour ne pas dire bonne presse. Aux yeux de beaucoup de nos contemporains, elle a un goût de suranné. Et même, dans nos églises, entend-on encore parler du salut de notre âme ? On parle de solidarité, d’actes, d’agir chrétien, mais de notre âme. Bien sûr, nos actes nous sauveront pour une bonne part, comme le dira saint Jacques (2, 17-18) :

Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. En revanche, on va dire : « Toi, tu as la foi ; moi, j’ai les œuvres. Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ; moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi.

C’est vrai, une foi qui ne se vit pas en actes est belle et bien morte. Mais des actes qui ne se vivraient pas dans la foi sont aussi comme airain qui raisonne ! Nous devons sauver l’âme de nos frères mais sans oublier la nôtre ! J’aime cette devise espagnole que Bernanos avait choisi pour lui :

Perdre sa vie pour sauver son honneur, perdre son honneur pour sauver son âme !

Car telle est notre destinée, comme le disait Ignace de Loyola dans ses « Principes et fondements » aux Exercices Spirituels :

L'homme est créé pour louer, honorer et servir Dieu, notre Seigneur, et, par ce moyen, sauver son âme.

Sauver notre âme en louant Dieu (la prière), en l’honorant (le don de notre vie) et en le servant (en nos frères). Et donc, en prenant notre croix (Ph 3, 17-21) :

Frères, ensemble imitez-moi, et regardez bien ceux qui se conduisent selon l’exemple que nous vous donnons. Car je vous l’ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Ils vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne pensent qu’aux choses de la terre. Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux, avec la puissance active qui le rend même capable de tout mettre sous son pouvoir.

Alors, oui, donnons-nous tout entier au Christ. Laissons-le nous transfigurer, nous transformer, demandons à l’Esprit de faire de nous, comme le disait Élisabeth de la Trinité, « une humanité de surcroît pour Jésus ». Remettons notre âme entre ses mains... Et ce, au pied de La Croix.


Prière de Charles de Foucauld

Mon Père, je me remets entre Vos mains ;

mon Père, je me confie à Vous ;

mon Père, je m’abandonne à Vous ;

mon Père, faites de moi ce qu’il Vous plaira ;

quoi que Vous fassiez de moi, je Vous remercie ;

merci de tout ; je suis prêt à tout ; j’accepte tout ;

je Vous remercie de tout ;

pourvu que Votre Volonté se fasse en moi, mon Dieu,

pourvu que Votre Volonté se fasse en toutes Vos créatures,

en tous Vos enfants, en tous ceux que Votre cœur aime,

je ne désire rien d’autre, mon Dieu ;

je remets mon âme entre Vos mains ;

je Vous la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur,

parce que je Vous aime,

et que ce m’est un besoin d’amour de me donner,

de me remettre en Vos mains sans mesure ;

je me remets entre Vos mains avec une infinie confiance,

car Vous êtes mon Père.


Prendre sa croix pour suivre le Christ, Homélie de saint Augustin (+ 430), Sermon 96, 1 3-4, PL 38, 584-586

Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive (Mc 8,34). Quand le Seigneur engage l'homme qui veut le suivre à renoncer à soi-même, nous trouvons son commandement difficile et dur à entendre. Mais si celui qui commande nous aide à l'accomplir, son commandement n'est ni difficile ni pénible. <> Et cette autre parole sortie de la bouche du Seigneur est également vraie: Mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger (Mt 11,30).

L'amour, en effet, adoucit ce que les préceptes peuvent avoir de pénible. Nous connaissons toutes les merveilles que l'amour peut accomplir. Sans doute, cet amour est souvent immoral et malhonnête! Quelles rigueurs les hommes n'ont-ils pas endurées, quelles conditions de vie indignes et intolérables n'ont-ils pas supportées pour arriver à posséder l'objet de leur amour! <> Or, ce qu'ils aiment nous permet, le plus souvent, de savoir ce qu'ils sont eux-mêmes; ils devraient, quand ils s'interrogent sur la direction à donner à leur vie, se soucier uniquement du choix de ce qu'ils aimeront. Pourquoi s'étonner que celui qui aime le Christ et veut le suivre, renonce à soi-même pour l'aimer? Car, si l'homme se perd en s'aimant soi-même, il doit sans aucun doute se trouver en se renonçant. <>

Qui refuserait de suivre le Christ au séjour du bonheur parfait, de la paix suprême et de l'éternelle tranquillité? Il est bon de le suivre jusque là; encore faut-il connaître la voie pour y parvenir. Aussi bien le Seigneur n'a pas fait cette recommandation après sa résurrection, mais avant sa passion. Il devait encore être crucifié, endurer l'ignominie, les outrages, les coups, les épines, les blessures, les insultes, l'opprobre et la mort!

Le chemin te semble couvert d'aspérités, il te rebute, tu ne veux pas suivre le Christ. Marche à sa suite! Le chemin que les hommes se sont tracé est raboteux, mais il a été aplani quand le Christ l'a foulé en retournant au ciel. Qui donc refuserait d'avancer vers la gloire? Tout le monde aime à s'élever en gloire, mais l'humilité est la marche à gravir pour y arriver. Pourquoi lèves-tu le pied plus haut que toi? Tu veux donc tomber au lieu de monter? Commence par cette marche: déjà elle te fait monter.

Les deux disciples qui disaient: Seigneur, accorde-nous de siéger, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume (Mc 10,37), ne prêtaient aucune attention à ce degré d'humilité. Ils visaient le sommet et ne voyaient pas la marche. Mais le Seigneur leur a montré la marche. Eh bien, qu'a-t-il répondu? "Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire (Mc 10,38)? Vous qui désirez parvenir au faîte des honneurs, pouvez-vous boire le calice de l'humilité?" Voilà pourquoi il ne s'est pas borné à dire d'une manière générale: Qu'il renonce à lui-même et qu'il me suive, mais il a ajouté: Qu'il prenne sa croix et qu'il me suive (Mc 8,34).

Que signifie: Qu'il prenne sa croix? Qu'il supporte tout ce qui lui est pénible; c'est ainsi qu'il me suivra. Dès qu'il aura commencé à me suivre en se conformant à ma vie et à mes commandements, il trouvera sur son chemin bien des gens qui le contrediront, qui chercheront à le détourner et à le dissuader, et cela même parmi ceux qui passent pour des compagnons du Christ. <>

Quelles que soient les menaces, les séductions ou les interdictions dont tu seras l'objet, si tu veux le suivre, fais de tout cela ta croix. Accepte-la, porte-la, ne succombe pas sous le poids.

Ces paroles du Christ ont encouragé les martyrs. Ne faut-il pas, à l'heure de la persécution, que tu comptes pour rien toutes choses à cause du Christ?


Prière

Que tes pensées, Seigneur Dieu, deviennent de plus en plus les nôtres. Il nous est pénible de marcher à la suite de ton Fils sur le chemin de la croix. Donne-nous le courage de perdre notre vie pour la sauver en vérité. Par Jésus Christ.