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XXVIe dimanche du temps ordinaire (A)

Enseigne-moi tes voies !




Labyrinthe,

Anonyme,

Nef, Calcaire taillé, et marbre veiné taillé. Dalles de calcaire noir de type pierre de Tournai et de marbre blanc veiné de gris. Dallage composé de 2401 carreaux de section carrée disposés en dessin géométrique., 662 x 667 cm, 1716,

Cathédrale Notre-Dame, Saint-Omer (France)


Lecture du livre du prophète Ézékiel (Ez 18, 25-28)

Ainsi parle le Seigneur : « Vous dites : “La conduite du Seigneur n’est pas la bonne.” Écoutez donc, fils d’Israël : est-ce ma conduite qui n’est pas la bonne ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ? Si le juste se détourne de sa justice, commet le mal, et meurt dans cet état, c’est à cause de son mal qu’il mourra. Si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie. Il a ouvert les yeux et s’est détourné de ses crimes. C’est certain, il vivra, il ne mourra pas. »


Psaume 24

Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve.


Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours. Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ; dans ton amour, ne m’oublie pas.

Il est droit, il est bon, le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin. Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin.


Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens (Ph 2, 1-11)

Frères, s’il est vrai que, dans le Christ, on se réconforte les uns les autres, si l’on s’encourage avec amour, si l’on est en communion dans l’Esprit, si l’on a de la tendresse et de la compassion, alors, pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l’unité. Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ; pensez aussi à ceux des autres. Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : ayant la condition de Dieu, il ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 21, 28-32)

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.” Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »


Le labyrinthe de Saint-Omer

Le labyrinthe est la copie, au quart de sa grandeur, de celui qui se trouvait dans le transept nord de l'abbaye Saint-Bertin. Cette figure donne l'impression d'un long méandre blanc qui permet de gagner un centre lumineux constitué de neuf carreaux blancs placés au pied d'une croix noire. Il se veut symbole des difficultés de la vie sur le chemin qui conduit à Dieu.


C'est également un substitut de pèlerinage dans la mesure où pour un pèlerin qui le parcourt à genou en récitant des prières, le jour de Pâques, cela équivaut à un voyage à Jérusalem. Mais comme il faut à peu près une heure pour l'accomplir, il porte aussi le nom de Lieue. Le labyrinthe, mot qui vient du grec labra qui signifie grotte, est un archétype qui implique l'idée de profondeur, d'entrailles, d'angoisse même et donc d'initiation, de celle qui apprend à dominer la peur. La légende de Thésée, du Minotaure et d'Ariane (l'araignée) est là pour illustrer parfaitement ce mythe.


Le labyrinthe est à l'image de la souffrance première, celle des peurs de l'enfance... L'introduction du labyrinthe dans les églises (Saint-Omer, Arras, Saint-Quentin, Chartres, Amiens,...) date du XIIe siècle. À Saint-Omer, il est dû à un chanoine appelé Lambert.



Dessin du XIIIe siècle conservé à la Bibliothèque Nationale de France


Extrait du site Aleteia


Pour les chrétiens, le labyrinthe symbolise le pèlerinage sur cette terre, où nous avançons vers la sainteté en nous perdant souvent en route. Mais Dieu vient sans cesse nous remettre dans le droit chemin, si nous acceptons de le suivre.


Dans la mythologie grecque, Dédale construit le labyrinthe de Crète pour servir de refuge au Minotaure. Thésée, après avoir tué le monstre, réussit à en sortir, grâce au fil qu’Ariane lui avait conseillé de dérouler depuis l’entrée. Le mot « labyrinthe » désigne des galeries aménagées de telle sorte qu’une fois engagé à l’intérieur, on ne peut pas trouver la sortie. En architecture, il s’agit d’un « dallage en méandres du pavement de certaines églises, dit aussi ‘Chemin de Jérusalem’ » (Larousse).


Les premiers labyrinthes d’églises apparaissent en Europe dès le VIe siècle. Le plus ancien est celui de la basilique San Vitale de Ravenne, où des triangles blancs indiquent d’ailleurs le sens de la marche. Car il n’y a aucun piège, on peut tous arriver à Jésus ! Mais la référence païenne est encore trop vive. Il faut patienter jusqu’au XIIIe siècle pour que les grandes cathédrales (Amiens, Chartres) se dotent de labyrinthes dessinés au sol. Ceux d’Arras, Auxerre, Sens, Reims ont malheureusement disparu.


Pour les chrétiens, le labyrinthe représente la vie humaine, où nous avançons avec confiance vers Dieu, malgré les abandons et les épreuves. Au Moyen Âge, les fidèles qui ne pouvaient pas se rendre en pèlerinage à Compostelle ou en Terre sainte suivaient ces labyrinthes à genoux. Ils étaient aussi utilisés lors des fêtes du temps pascal pour représenter, par une procession, la descente du Christ aux Enfers et sa victoire définitive sur le mal. Ce type de décor symbolique est remplacé à partir du XVIe siècle par les Chemins de croix. Les labyrinthes d’églises servent aujourd’hui de Parcours méditatif, à Chartres ou à Amiens.


Un labyrinthe de vie…

Je voudrais aujourd’hui m’arrêter sur le psaume, et particulièrement sur ces versets : « Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. » Comment trouver le chemin pour ma vie ? N’ai-je pas l’impression d’être dans un labyrinthe, d’avoir une vie labyrinthique ? Et ce labyrinthe en est peut-être le symbole le plus explicite.


Pour rejoindre l’autel, là où le Christ se rend présent et s’offre à moi, il va me falloir parcourir ce chemin ardu. Jean le Baptiste avait déjà annoncé qu’il serait compliqué (Lc 3, 4b-5) : « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis. » Et ici, même s’il n’y a plus de montagnes et de collines à abaisser, les passages tortueux ne manquent pas ! Bien sûr, je pourrais me contenter de rester à l’entrée du chœur, au début du labyrinthe. Cela m’éviterait toute erreur. Mais, en ce cas, comment pourrais-je être sauvé ?


On ne peut recevoir le salut si l’on prend le même chemin que le Christ (Mt 16, 24-25) : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. » Une telle injonction a quelque chose d’effrayant… Je n’ai pas envie de souffrir, de porter un tel fardeau, de me sentir entravé. J’ai déjà suffisamment de croix dans ma vie, de passages tortueux pour ne pas me sentir écrasé par un nouveau défi. Je sais que Jésus veut me rassurer et me convaincre que ce n’est pas si difficile (Mt 11, 29) : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme », ce qui veut dire que le chemin est peut-être moins pénible qu’il n’y paraît… Ou que la Croix n’est pas celle que j’imagine… Peut-être que plutôt que nous donner une nouvelle croix, Jésus veut nous faire prendre conscience que les croix que nous portons déjà sont la sienne… à nous d’ouvrir les yeux, et le coeur…


Car, lorsque je regarde ce labyrinthe, il n’aboutit pas à l’autel, mais à la Croix au centre du parcours. À moins que la Croix ne soit le véritable autel, la table du sacrifice. Le Christ veut-il m’imposer une nouvelle croix ? Je ne crois pas. J’ai plutôt le sentiment qu’il veut que nous comprenions que la croix que nous portons déjà, celle qui nous n’avons pas choisie, mais qui nous est tombée dessus, est la bonne. Et cette croix, il nous faut l’offrir à Dieu pour qu’il nous en soulage, comme saint Paul le rappelle aux Romains (Rom 12, 1) : « Je vous exhorte donc, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte ».


Alors, si je reprends le verset du psaume : « Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. », je comprends que la route, si labyrinthique soit-elle, mène à la Croix de salut. Peut-être même à une Croix en forme d’échelle, comme celle qu’a vu Jacob dans un songe (Gn 28, 12-13) : « Jacob eut un songe : voici qu’une échelle était dressée sur la terre, son sommet touchait le ciel, et des anges de Dieu montaient et descendaient. Le Seigneur se tenait près de lui. Il dit : Je suis le Seigneur, le Dieu d’Abraham ton père, le Dieu d’Isaac. » Le voilà le « Dieu qui nous sauve ».


De quoi me sauve-t-il ? Peut-être d’une vie trop tortueuse, une vie où j’ai l’impression d’être empêtré dans mes difficultés, de ne pas trouver la sortie du labyrinthe. Alors, oui, j’ai besoin qu’il me montre le bon chemin, le parcours, la route à suivre ! Et pour cela, il me faut d’abord faire la vérité : « Dirige-moi par ta vérité ». La vérité sur moi-même, la vérité sur ma vie, la vérité sur mon attente de salut, la vérité sur ma relation à Dieu ; bref, la vérité sur ma foi, mon espérance et ma charité…


En conséquence, je pourrai prendre le chemin, si compliqué soit-il. À la condition que ma foi ne vacille pas, que je sois sûr que la route qui est devant moi, « celle qu’il m’a fait connaître », est bien le chemin de ma joie, même si il sera entaché de quelques malheurs. Cela demande de ma part une autre vertu que la suite du psaume enseigne : « Il est droit, il est bon, le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin. Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin. » Pas de chemin possible sans humilité… L’humilité de reconnaître mon péché, « les révoltes, les péchés de ma jeunesse ». Une humiliation que me fait courber la tête, mais une vertu d’humilité qui me remet debout, « lui qui montre aux pécheurs le chemin ».


Combien de fois ne nous appelle-t-il pas à nous mettre debout, à le suivre, à nous mettre en chemin, à prendre résolument avec lui la route de Jérusalem (Luc 9, 51) ? Et lui-même qui n’avait pas d’endroit où reposer la tête (Matthieu 8, 20), a pris le chemin de l’humanité, puis des Enfers (Philippiens 2), avant de rejoindre son Père. Toute notre vie est un parcours, depuis le premier passage que nous avons fait dans les eaux du baptême. Symboliquement, en entrant dans une église, nous vivons cet exode, ce chemin, passant du baptistère vers le chœur, déambulant dans la nef et les allées obscures, comme sur le chemin de notre vie, une vie où Dieu se fait lumière et parfois ténèbres. Mais une vie où il marche à nos côtés, car, comme le dit le psaume, « il ne nous oublie pas ». Une vie de pèlerin, avec Jésus, même s’il se fait discret, comme pour les disciples d’Emmaüs qui ne le reconnaissent qu’à l’autel (et l’hôtel !) quand il rompt le pain… Et là, parce qu’arrivé au terme du parcours labyrinthique de la vie — qu’ils lui ont raconté (Lc 24, 19-21) : « Jésus leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé » — donc, là, il disparaît à leurs yeux. J’aime bien cette enluminure qui le montre rejoindre le ciel, comme si arrivé au terme du chemin, arrivé au bout du labyrinthe, nous étions appelés à monter avec lui dans les cieux.



Les pèlerins d’Emmaüs

Anonyme

Graduel à l’usage de Notre-Dame de Fontevraud, dit d’Aliénor de Bretagne

Ms 002, f°117v), ca. 1250-1260.

Bibliothèque municipale, Limoges (France)


Au Moyen-âge, beaucoup n’avaient ni les moyens matériels, ni le temps pour partir sur les pas de Jésus vers la Terre Sainte. mais l’Église avait compris que ce voyage physique pouvait aussi être celui de l’Esprit. En son sein, en son cœur (et devant son chœur), on pouvait pérégriner vers Jésus. Ce labyrinthe nous l’indique discrètement, nous montrant que tout pèlerinage est un passage, un baptême. Prends ton bâton et viens avec moi (Mc 6, 7-13). Comme avec les disciples au jardin des Oliviers, levez-vous et allons ! (Mc 14, 42). Comme les disciples d’Emmaüs, cheminons ensemble pour que tu me découvres (Lc 24, 13). Et un baptême qui n’est pas ici celui de l’eau, mais celui de la Croix salvatrice, celle d’où coulera l’eau et le sang (Jn 19, 34), un baptême de résurrection.


Le chemin est long et tortueux, c’est vrai. C’est un vrai labyrinthe… comme l’est souvent notre vie, comme le sont particulièrement nos pensées, comme l’est parfois notre cœur. Le tout est de ne pas s’arrêter, de ne pas s’asseoir, mais de se mettre en route, de cheminer. Tu apprendras plus à me connaître dans le temps du chemin qu’à vouloir rejoindre trop vite le but.


Et si l’on est attentif, on découvre que ce chemin nous mène à un nouveau baptême, orienté vers la Croix, la pierre fondamentale, le Golgotha, la grotte de la naissance, la pierre roulée devant la tombe de la mort et déplacée lors de la résurrection du Christ. Appelés à faire le même chemin. Un chemin pour renaître à nous-même, comme Jésus l’a dit à Nicodème (Jn 3, 3). Ou le laisser naître véritablement en nous… En effet, il y a une première chose curieuse. En suivant la ligne noire, on parvient au centre du labyrinthe, au cœur, à la pierre fondamentale (Is 28, 16 – Za 4, 7 – Mt 21, 42 – Ep 2, 20), à la Croix salvatrice, à l’échelle de Jacob.


En fait, nous sommes invités à faire un double parcours avec Jésus, une double naissance. De l’extérieur vers le chœur, vers l’autel, en passant par l’intérieur de nous-même pour y trouver le Christ au tréfonds, la pierre fondement de notre foi. Et de l’autel, par lui, avec lui et en lui, jusqu’à nos frères. Un parcours compliqué, semé d’embûches, mais où Jésus marche avec nous, il s’est même fait pour nous « chemin, vérité et vie » (Jn 14, 6). Un parcours où on le découvre, où il vient naître en nous. Et ce labyrinthe, même s’il est long, a l’avantage de ne dresser aucun piège. Tous les chemins mènent à Jésus ! Un parcours labyrinthique fait par tant et tant de nos frères qui voulaient, comme nous, rejoindre la vraie Jérusalem, la cité du ciel. Tout pèlerinage est un baptême où l’on est appelé à renaître.


Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve.

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours. Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ; dans ton amour, ne m’oublie pas.


Il est droit, il est bon, le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin. Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin.



Homélie de saint Césaire d’Arles (+ 543)

Quand le Seigneur nous dit dans l’évangile : Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même (Mc 8,34), nous trouvons qu’il nous commande une chose difficile et nous considérons qu’il nous impose un lourd fardeau. Mais si celui qui commande nous aide à accomplir ce qu’il commande, cela n’est pas difficile.


Où devons-nous suivre le Christ, sinon là où il est allé ? Or, nous savons qu’il est ressuscité et monté aux cieux : c’est là que nous avons à le suivre. Il ne faut certainement pas nous laisser envahir par le désespoir, car, si nous ne pouvons rien par nous-mêmes, nous avons la promesse du Christ. Le ciel était loin de nous avant que notre Tête y soit montée. Désormais, si nous sommes les membres de cette Tête, pourquoi désespérer de parvenir au ciel ? Pour quel motif ? S’il est vrai que sur cette terre tant d’inquiétudes et de souffrances nous accablent, suivons le Christ en qui se trouvent le bonheur parfait, la paix suprême et l’éternelle tranquillité.


Mais l’homme désireux de suivre le Christ écoutera cette parole de l’Apôtre : Celui qui déclare demeurer dans le Christ doit marcher lui-même dans la voie où lui, Jésus, a marché (1 Jn 2,6). Tu veux suivre le Christ ? Sois humble, comme il l’a été. Tu veux le rejoindre dans les hauteurs ? Ne méprise pas son abaissement.


En péchant, l’homme avait couvert sa route d’obstacles, mais celle-ci fut aplanie lorsque le Christ l’eut foulée à sa résurrection et qu’il eut fait d’un étroit sentier, une avenue digne d’un roi. L’humilité et la charité sont les deux pieds qui permettent de la parcourir rapidement. Tous sont attirés par les hauteurs de la charité, mais l’humilité est le premier degré qu’il faut monter. Pourquoi lèves-tu le pied plus haut que toi ? Tu veux donc tomber et non monter ? Commence par la première marche, c’est-à-dire l’humilité, et déjà elle te fait monter.


Voilà pourquoi notre Seigneur et Sauveur ne s’est pas borné à dire : Qu’il renonce à lui-même, mais il a ajouté : Qu’il prenne sa croix et qu’il me suive (Mc 8,34). Que signifie : Qu’il prenne sa croix ? Qu’il supporte tout ce qui lui est pénible, c’est ainsi qu’il marchera à ma suite. Dès qu’il aura commencé à me suivre, en se conformant à ma vie et à mes commandements, il trouvera sur son chemin bien des gens qui le contrediront, qui chercheront à le détourner, qui non seulement se moqueront de lui, mais le persécuteront. Ces gens-là ne se trouvent pas uniquement parmi les païens qui sont hors de l’Église ; il s’en trouve même parmi ceux qui semblent être dans l’Église, si on les juge de l’extérieur. Mais ils lui sont bel et bien étrangers, en raison de leurs actions mauvaises.


Tout en se glorifiant du seul nom de chrétien, ils persécutent sans cesse les bons chrétiens. Dès lors, si tu désires suivre le Christ, porte sa croix sans plus attendre et supporte les méchants sans te laisser abattre.


Le Seigneur a dit : Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Si donc nous voulons mettre ceci en pratique, efforçons-nous, avec l’aide de Dieu, de faire nôtre cette parole de l’Apôtre : Lors donc que nous avons nourriture et vêtement, sachons être satisfaits. Il est à craindre que si nous recherchons plus de biens terrestres qu’il ne nous en faut, dans l’intention de nous enrichir, nous ne tombions dans la tentation, dans le piège du démon, dans une foule de convoitises insensées et funestes, qui plongent l’homme dans la ruine et la perdition (1 Tm 6,8-9).


Daigne le Seigneur nous prendre sous sa protection et nous délivrer de cette tentation, lui qui vit et règne avec le Père et l’Esprit Saint dans tous les siècles des siècles. Amen.


Prière du labyrinthe

Dans une attitude de prière avec nos têtes inclinés, souvenez que le premier pas dans le chemin de pèlerinage soit l'humilité.

Le deuxième pas est de lâcher prise de tout qui est possible. Vous pouvez prier en formant des poings serrés et de les ouvrir.

Le troisième pas c'est l'acte de recevoir. Nous tournons nos mains avec les paumes qui s'ouvrent et nous restons prêt à accueillir ce qui nous arrivera.

Le quatrième pas est de placer nos deux mains, près de nos cœurs et de prier ensemble, "Que le chemin nous amène à Dieu."


Prière devant les hésitations (Pasteur Daniel Lestringant, Parole pour tous, 2005)

Je me place devant toi, Seigneur. J’entre en prière comme j’entre dans un espace clos, mystérieux et secret, Où tout se tamise. Moment de silence dans le cours de mes pensées. Temps d’arrêt dans le mouvement de mes sentiments, Où se mêlent l’amour, l’indifférence, le découragement, la solitude. Je ferme les yeux pour mieux les ouvrir sur les autres et sur moi-même. Je cherche un peu de lumière sur ce qui m’inquiète et me fait de l’ombre. Au détour de ce cheminement intérieur, Qui ressemble parfois à un labyrinthe, De façon imprévue, tu es devant moi. Avec patience et sagesse, tu me montres l’issue possible, Un autrement de la pensée, un ailleurs insoupçonné. Tu tiens compte de ma faiblesse, de mes petits pas, De mon indécision et de mes erreurs. Dans mes hésitations, tu vas jusqu’à approuver mes choix. Comme tu es bon d’avoir pris l’initiative d’être venu à ce rendez-vous, Alors que je n’osais croire que tu viendrais ! Ma prière devient délivrance et moment de paix ! Loué sois-tu Seigneur ! Amen.

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