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Sainte Famille (A)

Les songes de Joseph



Le repos pendant la fuite en Égypte

Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit Le Caravage (Caravaggio 1571 - Port’Ercole, 1610)

Huile sur toile, 135,5 x 166,5 cm, 1596-1597

Galerie Doria-Pamphili, Rome (Italie)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2, 13-15.19-23

Après le départ des mages, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils. Après la mort d’Hérode, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et pars pour le pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. » Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël. Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth, pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.


L’auteur

Peintre italien né à Milan en 1571, Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit le Caravage, est resté célèbre pour l'évolution qu'il a insufflée à la peinture de la Renaissance, en s'affranchissant du maniérisme et en se constituant un style personnel : le caravagisme, mêlant le goût pour le naturalisme et une utilisation sans compromis du clair-obscur.


Né dans la région milanaise en 1571, le Caravage entre en apprentissage dans l'atelier de peinture de Simone Peterzano en 1584. Il quitte Milan pour Rome en 1592 et entre dans un autre atelier de peintre dans lequel il est chargé de la réalisation de fruits et de natures mortes. Il quitte cet atelier peu après et commence à travailler pour de riches citoyens romains. Plaisant autant qu'il dérange, son style novateur lui attire rapidement une notoriété importante. C'est ainsi qu'il lui est demandé, en 1599, de réaliser des toiles sur la vie de Saint Mathieu, destinées à décorer la chapelle Contarelli de l'église Saint-Louis-des-Français.


D'un tempérament vif et impulsif, le Caravage s'attire des ennuis en se mêlant à des rixes, qui le conduisent régulièrement en prison. Si son talent et ses protecteurs lui évitent un temps les ennuis, la mort d'un adversaire lors d'un duel avec l'artiste le force à l'exil en 1606. Recherché pour meurtre, le peintre mène alors une vie d'errance, qui le conduit de Naples à Malte en passant par la Sicile d'où il regagne Naples en 1609. C'est dans cette ville qu'il peint ses derniers tableaux avant de trouver la mort, sur le chemin de son retour à Rome, à l'hôpital de Porto Ercole, le 18 juillet 1610.


L’œuvre

L’histoire de La fuite en Égypte de la Sainte-Famille est l’une des légendes apocryphes les plus populaires, légende qui a survécu aux décrets prohibitifs du Concile de Trente et qui est souvent apparue dans la peinture à partir de la fin du XVIème siècle. La peinture idyllique du Caravage en est une représentation exceptionnelle.


L'artiste utilise ingénieusement la figure d'un ange jouant du violon, dos au spectateur, pour diviser la composition en deux parties. Sur la droite, devant une scène automnale au bord d'une rivière, nous pouvons voir Marie endormie avec un bébé somnolant dans les bras ; à gauche, Joseph est assis, tenant la partition pour l'ange. La nature environnante rappelle les paysages giorgionesques (Giorgio Barbarelli ou Zorzi da Vedelago ou da Castelfranco, dit Giorgione, né à Vedelago ou Castelfranco Veneto en 1477 - mort à Venise en 1510) des maîtres de la peinture du nord de l’Italie du Cinquecento et est empreinte de nostalgie. L'effet réaliste de la représentation, l'exactitude des détails, les arbres, les feuilles et les pierres, contrastent avec le caractère invraisemblable de l'événement. L'impression totale devient alors incroyablement authentique. La figure de l'ange, en forme de statue, avec une robe blanche drapée autour de lui, est comme un motif musical d'une jolie forme et donne le ton de base pour la composition. Il est intéressant de noter - et en même temps, un bon exemple pour l’adaptabilité des formes - que cette figure de pure beauté classique est un descendant direct de Luxure d’Annibale Carracci du tableau Le choix d’Hercule.



Le choix d’Hercule

Annibale Carraci (Bologne, 1560 - Rome, 1609)

Huile sur toile, 165 x 239 cm, 1596

Museo di Capodimonte, Naples (Italie)


L'Ange joue un motet en l'honneur de la Madone, Quam pulchra es..., composé par Noël Bauldeweyn sur les paroles du Cantique des Cantiques (7,7) avec le dialogue entre Groom et Bride.


Ce que je vois

Ce tableau, exposé à Rome, est pour moi une des plus belles œuvres du Caravage, et celle qui crée en moi une émotion indicible. Le cadre dans lequel il est exposé, le Palais des Doria-Pamphili, demeure conservée comme à l’époque, accentue l’impression de confrontation personnelle et intime avec l’œuvre, de dialogue avec la Sainte Famille.


Notons d’abord que ce tableau fait partie des deux seules œuvres du Caravage montrant un paysage (La fuite en Égypte et le Sacrifice d’Isaac). Paysage de marais, avec au fond une montagne qui se découpe sur le ciel chargé. Quelques bouleaux, quelques plantes (ce sont souvent les mêmes que représentent notre artiste), des roseaux et un arbre à l’ombre duquel se repose la sainte Famille.


Un sol de terre avec quelques cailloux sur lequel Joseph a déposé le baluchon noué par une cordée et une Dame-Jeanne, protégée d’osier et bouchée par un tissu. Et cet âne, qu’on ne voit pas de suite, mais qui nous regarde, derrière Joseph. On distingue à peine son licou, mais comment rater cet oeil noir, avec un léger reflet. C’est nous qu’il observe. Il nous interpelle...


À droite, Marie. Elle a du s’endormir en berçant son enfant. Sa tête repose sur celle de Jésus. Comme un préfiguration de la déposition de Croix lorsqu’elle recevra son Fils mort dans ses bras. Sa main droite, nonchalante, retombe sur son manteau sombre. L’enfant est emmailloté, comme il le sera avant de rejoindre le tombeau. Ce qui est surprenant est ce comparer cette Vierge au tableau de Marie-Madeleine peint par Caravage quelques années auparavant, et exposé à côté :



Madeleine repentante

Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit Le Caravage (Caravaggio 1571 - Port’Ercole, 1610)

Huile sur toile, 122,5 x 98,5 cm, 1593-1594

Galerie Doria-Pamphili, Rome (Italie)


C’est la même attitude, comme si Madeleine attendait dans ses bras croisés, tête inclinée, son Sauveur. Comme si elle attendait qu’il vienne naître en elle...


Et puis Joseph. Ah, le brave homme. Il ne dort pas, pourtant il doit être fatigué du chemin, de guider son âne, de veiller sur la mère et l’enfant. Il ne se repose pas, il aide à endormir sa famille par cette musique : « Voici l’enfant... » Il faut dire qu’un ange est venu jouer du violon pour eux. Joseph, le regard contigu à celui de l’âne, regarde l’ange. Il lui tient la partition. Il n’a pas l’air effrayé. Pourquoi le serait-il, lui qui a déjà eu plusieurs songes divins ? Il est pieds nus. Il protège ses genoux de son grand manteau couleur de terre. Le front dégarni, la barbe en broussaille, il regarde, il ne fait aucun bruit, il s’attache à sa mission : veiller sur sa famille, à tout prix. Quel dévouement. Il est l’homme du silence, il est l’abnégation incarnée...


Enfin, cet ange. Bel adolescent gracile à la peu clair, aux cheveux blonds bouclés, au déhanchement presque féminin. Mais il est vrai que les anges n’ont pas de sexe ! De son dos sortent deux ailes aux tons mauves et noirs. Il tient son violon et joue avec brio de l’archer. Il n’est couvert que par un voile vaporeux qui cache ses formes. Peut-être est-ce déplacé, mais je le rapproche souvent de cet autre tableau :



Le charmeur de serpents

Jean-Léon Gérôme (Vesoul, 1824 - Paris, 1904)

Huile sur toile, 83,8 x 122, 1 cm, vers 1879

Thé Clark Art Institute, Williamstown (U.S.A.)


Je me suis toujours demandé si Gérôme avait converti le drap blanc en serpent ! Je ne sais pourquoi, mais je ne trouve pas tant de dissemblances entre ces deux toiles. À creuser...


Revenons à ce regard, celui de l’âne. Qu’essaie-t-il de me dire ? Peut-être m’invite-t-il à entrer dans la toile, à participer à ce concert champêtre, à soulager Joseph, à bercer l’enfant ? Il m’a toujours semblé que dans les œuvres du Caravage, il y avait une ouverture, une faille dans le rocher pour pénétrer dans l’œuvre et participer à la scène, que ce soit une épée qui déchire la toile, un rai de lumière qui ouvre une porte, ou cet oeil qui m’attire... M’appelle-t-il à entrer, moi aussi, dans le songe de Joseph ? À partir en Égypte, là où Dieu m’appelle ?


L’Égypte

La grande question des exégètes, historiens et théologiens : Ont-ils vraiment fui en Égypte ? On peut gloser tout ce qu’on veut sur la question, mais je ne vois pas pourquoi Matthieu nous raconterait ça sans une idée derrière la tête. Que ce soit passé ou non, telle n’est pas la question. Après tout, comme le disait Maurice Clavel (1920-1979) : « Dieu est Dieu, nom de Dieu ! » (Paris, 1976). Qui suis-je, du haut de ma superbe, bardé de mon savoir, pour empêcher le Christ d’aller en Égypte ?!


Ce Jésus, n’est-il pas le nouveau Moïse qui part combattre Hérode, le nouveau Pharaon (Mt 2, 15) ? N’est-il pas le nouveau Joseph (Gn 30 et suivants) qui va distribuer les grâces au peuple affamé ? Ne doit-il pas retourner dans le pays de l’esclavage pour vivre une nouvelle Pâque, un nouveau passage, pour aider le peuple à passer de la mort à la vie ? Ne vient-il pas renouveler toute l’histoire du salut, préparant même le baptême dans l’Esprit, ce baptême qui viendra noyer les égyptiens qui nous poursuivent et nous harcèlent, qui nous maintiennent en esclavage (on les appelle « péchés »). N’est-il pas cet Agneau dont le sang délivre de l’ange exterminateur ? N’est-il pas l’Israël nouveau, l’Église, qui en Lui, affronte le désert et ses tentations, pour nous montrer le chemin jusqu’à la Terre Promise ? Oui, tout devait le mener à cet exil en Égypte, à ce retour aux sources pour renouveler toute l’histoire du salut.


Un brave homme

Et pour mener cette équipée, Dieu choisit un brave homme, un homme simple, docile, silencieux, Joseph. Un homme sûrement timide, que Dieu respecte en évitant de l’effrayer. Il vaut mieux lui envoyer des messagers en songe qu’en apparition ! C’est son deuxième songe, après celui qui lui demandait de ne pas répudier Marie. Cette fois-ci, il faut fuir en Égypte. Et c’est tellement urgent qu’ils partent de nuit, à l’anglaise ! Et quand il y sera, après quelques années sûrement où ils ont dû trouver à s’installer en cette terre païenne, il aura un troisième songe lui demandant de retourner en Israël. Et même un quatrième lui indiquant d’éviter Bethléem et d’aller plutôt à Nazareth.


Que d’exils !

Que d’exils, et portant, ils ne font que le même parcours que celui de Jacob (Gn 46). Il dut, lui aussi, quitter son pays pour fuit la colère de son frère Ésaü à qui il vient de dérober le droit d’aînesse. Puis il retournera en exil pour retrouver son fils, Joseph, intendant de Pharaon. À lui aussi, Dieu est apparu en songe et lui a dit (Gn 28, 12-15) :

Il eut un songe : voici qu’une échelle était dressée sur la terre, son sommet touchait le ciel, et des anges de Dieu montaient et descendaient. Le Seigneur se tenait près de lui. Il dit : « Je suis le Seigneur, le Dieu d’Abraham ton père, le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je te la donne, à toi et à tes descendants. Tes descendants seront nombreux comme la poussière du sol, vous vous répandrez à l’orient et à l’occident, au nord et au midi ; en toi et en ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre. Voici que je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai sur cette terre ; car je ne t’abandonnerai pas avant d’avoir accompli ce que je t’ai dit. »

Et (Gn 46, 2-4) :

Dieu parla à Israël dans une vision nocturne. Il dit : « Jacob ! Jacob ! » Il répondit : « Me voici. » Dieu reprit : « Je suis Dieu, le Dieu de ton père. Ne crains pas de descendre en Égypte, car là-bas je ferai de toi une grande nation. Moi, je descendrai avec toi en Égypte. Moi-même, je t’en ferai aussi remonter, et Joseph te fermera les yeux de sa propre main. »

Je serai avec toi, je te garderai et je te ramènerai... C’était annoncé ! Il ne fait qu’accomplir la parole d’Osée (Os 11, 1) :

Oui, j’ai aimé Israël dès son enfance, et, pour le faire sortir d’Égypte, j’ai appelé mon fils.

Une visite qui sauve

Car la visite de Jésus en Égypte sauvera le pays. Il vient sanctifier, par sa présence, cette terre d’esclavage, pour en faire une terre de salut. Denys d’Alexandrie expliquait à Paul de Samosate (Contre Paul de Samosate, Pitra, 4) :

Prenant dans ses bras l’Enfant Jésus, Sainte Marie gagna l’Égypte. Elle portait Celui qui tient en ses mains tout l’univers. Cela aussi fut prophétisé, car Isaïe avait dit : « Voici, le Seigneur, porté sur une nuée légère, entre en Égypte » (Is 19, 1). Par la nuée, le prophète désignait la Vierge Sainte... Elle porta et enfanta la rosée du ciel, comblant de joie le monde entier qui se mourait de soif.

C’est bien lui, le Fils appelé par le Père à visiter l’Égypte. Il en sortira les morts, comme il sortira Adam et Ève des enfers. Tout s’accomplit, tout sera accompli définitivement sur la Croix ! N’est-ce pas ce que vient montrer ce chapiteau ?

Le sculpteur a juxtaposé le rappel de l’Apocalypse (Ap 12, 1-8)...

Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle est enceinte, elle crie, dans les douleurs et la torture d’un enfantement. Un autre signe apparut dans le ciel : un grand dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, et, sur chacune des sept têtes, un diadème. Sa queue, entraînant le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. Le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance. Or, elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer. L’enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son Trône, et la Femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé une place, pour qu’elle y soit nourrie pendant mille deux cent soixante jours. Il y eut alors un combat dans le ciel : Michel, avec ses anges, dut combattre le Dragon. Le Dragon, lui aussi, combattait avec ses anges, mais il ne fut pas le plus fort ; pour eux désormais, nulle place dans le ciel.

... avec le dragon aux aguets pour dévorer l’Enfant, mais vaincu par l’archange Michel, comme l’avait déjà prophétisé Syméon (Lc 2, 34-35)...

Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

Cette Femme qui doit s’enfuir au désert 1260 jours (Ap 12, 6) n’est-elle pas une autre image de ce qui s’accomplit lors de la fuite en Égypte ? Toutes les prophéties s’accomplissent alors, surtout celle des origines (Gn 3, 15) :

Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon.


Fuite en Égypte

Anonyme

Vers 1180

Chapiteau de la tour Gauzlin

Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire (France)


Et nous ?

Nous aussi, fuyons avec le Christ dans le désert de la prière. C’est là qu’il nous parle, c’est qu’il se révèle à nous, tel qu’il est. C’est là qu’il vient, comme pour le buisson ardent (Ex 3) nous brûler le coeur sans consumer notre chair. C’est là que l’ange vient nous bercer de sa musique, nous endormir dans les bras de notre Mère céleste. C’est là que l’ange, de son oeil, nous appelle... D’Égypte... je lui ai fait un clin d’œil !


Homélie de saint Jean Chrysostome (+ 407), Homélie pour Noël, PG 56, 392

Le Sauveur est entré en Egypte pour supprimer le deuil de l'antique tristesse. Au lieu des plaies il apporta la joie; au lieu des ténèbres et de la nuit, il donna la lumière du salut. Autrefois l'eau du fleuve avait été polluée par le massacre prématuré des petits enfants. Il entra donc en Egypte, celui qui jadis avait rougi cette eau, et il rendit les eaux des fleuves capables d'engendrer le salut, en purifiant par la puissance de l'Esprit ce qui était maudit et souillé en elles. Les Égyptiens avaient été châtiés et, dans leur folie, ils avaient renié le Seigneur. Le Seigneur entra en Egypte, il remplit les âmes religieuses de la connaissance de Dieu, et il donna au fleuve de produire encore plus de martyrs que d'épis de blé. <>

Que puis-je dire de ce mystère? Je vois un ouvrier, une mangeoire, un enfant, des langes, l'enfantement d'une vierge privée de tout le nécessaire, toutes les marques de l'indigence, tout le fardeau de la pauvreté. Avez-vous jamais vu la richesse dans une telle pénurie? Comment celui qui était riche s'est-il fait pauvre pour nous au point que, privé de berceau et de couvertures, il est étendu dans une dure mangeoire? <>

O richesse immense, sous les apparences de la pauvreté! Il gît dans une mangeoire et il ébranle l'univers! Serré dans ses langes, il brise les chaînes du péché. Alors qu'il ne peut pas prononcer un mot, il a instruit les mages et les a fait changer d'itinéraire! Encore une fois, le mystère décourage la parole! Voici le bébé enveloppé de langes, couché dans une mangeoire; il y a là aussi Marie, à la fois vierge et mère, il y a encore Joseph qu'on appelle son père. Celui-ci a épousé Marie, mais le Saint-Esprit a couvert Marie de son ombre. C'est pourquoi Joseph était angoissé, ne sachant comment appeler l'enfant. <>

Dans cette anxiété, un oracle lui fut apporté par un ange: Ne crains pas, Joseph, l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint (Mt 1,20). Car c'est lui qui l'a couverte de son ombre. Pourquoi le Sauveur est-il né d'une vierge et a-t-il sauvegardé sa virginité? Parce que jadis Eve, étant vierge, fut trompée par le démon, Gabriel apporta la bonne nouvelle à Marie qui était vierge. Mais tandis qu'Eve, s'étant laissé séduire, enfanta une cause de mort, Marie ayant reçu la bonne nouvelle, enfanta le Verbe incarné qui nous a apporté la vie éternelle.


Prière

Tu as voulu, Seigneur, que la Sainte Famille nous soit donnée en exemple; accorde-nous la grâce de pratiquer, comme elle, les vertus familiales et d'être unis par les liens de ton amour, avant de nous retrouver pour l'éternité dans la joie de ta maison. Par Jésus Christ.

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