22 décembre

Il demeurera à la disposition du Seigneur -



Anne présente son fils Samuel au prêtre Éli,

Gerbrand van den Eeckhout (Amsterdam, 1621 - Amsterdam, 1674),

Huile sur panneau de bois, 117 x 143 cm, vers 1665,

Musée du Louvre, Paris (France)


Lecture du premier livre de Samuel (1 Sam 1, 24-38)

En ces jours-là, lorsque Samuel fut sevré, Anne, sa mère, le conduisit à la maison du Seigneur, à Silo ; l’enfant était encore tout jeune. Anne avait pris avec elle un taureau de trois ans, un sac de farine et une outre de vin. On offrit le taureau en sacrifice, et on amena l’enfant au prêtre Éli. Anne lui dit alors : « Écoute-moi, mon seigneur, je t’en prie ! Aussi vrai que tu es vivant, je suis cette femme qui se tenait ici près de toi pour prier le Seigneur. C’est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l’a donné en réponse à ma demande. À mon tour je le donne au Seigneur pour qu’il en dispose. Il demeurera à la disposition du Seigneur tous les jours de sa vie. » Alors ils se prosternèrent devant le Seigneur.


Méditation

La pauvre Anne a eut tellement de mal à avoir cet enfant. Combien de fois a-t-elle pleuré aux pieds du Seigneur, dans le Temple, implorant sa miséricorde, emplie d’espérance malgré son désespoir. Et Dieu l’a entendue, il l’a exaucée : elle eut un enfant qui devint le prophète Samuel. Et elle va accomplir le vœu qu’elle avait fait au Seigneur : lui consacrer son fils et l’amène au prêtre Éli (à ne pas confondre avec le prophète) qui n’eut pas toujours une vie exemplaire, mais qui saura reconnaître humblement la mission que Dieu confiera à Samuel, sans en être jaloux.


Éli, revêtu des vêtements sacerdotaux, portant l’éphod sur la poitrine, siégeant majestueusement sur un trône digne d’un empereur, regarde la mère et l’enfant. Voit-il le bœuf qui avance doucement vers son sacrifice derrière ? Signe de destin ? Et le sac de farine avec l’outre de vin? Tout est offert, mais en premier lieu l’enfant.


Anne n’est-elle pas la préfiguration de Marie qui offrira son enfant à Dieu quelques jours après la naissance, apportant deux petites colombes. C’est l’enfant qui sera alors sacrifié quelques années plus tard, sacrifié pour notre salut. Samuel, lui, se tourne vers la farine qui deviendra pain et vers le vin. Préfiguration du sacrifice eucharistique.


Mais rien n’aurait été possible sans l’ouverture du cœur de ces femmes : Anne qui offre son enfant à Dieu après des pleurs de prière. Marie qui offre son enfant à Dieu avant de pleurer sur son sacrifice sur la Croix. Le temps de Noël est aussi l’occasion de rendre grâce à la femme de notre vie : notre mère, celle qui nous a donné la vie. Occasion de rendre grâce pour toutes les femmes qui donnent la vie et font tout pour la préserver. Occasion de prier pour toutes celles qui vivent mal leur grossesse et ont peur de l’avenir. Dieu aurait-il pu venir parmi nous sans elles ? Alors, merci Marie, merci Anne et... merci maman !