Mercredi de la 3e semaine de l’Avent

Es-tu celui qui doit venir ? -



Jean visité en prison,

Mosaïques de Jacopo di Torrito et Gaddo Gaddi au XIIIe siècle, puis achevées par Cimabue et Giotto au XIVe siècle,

Mosaïques,

Plafond du baptistère Saint-Jean, Florence (Italie)


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 7, 18b-23)

En ce temps-là, Jean le Baptiste appela deux de ses disciples et les envoya demander au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Arrivés près de Jésus, ils lui dirent : « Jean le Baptiste nous a envoyés te demander : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » À cette heure-là, Jésus guérit beaucoup de gens de leurs maladies, de leurs infirmités et des esprits mauvais dont ils étaient affligés, et à beaucoup d’aveugles, il accorda de voir. Puis il répondit aux envoyés : « Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! »


Méditation

Cette question de Jean le Baptiste pourrait être la nôtre ! Devons-nous encore attendre ? Attendre le Christ ? Ou attendre un autre prophète qui plus rapidement règlera nos problèmes et nous permettra de vivre en paix… Il est vrai que nous sommes impatients. Impatients de voir la fin de nos soucis, impatients de trouver enfin la paix et le bien-être. Et puis, nous avons besoin d’être rassurés, pour ne pas dire assurés. Il n’est vraiment pas plaisant d’avancer dans le brouillard. On peut comprendre jean le Baptiste. Voilà plusieurs années qu’il s’est séparé de sa famille, qu’il vit comme un ermite dans le désert, qu’il prêche un baptême de conversion. Certes, il y eut quelques succès, et puis cette rencontre surprenante de son cousin Jésus, et un premier dialogue déconcertant entre eux deux. Mais le voici en prison à cause de sa condamnation du mariage d’Hérode. Après les premiers rayons lumineux des conversions, après l’illumination du baptême de Jésus, voici les ténèbres des geôles…


On peut se désespérer à moins. Alors, autant demander ce qu’il en est à Jésus. La réponse ne tarde pas. Elle ne se veut pas rassurante par un beau discours, des paroles réconfortantes et pleines d’espoir. Non. Simplement des faits, des faits visibles sous nos yeux : des guérisons, des conversions, des gens qui se remettent debout et qui ne trébuchent plus…


Au fond de nos coeurs, n’avons-nous pas la même question que Jean ? Ne doutons-nous pas, nous qui depuis tant d’années célébrons sa naissance, qui attendons sa venue glorieuse. Et rien ne vient… Mais Jésus nous répond deux choses. La première est d’ouvrir nos yeux. Regardez autour de vous tous ces miracles, si infimes ou discrets soient-ils. Ne sont-ils pas le signe que je suis celui qui vient ? Et puis, comprenez que je vous offre une grâce, celle du temps, de la patience. Car je suis patient avec vous… Désirez-vous vraiment ma venue glorieuse ? Ou ne faites vous que la proclamer du bout des lèvres sans vraiment y croire ? Mon frère Pierre vous a pourtant expliqué : « Sachez d’abord que, dans les derniers jours, des moqueurs viendront avec leurs moqueries, allant au gré de leurs convoitises, et disant : « Où en est la promesse de son avènement ? En effet, depuis que les pères se sont endormis dans la mort, tout reste pareil depuis le début de la création. » Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard. Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion.» (2 P 3, 3-4.9)